Le Général de Gaulle aurait-il pu imaginer que, 80 ans après, les héritiers d’un parti auquel il s’est toujours opposé mettraient un point d’honneur à commémorer son célèbre appel à la résistance ? C’est pourtant ce qu’ont fait Marine Le Pen, Jordan Bardella ou encore Gilbert Collard, en inondant les réseaux sociaux d’hommages à la vision « planificatrice et souverainiste » du père de la Ve République.
Mais entre stratégie politique et célébration nationale, le RN a-t-il réellement « compris » les mots du Général ? Hashtag a mené l’enquête.
Quand le RN réécrit le « gaullisme » sur les réseaux sociaux
Le Général de Gaulle aurait-il pu imaginer que, 80 ans après, les héritiers d’un parti auquel il s’est toujours opposé mettraient un point d’honneur à commémorer son célèbre appel à la résistance ? C’est pourtant ce qu’ont fait Marine Le Pen, Jordan Bardella ou encore Gilbert Collard, en inondant les réseaux sociaux d’hommages à la vision « planificatrice et souverainiste » du père de la Ve République.
Mais entre stratégie politique et célébration nationale, le RN a-t-il réellement « compris » les mots du Général ? Hashtag a mené l’enquête.
En quoi les hommages du RN se distingue-t-il parmi tous ceux adressés à cette figure désormais « si consensuelle » ? Pour l’historien Éric Roussel, cette distinction se fait par la sélection mémorielle opérée par le parti d’extrême-droite : en ne mentionnant que la dimension « souverainiste » de l’héritage de De Gaulle, les membres du RN occultent une très grande partie de tout ce qui constitue le gaullisme. Cette stratégie, employée à maintes reprises envers de nombreuses figures historiques, leur permet de déformer un héritage pour mieux s’en revendiquer.
« On se réclamera de moi »
Cependant, les politiques actuels sont-ils seuls responsables de cette récupération ?
Pas si sûr. En effet, selon Christophe de Voogd, historien et spécialiste de rhétorique politique, le Général a « lui-même une part de responsabilité ». En assumant pleinement que le gaullisme est un concept relativement vaste et flou, de Gaulle anticipait toutes ces récupérations approximatives, et y voyait même un moyen de cultiver son propre héritage.
Construire la nouvelle génération du RN
Ces commémorations opportunistes sont-elles donc si anodines ? Pas vraiment répond Christophe de Voogd. À ses yeux, elles sont le symptôme de l’émergence d’une nouvelle génération au sein du Rassemblement National qui, en se revendiquant du gaullisme, construit progressivement sa propre « dédiabolisation ». Cette altération de la mémoire employée par des politiques de tous bords tels qu’Emmanuel Macron lui-même, permettrait ainsi « d’exploiter la légende du Général pour écrire la sienne ».
Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».
La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications
Au Sénat comme à l’Assemblée, les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes » via l’interdiction de la théorie du grand remplacement. Si, pour certains, cette proposition est « redondante » par rapport aux outils juridiques déjà existants, elle semble utile pour « faciliter les condamnations ».
Sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce lundi matin, jour de rentrée des vacances de la Toussaint, selon le ministère de l’Education nationale. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages malgré les annonces du gouvernement, la semaine dernière. Le Premier ministre se dit prêt à recevoir à nouveau les lycéens.