Protection des données personnelles: le Sénat maintient sa version
Le Sénat a maintenu jeudi sa version sur le projet de loi sur la protection des données personnelles, un texte d'application du...

Protection des données personnelles: le Sénat maintient sa version

Le Sénat a maintenu jeudi sa version sur le projet de loi sur la protection des données personnelles, un texte d'application du...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a maintenu jeudi sa version sur le projet de loi sur la protection des données personnelles, un texte d'application du droit européen, alors qu'une commission mixte paritaire (CMP) avait échoué à trouver un accord avec l'Assemblée.

Les sénateurs ont voté à l'unanimité pour leur texte, les sénateurs LREM et CRCE (à majorité communiste) s'abstenant. Le dernier mot appartiendra le 14 mai aux députés que les sénateurs ont vivement critiqué durant le débat, leur reprochant de ne pas avoir tenu compte de leurs remarques.

"Le gouvernement aurait préféré que les deux assemblées s'accordent", a déclaré la ministre de la Justice Nicole Belloubet. "Cela aurait été un signal positif sur un sujet essentiel à la fois pour les droits fondamentaux des citoyens et l'activité économique", a-t-elle dit avant de rappeler que "le 25 mai, le règlement général sur la protection des données (RGPD)" qu'institue le nouveau cadre juridique européen "entrera directement en vigueur".

Elle a énuméré les sujets de désaccord entre les deux chambres, sur l'action de groupe, la création d'une dotation spécifique et l'exonération de toute sanction pour les collectivités territoriales, le fléchage des amendes et astreintes, l'open data des décisions de justice ou encore l'âge minimal à partir duquel un mineur peut consentir seul au traitement de ses données personnelles.

"Ce projet de loi est plus politique que technique: il porte les valeurs de la France et de l'Union européenne", a-t-elle dit. "Le scandale Cambridge Analytica a fait grand bruit, Facebook est gravement mis en cause et M. Zuckerberg a été auditionné par le Congrès. Les regards se tournent vers l'Union européenne", a-t-elle poursuivi.

"Dans la semaine du 6 avril, pas moins de deux CMP ont échoué", a relevé pour sa part la rapporteure Sophie Joissains (UC). "Le groupe majoritaire de l'Assemblée Nationale aurait-il décidé de saper le fonctionnement bicaméral de notre démocratie?", a-t-elle demandé en interpellant Mme Belloubet sur "cette dangereuse dérive".

"Le gouvernement est totalement respectueux du bicamérisme. Il s'impose à nous tous", lui a répondu Mme Belloubet.

Dans le détail, Mme Joissains a reproché que sur les traitements en matière pénale, "l'Assemblée nationale a acté des reculs inquiétants pour les droits et libertés". Et "aucune des garanties que nous avions introduites n'a survécu à la nouvelle lecture à l'Assemblée", a-t-elle dit.

Même point de vue pour Jérôme Durain (PS) pour qui "ce texte a été raturé, lacéré à l'Assemblée nationale" et la CMP "sabordée".

"La mise au pas institutionnelle semble prendre le dessus sur la recherche de compromis", a-t-il lancé, ajoutant que son groupe approuve le président de la Haute Assemblée Gérard Larcher (LR) "qui défend avec équilibre la contribution du Sénat à la vie démocratique".

"Les députés ont adopté une posture plutôt politicienne en rejetant les apports du Sénat", a jugé l'écologiste Esther Benbassa (CRCE).

Mais pour Arnaud de Belenet (LREM), il faut revenir "à un dialogue plus apaisé entre nos deux assemblées", qui est "le meilleur moyen de démontrer le caractère totalement indispensable et nécessaire du Sénat".

Partager cet article

Dans la même thématique

Protection des données personnelles: le Sénat maintient sa version
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Protection des données personnelles: le Sénat maintient sa version
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le