PS : retrouvailles pour « un pot entre copains » des grandes figures du parti
Lionel Jospin, François Hollande, Martine Aubry, Bernard Cazeneuve… Les grandes figures du PS étaient réunies au pot de fin de session des sénateurs socialistes. Pas « un congrès de refondation » du parti, plutôt une soirée « entre copains », en attendant mieux.

PS : retrouvailles pour « un pot entre copains » des grandes figures du parti

Lionel Jospin, François Hollande, Martine Aubry, Bernard Cazeneuve… Les grandes figures du PS étaient réunies au pot de fin de session des sénateurs socialistes. Pas « un congrès de refondation » du parti, plutôt une soirée « entre copains », en attendant mieux.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« Il n’y avait pas de homards ». C’était le running gag des parlementaires à la sortie du pot de fin d'année des sénateurs socialistes. Mercredi soir, le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner avait décidé de marquer les esprits en conviant dans un salon du Sénat, l’ancien président de la République, François Hollande, trois anciens Premiers ministre : Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve ou encore Lionel Jospin. Parmi les anciens Premiers secrétaire socialiste, Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis étaient également au rendez-vous. Membre du Conseil Constitutionnel et donc tenu à un devoir de réserve, Laurent Fabius n’a pas fait le déplacement, même chose pour Harlem Désir en poste à l’OSCE. Manuel Valls et Édith Cresson n’étaient pas non plus présents.

Entre les petits fours et les verres de coca (dixit Martine Aubry), députés et sénateurs ont pu écouter attentivement les discours successifs de Patrick Kanner, Valérie Rabault la présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale, du Premier secrétaire PS Olivier Faure et de François Hollande.

« Ceux qui pensaient nous avoir enterré avaient peut-être oublié que nous étions des graines »

« Ceux qui pensaient nous avoir enterré avaient peut-être oublié que nous étions des graines »
01:38

Mais au-delà « de ce pot entre copains » (toujours dixit Martine Aubry), quel était le but de ce rassemblement « d’éléphants socialistes » ? « N’attendez pas quand même un congrès de refondation du parti socialiste » prévient Patrick Kanner avant d’ajouter : « Nous sommes là. Et nous serons toujours présents pour présenter une alternative de gauche dans ce pays. « Ceux qui pensaient nous avoir enterré avaient peut-être oublié que nous étions des graines ». Un proverbe mexicain très prisé par Bernard Cazeneuve et que le sénateur socialiste aime reprendre à son compte.

« On ne fait pas de la politique avec des fusées. On fait de la politique avec des idées »

Bernard Cazeneuve: « On ne fait pas de la politique avec des fusées. On fait de la politique avec des idées »
00:27

Après un score décevant aux dernières européennes, (la liste PS-Place publique a obtenu 6,19%) certains, effectivement, voient en Bernard Cazeneuve, l’incarnation de ces « héritiers de l’avenir ». Le titre d’un livre de Pierre Mauroy, que Patrick Kanner aime là encore rappeler. L’ancien ministre de l’Intérieur dément. « Il n’a pas été question de cela ce soir ». Bernard Cazeneuve, premier étage de la fusée pour 2022 ? « On ne fait pas de la politique avec des fusées. On fait de la politique avec des idées » élude-t-il encore.

Pour les idées, Valérie Rabault se charge de rappeler le bilan des parlementaires socialistes, cette année. « Sans nous, il n’y aurait pas eu de référendum sur ADP. Je constate que le gouvernement a repris la quasi-totalité de notre proposition de loi sur la sortie de crise ».

Lionel Jospin était « content d'être là »

Lionel Jospin au pot de fin d'année des sénateurs socialistes
00:33

Si « la gauche gagne toujours sur des idées » comme le souligne la patronne des députés socialistes, serait-ce suffisant pour renouer le lien avec les Français qui l’ont délaissée dans les urnes ? « Vous me posez des questions très difficiles. Il va falloir réfléchir longuement. J’étais content d'être là. Voilà, c’est tout » sourit Lionel Jospin.

« Quand on aura travaillé, on verra la meilleure personne capable d’incarner ces idées »

Martine Aubry: « Quand on aura travaillé, on verra la meilleure personne capable d’incarner ces idées »
00:44

Martine Aubry esquisse une pensée. « Ce qu’attendent les Français, ce sont des réponses aux questions fondamentales qu’ils se posent dans leur vie quotidienne (…) Mais aussi les enjeux climatiques, écologiques, l’enjeu des conditions de vie au travail, le rôle de l’Europe, aux problèmes d’immigration… Tant qu’on n’est pas capable de répondre à tout cela… Il faut d’abord travailler et quand on aura travaillé, on verra la meilleure personne capable d’incarner ces idées ».

François Hollande en convient : « Il est légitime de s’interroger sur la place du parti socialiste aujourd’hui » (...) Les partis politiques anciens et nouveaux sont faibles, incapables de mobiliser l’opinion (…) Nous voyons la multiplication des listes, pas moins de 30 aux dernières Européennes (…) Les enjeux sont éclatés. Nous avons vu la liste animaliste, j’ai grand respect pour cette liste, faire autant que les communistes français à une élection. Nous ne pouvons pas en sourire. Ça en dit long sur l’éclatement des enjeux ».

Pour François Hollande : « Le socialisme est le mouvement qui permettra toujours à la gauche de revenir aux responsabilités »

L’ancien chef d’État n’a pas non plus été tendre avec La France Insoumise. « Le populisme n’est pas de gauche. N’essayez pas de discuter avec lui. Il ne vous apportera aucune réponse. Simplement des attaques et une volonté de vous nuire ». En conclusion de son discours, François Hollande en est certain : « Le socialisme est le mouvement qui permettra toujours à la gauche de revenir aux responsabilités. Si le mouvement social-démocrate redevient la première force au sein de la gauche, alors l’alternative sera possible »

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Gérald Darmanin au Sénat
1min

Politique

[Info Public Sénat] Affaire Lyhanna : le Sénat met en place une commission d’enquête sur le « pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements »

La commission des lois du Sénat va se doter ce mercredi des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna conformément à la proposition de la présidente de la commission, Muriel Jourda. Ses travaux démarreront dans les prochains jours et reprendront après la coupure parlementaire en octobre.

Le

Paris. Nationwide protest following the murder of Lyhanna
4min

Politique

Lutte contre les violences sexuelles : pourquoi l'Espagne est devenue un modèle

Depuis l'affaire Lyhanna, plusieurs propositions sont mises sur la table pour mieux prendre en compte la parole des enfants. Une proposition de loi transpartisane, dite « loi intégrale » ou loi-cadre, est actuellement sur la table du bureau de l’Assemblée nationale, et propose notamment de s’inspirer du modèle espagnol en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Mais que recouvre exactement cette référence ?

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le