Alarmé mercredi soir par la hauteur de la vague épidémique qui se profile, Emmanuel Macron met jeudi midi une question détonante sur la table du...
Quand Macron imagina un report des municipales…
Alarmé mercredi soir par la hauteur de la vague épidémique qui se profile, Emmanuel Macron met jeudi midi une question détonante sur la table du...
Par Jérémy MAROT, Frédéric DUMOULIN
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Alarmé mercredi soir par la hauteur de la vague épidémique qui se profile, Emmanuel Macron met jeudi midi une question détonante sur la table du Conseil scientifique réuni à l’Élysée: faut-il reporter les élections municipales, dont le premier tour est prévu dimanche ?
Au ministère de la Santé, on fait grise mine en ce mercredi, fin d'après-midi. Les données européennes concernant la progression de la pandémie de coronavirus ne sont guère réjouissantes.
"Les voyants étaient au rouge", témoigne un conseiller ministériel. "Les remontées montrent que les pays suivent tous la même tendance", complète un autre, citant les mesures drastiques prises au Danemark qui a suspendu dès mardi certaines liaisons aériennes.
Les regards de l'exécutif et des autorités sanitaires sont rivés sur la courbe de propagation du virus en Italie, devenue quasiment verticale, puisque la France semble emprunter un chemin similaire avec une semaine de retard. Une publication jeudi matin de l'Imperial College de Londres confirme les inquiétudes et renforce la conviction d'Emmanuel Macron d'instiller des "mesures fortes" dans son allocution prévue à 20H00.
"Juge de paix", dixit un conseiller, le conseil scientifique installé mardi par le chef de l'Etat et qui rassemble dix experts (infectiologues, virologues...) doit donner de l'assise aux décisions à prendre. Réuni jeudi à la mi-journée à l'Elysée, en présence d'Emmanuel Macron et Édouard Philippe notamment, il doit répondre notamment à une question simple: faut-il appeler à un confinement total des personnes âgées et donc reporter les élections municipales du 15 et 22 mars ?
- Fuite -
Cette interrogation tourne depuis la matinée dans les hautes sphères de l'exécutif.
Depuis Pau, le patron du MoDem François Bayrou, lui-même candidat dans sa ville, plaide pour un report, s'appuyant sur les prédictions montrant une accélération de l'épidémie au moment du 2e tour. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et celui de la Santé Olivier Véran semblent plutôt sur cette ligne.
Intervention d'Emmanuel Macron le 12 mars 2020 au 20H00 de TF1
AFP
Édouard Philippe, lui, est plutôt circonspect, quand d'autres montent au créneau contre une telle décision, comme le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand depuis sa circonscription du Finistère, ou encore le ministre des Collectivités Sébastien Lecornu.
Juridiquement, le cadre est en tout cas bordé: un décret est prêt, annulant celui convoquant les électeurs aux urnes les 15 et 22 mars, et reconduisant les équipes en place jusqu'au 31 mars. Un projet de loi, à voter avant le 31 mars, est aussi dans les cartons, demandant à programmer de nouvelles élections avant la fin juin.
Parallèlement, et alors que les blouses blanches planchent sur le sujet au Château, l'hypothèse fuite sur le site du Journal du Dimanche et met le feu aux poudres. Outre un décalage des élections, il est évoqué la possibilité d'un déclenchement de l'état d'urgence, voire de l'activation de l'article 16 de la Constitution offrant les pouvoirs renforcés au chef de l’État.
Le Conseil constitutionnel, en revanche, n'est "à aucun moment et en aucune façon consulté ou saisi", affirme vendredi l'institution dans un communiqué.
- "Baron noir saison 4" -
A la lecture de l'article, plusieurs grands élus s'étouffent et organisent la riposte, tous camps confondus. "Si c'était le cas, c'est un coup d’État, le président des Républicains Christian Jacob crie au "coup d’État" auprès de l'AFP. Le LR François Baroin, par ailleurs président de l'Association des maires de France, à Troyes, mais aussi Martine Aubry (PS) depuis Lille, Anne Hidalgo (PS) à Paris, font tous savoir leur totale opposition.
Emmanuel Macron "se croit dans Baron Noir saison 4", tonne un ténor de la droite en soupçonnant une manoeuvre politicienne, alors que La République en marche se dirige vers un fiasco annoncé dans le scrutin. Un autre croit y voir "un moment de panique" au sein de l'exécutif.
Le président du Sénat, Gérard Larcher, lors d'une réunion sur la droite et le centre, le 21 juin 2019 à Valenciennes
AFP/Archives
Un conseiller proche de l'exécutif confie de son côté son incompréhension: "C'est un signal désastreux et contraire à ce que le Premier ministre a dit aux partis et groupes parlementaires ce matin", lors d'une grande réunion autour du gouvernement. "Cela aurait été dommage de casser le consensus autour de la gestion de la crise", abonde un marcheur historique.
Au téléphone en fin d'après-midi, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher fait aussi savoir son désaccord à Emmanuel Macron. Face à la levée de herse politique, et au "consensus scientifique", le chef de l'Etat tranche finalement environ une heure avant son allocution: les municipales seront maintenues. "Ouf, c'est abandonné", souffle une figure de la droite.
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.