PS: Faure veut tourner la page Hollande, avec l’union de la gauche en tête
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dressé lundi soir un inventaire sans concession du quinquennat de François Hollande,...

PS: Faure veut tourner la page Hollande, avec l’union de la gauche en tête

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dressé lundi soir un inventaire sans concession du quinquennat de François Hollande,...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dressé lundi soir un inventaire sans concession du quinquennat de François Hollande, appelant une nouvelle fois en conclusion de son discours à l'unité de la gauche, à quelques mois des européennes.

Dans ce discours d'environ quarante minutes, prononcé au nouveau siège du PS à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), M. Faure a fustigé l'absence de "vision" initiale de l'ancien président de la République, et la dérive d'un pouvoir qui est sorti de son "socle de valeurs".

S'il a énuméré assez longuement certaines des réussites du quinquennat, M. Faure a déploré le "débat manqué" autour du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), "l'occasion manquée de la remise à plat fiscale" et surtout, la déchéance de nationalité et la loi travail, qui ont donné aux Français le sentiment d'être "trahis".

M. Faure, qui espère nouer une alliance aux européennes avec les autres formations de la gauche pro-européenne et écologiste, a aussi regretté que les socialistes n'aient pas "assez associé l'ensemble de la gauche à (leurs) décision et à (leurs) actions".

"Il n'y a pas de gauches irréconciliables (...) C'est le sens même de notre renaissance que de travailler à celle de la gauche tout entière", a-t-il lancé, en référence à la formule prêtée à l'ex-Premier ministre Manuel Valls.

Ironie de l'histoire, l'ancien député "frondeur" Laurent Baumel a salué auprès de la presse le discours de l'ancien président du groupe PS à l'Assemblée. "La tonalité d'ensemble est à la distanciation et à la rupture. Donc moi ça me va", a commenté le chef de file de l'aile gauche du PS, se félicitant de propos qui "créent les conditions possibles d'un rassemblement de la gauche".

- Faure face à une fronde interne -

Le timing de ce discours, plusieurs fois repoussé, et prononcé plus de deux ans après la décision de M. Hollande de ne pas concourir à la présidentielle de 2017, était loin de faire l'unanimité au sein du parti.

"Le faire aujourd'hui, en plein mouvement des gilets jaunes, c'est une erreur. Dix-huit mois après l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, les Français veulent connaître nos réponses d'aujourd'hui. Pas celles d'hier", a attaqué un des proches de l'ancien président de la République, Stéphane Le Foll, dans le JDD dimanche.

Même son de cloche du côté du député Luc Carvounas, adversaire comme M. Le Foll d'Olivier Faure lors du congrès d'Aubervilliers, pour qui "il fallait le faire avant l'été".

Au-delà du calendrier, c'est toute la "méthode" et la "stratégie" de M. Faure que critiquent MM. Le Foll et Carvounas, tous deux absents lundi soir.

Alors que M. Faure a affirmé lors de ses voeux à la presse que le PS pourrait laisser la première place à une autre formation de gauche dans le cadre d'une liste d'union, M. Le Foll a estimé dimanche que "ne pas avoir la tête de liste serait un problème".

Pourtant partisan de la gauche "arc-en-ciel", M. Carvounas ne se montre pas plus enthousiaste, dans la mesure où EELV, le PCF, Générations ont déjà fermé la porte à l'idée d'une alliance, et que les discussions semblent se résumer aujourd'hui à un tête-à-tête avec Place publique, la toute jeune formation lancée par l'essayiste Raphaël Glucksmann.

Selon lui, "Place publique peut prendre une place" sur la liste, mais en aucun cas la première. M. Carvounas entend demander mardi lors du Bureau national du parti que la stratégie du PS soit soumise à l'approbation d'un Conseil national, le 9 février.

De son côté, Place publique, lancé depuis le mois de novembre dans une bataille pour l'unité de la gauche, a maintenu la pression lundi en appelant les citoyens à une "insurrection" contre les appareils qui les privent d'une "offre politique crédible et puissante". Le mouvement tiendra mardi soir un grand meeting à l'Elysée Montmartre à Paris.

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le