Propos racistes à l’encontre de Bally Bagayoko : « Si une plainte était déposée, le préfet viendra se constituer partie civile »

Depuis son élection au premier tour à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko subit une vague d’attaques racistes de la part de l’extrême droite sur les réseaux sociaux. Une étape supplémentaire a été franchie ce week-end sur la chaîne CNews où des chroniqueurs ont comparé l’édile Insoumis à un singe et à un chef de tribu. le ministre auprès du ministre de l'Intérieur, Jean-Didier Berger a indiqué que si le maire déposait plainte, le préfet viendra se constituer partie civile. Bally Bagayoko a annoncé, depuis, le dépôt d'une plainte.
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Bally Bagayoko élu dès le premier tour des élections municipales à Saint-Denis est, depuis, la cible d’une campagne de haine relayée par l’extrême droite sur les réseaux sociaux.

Une chaîne de la TNT est depuis ce week-end également pointée du doigt. Vendredi, lors d’un débat sur la chaîne CNews, le présentateur s’interroge sur le début de mandat de Bally Bagayoko : « Est-ce que ce maire essaye de pousser les limites ? » « Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant, c’est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus – il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », a répondu le psychologue Jean Doridot en plateau.

Samedi, c’est le philosophe, Michel Onfray qui revenait sur le départ d’agents municipaux de la ville de Saint-Denis en désaccord avec la politique du maire, notamment le désarmement de la police municipale. « On n’est pas dans une tribu primitive comme les décrit Darwin avec le mâle dominant qui décide. Toi, tu auras à manger, toi tu n’auras pas à manger, moi j’aurais les femelles, toi tu n’auras pas les femelles… Ce n’est plus du tout comme ça maintenant », a-t-il commenté.

Dénonçant des propos racistes, plusieurs responsables LFI et de gauche ainsi que des associations antiracistes ont saisi l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel et du numérique, qui a indiqué qu’elle allait « instruire les séquences qui lui ont été signalées ».

Qualifiant de nouveau ces propos d’ « ignobles » et d’« absolument inacceptables », le ministre de l’Intérieur a affirmé, mardi, à l’Assemblée nationale, que le gouvernement les étudiait « pour savoir s’il s’agit d’un appel à la discrimination raciale et d’une injure publique ». « Le racisme, qui n’est pas une opinion, qui est un poison, et c’est bien de cela dont il s’agit, c’est un délit pénal qui est souvent une circonstance aggravante », a insisté Laurent Nuñez. « Ces propos-là, nous allons les expertiser. S’il doit y avoir poursuites pénales, il y aura poursuites pénales », a-t-il promis.

« Le gouvernement condamne toute forme de racisme »

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger a lui aussi rappelé que le gouvernement condamnait « toute forme de racisme ». « Si une plainte était déposée, je crois que c’est désormais le cas, le préfet viendra se constituer partie civile en soutien aux maires mis en cause et que ce soit un maire France Insoumise ou un maire d’une autre tendance politique ». Bally Bagayoko a, en effet, annoncé le dépôt d’une plainte et a appelé à « un grand rassemblement » contre le racisme samedi à 14h devant l’Hôtel de Ville de Saint-Denis.

« Pour nous, ça ne fait pas de différence. Notre soutien va à tous les élus » ; a-t-il assuré en apportant toutefois une distinction : « Encore faut-il que les élus et les partis politiques eux-mêmes ne soient pas dans la provocation, ne soient pas dans une forme d’attitude qui consiste à provoquer, je dirais, la violence politique comme forme de prolongement du combat politique ».

 

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