« La gauche était à 43% au premier tour en 2012, elle s’est atrophiée », tacle Stéphane Le Foll

Invité de la matinale de Public Sénat, Stéphane Le Foll est revenu sur le Congrès du PS qui se déroulera en juin prochain. Face à la multiplication des candidatures, l’ancien ministre de François Hollande souhaite un changement de ligne claire, et tacle la nouvelle génération du parti, incapable « d’écrire une nouvelle page » de l’histoire de la famille socialiste.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Olivier Faure, Boris Vallaud, Nicolas Mayer-Rossignol, Philippe Brun, Jérôme Guedj, Hélène Geoffroy… Ce ne sont pas les candidatures à la direction qui vont manquer au Parti socialiste cette année. « Il faut que l’on arrête avec ce jeu idiot qui consiste à aligner des signataires en continuant ces vieux congrès », avertit Stéphane Le Foll, qui poursuit : « Le résultat, c’est que vous avez une multitude de candidatures, d’abord issues de ceux qui ont défendu une autre ligne et maintenant c’est la nouveauté, c’est qu’il y a des candidatures de ceux qui soutenaient Olivier Faure jusqu’à Marseille et qui ont changé d’avis. Boris Vallaud faisait partie des plus fidèles soutiens de la direction jusqu’ici. Il va falloir qu’il explique comment on rassemble en trahissant celui avec qui on était, c’est compliqué quand même. »

« Deux lignes doivent pouvoir être en débat devant les militants »

Le maire du Mans souhaite que cette multitude de candidatures aboutisse à « deux lignes qui puissent être en débat devant les militants » : celle défendue par Olivier Faure « qui est en train d’évoluer », face à un changement de direction et de ligne « clair ». Pour l’instant, Stéphane Le Foll « ne soutient personne » parce que « tout ça n’est pas très clair », mais évoque Nicolas Mayer-Rossignol, Carole Delga ou Hélène Geoffroy.

L’ancien ministre de François Hollande comprend « la volonté de tourner la page du quinquennat Hollande » en raison des « échecs et de l’incapacité de l’ancien Président à se représenter », mais avertit tout de même : « Il faut être en capacité d’en écrire une autre et cette génération qui s’est construite sur la volonté de tourner la page n’en est pas capable. » Il ne s’agit pas de revenir au temps de François Hollande, précise Stéphane Le Foll, dans la mesure où « la situation n’est plus celle de 2012 » mais de déterminer « le projet que l’on peut présenter aux Français. »

« Raphaël Glucksmann est dans une approche très européenne, globalisante »

Se pose aussi la question des alliances, et notamment avec LFI, sujet sur lequel l’édile socialiste ne varie pas : « À deux ans de la présidentielle, il faut se demander si la ligne politique de LFI peut faire gagner la gauche. La réponse est non. La totalité de la gauche rassemblée dans le NFP, c’est 28 % des voix en 2024. En 2012, Hollande fait 28 % à lui tout seul et la gauche fait 43 % au total. Donc la gauche s’est atrophiée, il faut lui redonner un espace. »

Sur l’autre flanc du PS, Raphaël Glucksmann, qui a mené la liste socialiste aux Européennes, a pu apparaître comme un recours à certains opposants à Olivier Faure en interne. « Je pense qu’il faut un candidat issu de la famille socialiste démocratique française, qui a une histoire dans ce pays », répond Stéphane Le Foll, qui reste sceptique : « Raphaël Glucksmann est dans une approche très européenne, globalisante. Il y a aussi à traiter la question de la France et de ses territoires. » Le Congrès socialiste aura lieu du 13 au 15 juin.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« La gauche était à 43% au premier tour en 2012, elle s’est atrophiée », tacle Stéphane Le Foll
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

« La gauche était à 43% au premier tour en 2012, elle s’est atrophiée », tacle Stéphane Le Foll
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le