"Je peux poursuivre ou le roquet va continuer longtemps ?" Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, les passes d'armes entre majorité et opposition sont permanentes et tournent bien souvent à l'aigre, voire à l'insulte.
Dans le Salon d’Honneur de la ville gérée depuis 2014 par le Front national et pendant plus de cinq heures, les deux élus d'opposition présents en ce vendredi à la première session de l'année tentent difficilement de faire entendre leur voix dans une salle hostile. En tout, ils ne sont que six, face à 29 frontistes.
Au gré de l'ordre du jour, la tension fluctue d'un extrême à l'autre et l'atmosphère peut à tout moment s'électriser, autour d'un débat de fond comme sur une simple formulation.
"J'aimerais que des excuses soient présentées à mon collègue David Noël qui avait été traité de +petit nazi+ lors du dernier conseil municipal", exige, les hostilités à peine entamées, l'élue d'opposition écologiste Marine Tondelier. M. Noël est communiste.
"Parasite", "raciste", lui répondent des voix qui s'élèvent dans le public au milieu d'un grand brouhaha.
Mais "l'accusé", Bruno Bilde, adjoint aux relations publiques, ne présentera aucune excuse et à l'inverse, assure avoir déposé plainte.
- Soutien biaisé -
Micro régulièrement coupé lors de ses prises de parole et interrompue lors de ses interventions, Mme Tondelier hausse souvent le ton dans cette assemblée largement dominée par les hommes.
Bruno Bilde, adjoint aux relations publiques d'Hénin-Beaumont, le 6 octobre 2011 à Nanterre
AFP/Archives
Un "espèce d'hystérique" fuse depuis les bancs des élus. "Vous avez besoin d'accaparer la lumière pour faire la promotion de votre livre", lui lance, sous les applaudissements, M. Bilde.
"A chaque conseil, j'y ai droit, à votre insulte!", s'insurge, sous les sifflets, l'auteure de "Nouvelles du Front" (éditions Les Liens qui Libèrent), ouvrage qui vient de sortir où elle narre "la chape de plomb" qui se serait installée sur la ville, laboratoire du FN dont la "dédiabolisation ne serait qu'apparente".
Suivront des "vous êtes une menteuse et une manipulatrice", "arrêtez de hurler. Soyez calme, zen, buvez de l'eau, prenez un Lexomil".
Quand M. Noël tente de prendre sa défense, il essuie: "ça y est, le dernier stalinien de France va prendre la parole..."
Certaines délibérations se passent sans anicroche. Sont votés avec les élus d'opposition les tarifs appliqués lors du prochain salon du bien-être qu'organisera la ville en septembre, une campagne de stérilisation des chats errants ou encore la cession de terrains communaux.
Plus étonnant, les discussions budgétaires feront plutôt consensus, le maire faisant montre d'une certaine maîtrise des dossiers. "On se félicite que les finances rétablies permettent d'augmenter les subventions à des associations", déclare même Mme Tondelier.
Cette courte trêve volera en éclats en fin de séance, notamment lorsque l'élue écologiste propose une "déclaration de soutien aux salariés de la Voix du Nord, touchés par un plan social".
A l'évocation du nom du journal, aux rapports conflictuels avec la municipalité d'extrême droite, l'assistance ne se retient plus. Un policier municipal devra même intervenir pour calmer un retraité pestant dans le dos de l'élue d'opposition.
La motion sera bien votée... mais amendée par la majorité d'une diatribe contre le quotidien régional et "sa ligne politisée permanente et militante". Commentaire de M. Bilde: "madame, quand on crache en l'air, il faut s'attendre à recevoir le mollard en pleine face".
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Interrogée sur l’attentat de Trappes, la ministre Aurore Bergé a annoncé lors des questions au gouvernement du Sénat ce 28 octobre que le projet de loi consacré à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme serait examiné au Sénat le 14 décembre.
C’est le « caillou dans la chaussure » de Bruno Retailleau. David Lisnard, candidat très libéral et conservateur, vient bousculer la campagne du président des LR, qui peine à décoller. Grâce à une stratégie savamment orchestrée sur les réseaux sociaux, qui a fait connaître la « marque » Lisnard et lui a ouvert la porte des sondages, le maire de Cannes espère jouer sa carte. Reste à savoir jusqu’où.
En séance, le gouvernement a fait adopter un amendement permettant à l’autorité administrative de bloquer des contenus issus des réseaux sociaux lorsque des appels à la violence et au pillage y sont diffusés. Un amendement qui a provoqué la colère de la gauche sénatoriale dénonçant une dérive autoritaire.