Quand le retour du septennat fait débat à l’Assemblée nationale
Rétablir le septennat pour le président de la République pour redonner du pouvoir au Parlement? Des groupes de gauche et de...

Quand le retour du septennat fait débat à l’Assemblée nationale

Rétablir le septennat pour le président de la République pour redonner du pouvoir au Parlement? Des groupes de gauche et de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Rétablir le septennat pour le président de la République pour redonner du pouvoir au Parlement? Des groupes de gauche et de droite ont défendu cette voie lundi à l'Assemblée, où le gouvernement et LREM y ont opposé une fin de non recevoir.

Des communistes aux UDI-Agir-Indépendants, en passant par les LR, mais aussi RN (ex-FN), ont dressé un bilan négatif du quinquennat instauré en l'an 2000.

"Le quinquennat a effacé le Parlement et en particulier l'Assemblée nationale", "dans un régime dès son origine très présidentialiste", a ainsi estimé le coprésident des UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde, pointant "une contrainte et un devoir" pour les parlementaires élus "dans la foulée du chef de l'Etat" depuis l'inversion du calendrier.

Pour les communistes, Sébastien Jumel a proposé que le président de la République soit élu pour 7 ans par le Parlement réuni en Congrès, son groupe considérant que "le déséquilibre actuel au profit de l’exécutif repose en grande partie sur l’élection du président de la République au suffrage universel".

Défendant un septennat non renouvelable, Jean-Christophe Lagarde a estimé qu'il permettrait au président d'être "gestionnaire du temps long" avec une Assemblée qui siègerait cinq ans, ce qui permettrait aux Français de se prononcer avant la fin de son mandat.

Il a aussi considéré que les trois cohabitations (1986-1988, 1993-1995, 1997-2002) avaient été les périodes où le pays avait été "le mieux gouverné".

Des non inscrits issus des radicaux ont prôné un septennat non renouvelable, notamment pour "davantage de liberté et de capacité d'action" présidentielles.

Les RN, dont Marine Le Pen, ont jugé que l'action présidentielle doit "s’inscrire dans un temps long" et que le quinquennat renouvelable favorise "des préoccupations de réélection".

Pour LR, Patrick Hetzel a trouvé "nécessaire de redonner son rôle d’+arbitre+ au chef de l’Etat", estimant que la concomitance des présidentielles et législatives a réduit le rôle de l'Assemblée, et que les réformes "ne doivent pas être freinées ou parasitées par une réélection trop rapidement omniprésente".

Le rapporteur général LREM Richard Ferrand, qui a balayé des variantes "plus ou moins novatrices ou cocasses", a répliqué que la seule proposition "pertinente" aurait été de permettre au président de la République comme aux parlementaires de se présenter trois fois.

Si elle a reconnu que "le quinquennat a fait évoluer la pratique de notre régime", la ministre de la Justice l'a défendu pour "des institutions à la fois stables et efficaces", ou "la vitalité démocratique et le renouvellement de la vie politique". Et Nicole Belloubet a considéré "délicat" de revenir "sans large débat populaire" sur un vote par référendum.

Chef de file LFI, Jean-Luc Mélenchon a souligné qu'"on a inventé le septennat en 1895 parce que certains espéraient le retour du roi", et considéré que le quinquennat avait laissé le pouvoir "à l'Etat lui-même". Il a trouvé le débat "dans cette forme-là sans objet", malgré son "oreille très favorable" aux communistes.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le