Le touquet: Emmanuel Macron vote
France's President Emmanuel Macron looks and gestures after his vote in the second round of France's legislative election at a polling station in Le Touquet, northern France on July 7, 2024. //04SIPA_sipa0191/Credit:ELIOT BLONDET-POOL/SIPA/2407071642

Qu’est-ce qu’une cohabitation ?

Suite aux résultats des élections législatives, qui a vu l’arrivée en tête surprise du Nouveau Front populaire, le suspens autour de la nomination du futur Premier ministre est entier. Les députés du camp présidentiel ne sont plus majoritaires au sein de l’Assemblée nationale, ce qui pourrait entraîner le début d’une période de cohabitation. Mais qu’est-ce qu’une cohabitation ?
Camille Gasnier

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La cohabitation, une pratique non inscrite dans la Constitution de la Ve République

La cohabitation est une situation institutionnelle dans laquelle le Premier ministre et la majorité des députés de l’Assemblée nationale sont d’une tendance politique opposée à celle du Président de la République. La cohabitation n’est pas prévue par la Constitution de la Ve République, c’est une pratique qui s’est imposée à partir de 1986.

3 périodes de cohabitations durant la Ve République

Depuis 1958, il y a eu 3 périodes de cohabitations. En 1986, la coalition faite entre le RPR et l’UDF sort gagnante des élections législatives avec 49,3 % des voix. Le 20 mars 1986, François Mitterrand, président socialiste nomme Jacques Chirac Premier ministre. C’est le début d’une période de cohabitation qui durera jusqu’en 1988.

La deuxième cohabitation de la Ve République a eu lieu entre 1993 et 1995. Aux élections législatives de 1993, la coalition de partis de droite, Union pour la France, 45 % des voix au premier tour et obtient 484 élus à l’issue du deuxième tour. Le 29 mars 1993, Pierre Bérégovoy démissionne de son poste de Premier ministre et François Mitterrand, réélu président de la République en 1988, nomme comme chef de gouvernement Édouard Balladur.

La dernière cohabitation a eu lieu entre 1997 et 2002. Le 21 avril 1997, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale, alors même qu’il bénéficie d’une très large majorité à l’Assemblée nationale. De nouvelles élections législatives ont lieu le 25 mai et le 1er juin. La coalition de gauche plurielle rassemblant le Parti socialiste, le Parti communiste, les Verts, le Mouvement des citoyens et le Parti radical de Gauche obtiennent 48,25 % des voix au second tour. Jacques Chirac nomme comme Premier ministre, Lionel Jospin, premier secrétaire général du Parti socialiste.

Une 4e cohabitation ?

A l’issue de ce second tour des élections législatives, le Nouveau Front populaire est arrivé en tête avec une majorité relative, en obtenant entre 172 et 192 sièges de l’hémicycle. Le camp présidentiel détient entre 150 et 170 sièges et le Rassemblement national entre 132 et 152 sièges. Gabriel Attal a annoncé qu’il remettrait lundi matin sa démission au Président de la République mais affirme être prêt à rester premier Ministre « aussi longtemps que le devoir l’exigera ».

Coalition, cohabitation ? Les prochains jours seront décisifs.

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