Protection des lanceurs d’alerte : députés et sénateurs s’accordent sur le texte
Adoptée par les sénateurs en séance le 20 janvier dernier, la proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte a été examinée, ce 1er février en commission mixte paritaire. Sénateurs et députés sont parvenus à un compromis sur une version finale du texte.

Protection des lanceurs d’alerte : députés et sénateurs s’accordent sur le texte

Adoptée par les sénateurs en séance le 20 janvier dernier, la proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte a été examinée, ce 1er février en commission mixte paritaire. Sénateurs et députés sont parvenus à un compromis sur une version finale du texte.
Public Sénat

Par Louis Dubar

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les parlementaires (7 députés, 7 sénateurs) ont examiné ce mardi matin 1er février à l’Assemblée nationale en commission mixte paritaire (CMP) la proposition de loi du député centriste Sylvain Waserman visant à améliorer la protection des lanceurs d’alerte. Après un premier examen à l’Assemblée nationale et au Sénat, des points de désaccord entre les deux chambres subsistaient sur la proposition de loi. Les parlementaires sont cependant parvenus à les surmonter.

Salué par le secteur associatif lors de son adoption par les députés en novembre 2021 pour « ses réelles avancées pour la protection et l’assistance des porteurs d’alerte », le texte prévoyait d’aller au-delà de la directive européenne qu’elle devait transposer en droit français et compléter les dispositifs novateurs mais imparfaits de la loi Sapin II adoptée en 2016 et qui avait jeté les bases d’un système de protection. Nouvelle définition du lanceur d’alerte, fin de la hiérarchisation des canaux de signalement et multiplication des mesures de protection étaient les mesures phares prévues dans le texte présenté au Sénat.

La commission des lois du Sénat en décembre a détricoté une partie de la proposition de loi. Ces amendements ont suscité une inquiétude au sein du milieu associatif sur cette réécriture. Au final, les sénateurs ont fait marche arrière en annulant certaines modifications et en annulant la réécriture de l’article 1er définissant le lanceur d’alerte. La rapporteure au Sénat, Catherine Di Folco (LR) a souhaité revenir vers un texte plus proche de celui adopté à l’Assemblée « dans un souci de compromis. »

Sur le fond, certaines dispositions ajoutées au texte par les sénateurs en commission des lois en décembre ont été supprimées. Les membres de la CMP se sont accordés sur la personnalité juridique des « facilitateurs », ces personnes aidant les lanceurs dans le déclenchement d’une alerte. La proposition de loi adoptée à l’Assemblée prévoyait d’étendre l’application des mesures de protection bénéficiant au lanceur d’alerte, aux personnes physiques et les personnes morales de droit privé à but non lucratif (syndicats et organisations). L’irresponsabilité pénale des lanceurs d’alerte ne s’étendra pas aux infractions pénales commises pour l’obtention illicite des informations.

Le député à l’origine de la proposition de loi s’est félicité de cet accord. « Nous avons la meilleure loi sur la protection des lanceurs d’alerte », s’est félicité sur Twitter l’élu centriste Sylvain Waserman.

Partager cet article

Dans la même thématique

Protection des lanceurs d’alerte : députés et sénateurs s’accordent sur le texte
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Protection des lanceurs d’alerte : députés et sénateurs s’accordent sur le texte
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le