Propos haineux sur les Roms: Jean-Marie Le Pen de nouveau condamné
Il avait qualifié en 2013 la présence à Nice de Roms d'"urticante" et "odorante": le président d'honneur du Front national Jean...

Propos haineux sur les Roms: Jean-Marie Le Pen de nouveau condamné

Il avait qualifié en 2013 la présence à Nice de Roms d'"urticante" et "odorante": le président d'honneur du Front national Jean...
Public Sénat

Par Francois BECKER

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il avait qualifié en 2013 la présence à Nice de Roms d'"urticante" et "odorante": le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen a de nouveau été condamné en appel lundi à 5.000 euros d'amende.

La cour d'appel d'Aix-en-Provence l'a reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour ces propos tenus en public. A 88 ans, il s'agit au moins de la neuvième condamnation de M. Le Pen pour des propos racistes ou négationnistes.

"Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Rom qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n'est que le petit morceau de l'iceberg", avait déclaré Jean-Marie Le Pen qui venait soutenir une candidate, lors d'une conférence de presse à Nice.

"Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés", avait expliqué à la barre le père de Marine Le Pen, qui devra payer 2.000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile. La Ligue des droits de l'Homme, partie civile en première instance, recevra 1.000 euros.

"Les propos de Jean-Marie Le Pen étaient extrêmement graves, c'est un appel ouvert à la haine et à la discrimination ethnique", a réagi après la décision le président de SOS Racisme Alpes-Maritimes, Sonny Phung, estimant que le leader d'extrême droite avait voulu comparer des "Roms et des punaises".

"La justice semble inébranlable dans son intention continue de persécuter Jean-Marie Le Pen", a au contraire déploré par téléphone Me Frédéric Joachim, l'avocat de celui qui exerce toujours un mandat de député européen.

"C'est une justice politique ! C'est un pur scandale, on est condamnés d'avance", a-t-il poursuivi, affirmant vouloir "former un recours en cassation". Présents devant la cour d'appel lors de l'examen de l'affaire, ni lui ni son client ne se sont déplacés pour le rendu de l'arrêt lundi.

- "Ligne jaune"-

A la barre en janvier, Jean-Marie Le Pen, 88 ans, n'avait pas renié ses propos. "Leur présence est urticante pour la population, oui, les gens se plaignent", avait-il déclaré. "Odorante, il suffit d'avoir visité un camp de Roms pour s'en rendre compte, olfactivement parlant", avait-il poursuivi, assurant être "payé pour dire ce que pensent les électeurs".

"Est-ce qu'il était nécessaire d'utiliser ces termes?" l'avait interrompu le président. "Je suis un homme libre, je ne suis pas tenu par la ligne jaune du prêt-à-penser", avait répondu M. Le Pen. "La haine est un sentiment qui m'est parfaitement étranger", avait-il assuré.

Outre ses condamnations passées, Jean-Marie Le Pen a encore été mis en examen à Paris, le 11 février, pour provocation à la haine, pour s'en être pris à Patrick Bruel. En juin 2014, dans une vidéo sur le site du FN, à l'évocation du nom de l'artiste d'origine juive, il avait déclaré: "Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois!"

Le Front national, présidé depuis 2011 par sa fille Marine, a engagé une stratégie de "dédiabolisation" de son image. Elle a conduit à l'exclusion en 2015 de Jean-Marie Le Pen , pour avoir réitéré ses propos sur les chambres à gaz, qu'il qualifie de "détail" de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

M. le Pen a contesté cette décision devant les tribunaux. Le 17 novembre 2016, le tribunal de grande instance de Nanterre a validé son exclusion mais jugé qu'il restait néanmoins président d'honneur du parti d'extrême droite. Le FN a fait appel.

Partager cet article

Dans la même thématique

Propos haineux sur les Roms: Jean-Marie Le Pen de nouveau condamné
5min

Politique

Cyberattaque contre le ministère de l’Intérieur : Laurent Nunez va généraliser « la double identification » pour l’accès aux applications 

Un mois après le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’intérieur, Laurent Nuñez était auditionné devant la commission des lois du Sénat pour faire le point sur les mesures de sécurité prises depuis. Le ministre a également été interrogé sur l’application de la loi visant à lutter contre le narcotrafic, entrée en vigueur il y a 6 mois. 

Le

6min

Politique

Désinformation en santé : l’exécutif dévoile une stratégie nationale de riposte

Face aux risques pour la santé publique, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a dévoilé lundi les premiers axes d’une stratégie nationale de lutte contre la désinformation médicale. « Priorité stratégique de l’État », cette riposte reposera sur différents outils, dont un Observatoire de la désinformation et un dispositif d’infovigilance réactif. Sans toutefois prévoir de volet sanction.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
4min

Politique

Budget : le gouvernement réévalue le déficit à la hausse, à 5,4 %, suite à la non-adoption du texte à la fin de l’année

En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…

Le