Qu’indiquent les sondages sur le choix du vote, l’indécision et l’abstention, à deux jours du premier tour ?
Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu dimanche. Jusqu’à ce soir minuit, les instituts de sondages peuvent encore évaluer selon leurs critères, les intentions de vote, mais aussi le taux d’abstention ou encore d’indécision parmi l’électorat. Voici ce qu’il s’en détache.

Qu’indiquent les sondages sur le choix du vote, l’indécision et l’abstention, à deux jours du premier tour ?

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu dimanche. Jusqu’à ce soir minuit, les instituts de sondages peuvent encore évaluer selon leurs critères, les intentions de vote, mais aussi le taux d’abstention ou encore d’indécision parmi l’électorat. Voici ce qu’il s’en détache.
Public Sénat

Par Klara Durand

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Suivis et largement commentés dans l’espace médiatique, les sondages se multiplient à chaque campagne présidentielle. Lors de l’élection présidentielle de 2017, la Commission des sondages a estimé à 560 les sondages électoraux réalisés au cours de celle-ci. Un record puisque leur nombre s’élevait à 409, 293, 193 et 157 lors des élections de 2012, 2007, 2002 et 1995, indique le site vie publique.fr.

Les instituts de sondages peuvent publier, diffuser ou commenter leur étude jusqu’à la veille du scrutin. En effet, la veille et le jour de chaque tour de scrutin, ces derniers ne peuvent plus fournir d’indicateurs, cette obligation démarre le samedi précédant le scrutin à minuit et prend fin à la fermeture du dernier bureau de vote, à 20 heures le dimanche.

Un trio de tête dans la majorité des sondages : avec Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon

Dans les derniers sondages, un trio de tête émerge largement à deux jours du premier tour : il s’agit du président sortant Emmanuel Macron, suivi de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen et du candidat Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Dans son dernier sondage actualisé ce vendredi 8 avril à 12h pour le journal les Echos, OpinionWay place respectivement ces derniers à 26 %, 22 % et 17 %. Une étude réalisée auprès d’un échantillon de 2041 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un panel de 2142 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par questionnaire en ligne du 5 au 8 avril 2022.

Des chiffres qui se rapprochent de ceux de l’IFOP dont le dernier sondage a été actualisé à 18h jeudi 7 avril. L’institut estime Emmanuel Macron à 26,5 %, Marine Le Pen à 24 % et Jean-Luc Mélenchon à 17,5 %. Un sondage réalisé selon la méthode « rolling », une enquête barométrique en continu réalisée sur le principe d’un cumul de vagues d’enquêtes quotidiennes.

Tout comme le CEVIPOF qui a mené une étude sur 13 269 répondants âgés de 18 ans et plus, inscrits sur les listes électorales et interrogés du 21 au 24 mars 2022 : le résultat de l’étude montre que les intentions de vote de ce panel placent le président sortant à 26,5 %, la candidate du Rassemblement National à 21,5 % et l’Insoumis à 16 % ; tandis qu’Éric Zemmour atteint les 10 %, suivi de la candidate du parti Les Républicains Valérie Pécresse à 8,5 % et l’écologiste Yannick Jadot à 6 %. La candidate socialiste Anne Hidalgo ne décolle pas et stagne à 2 %, derrière le communiste Fabien Roussel et le candidat du mouvement Résistons !, Jean Lassalle.

Une indécision importante à deux jours du scrutin

Ce dernier institut a également travaillé sur l’indécision qui entoure les intentions de vote des sondés. Il démontre que celle-ci reste encore très haute à quelques jours du scrutin, ce qui peut bousculer les études menées : au sein de leur enquête, parmi la base d’inscrits certains d’aller voter, 32 % se déclarent encore indécis sur leur vote définitif et seuls 68 % considèrent que leur vote ne changera pas.

Parmi les électeurs indécis, une majorité de potentiels votants de gauche, dont des électeurs du candidat communiste Fabien Roussel où 50 % déclarent que leur vote peut encore changer, tout comme chez l’écologiste Yannick Jadot, où ce pourcentage atteint les 58 %.

A l’inverse, les électeurs sûrs de leur choix se situent à l’extrême droite, avec un taux de 78 % pour Marine Le Pen et 75 % pour Éric Zemmour et une incertitude en dessous des 30 %.

Une abstention qui pourrait être record

Toutefois, la plupart des sondages mettent aussi en exergue une abstention qui pourrait s’avérer record dès le premier tour de la présidentielle. Dans une étude Ipsos parue à la mi-mars, l’institut montre comment l’abstention pourrait atteindre les 30 % dès le premier tour, dépassant les 28,4 % enregistrés le 21 avril 2002. Pour ce faire, Ipsos a interrogé près de 2000 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Les principales raisons évoquées par les sondés à propos de cette non-participation, étant l’absence de nouveauté et de suspens mais aussi une offre électorale insatisfaisante.

L’institut s’est également projeté dans les seconds tours les plus probables afin d’évaluer quelle serait la part de l’abstention. Parmi les sondés, dans le cas d’un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, 53 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour, 59 % des électeurs de Fabien Roussel, 35 % des électeurs de Yannick Jadot, 29 % des électeurs de Valérie Pécresse et 23 % des électeurs d’Éric Zemmour n’expriment pas d’intentions de vote. Dans l’hypothèse d’une qualification de Jean-Luc Mélenchon, les deux tiers des électeurs d’Éric Zemmour, 56 % de ceux de Marine Le Pen, 40 % de ceux de Valérie Pécresse, 21 % des électeurs de Fabien Roussel et 20 % des électeurs de Yannick Jadot préféreraient pour l’instant s’abstenir ou voter blanc ou nul.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Olivier Faure – Allocution 1er tour des Elections Municipales
8min

Politique

Municipales : face à la percée de LFI, le PS mène la bataille du « récit » face à Mélenchon, tout en assumant les fusions locales

Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».

Le

Qu’indiquent les sondages sur le choix du vote, l’indécision et l’abstention, à deux jours du premier tour ?
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Qu’indiquent les sondages sur le choix du vote, l’indécision et l’abstention, à deux jours du premier tour ?
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le