« Qui sème le mépris récolte la jacquerie » prévient Olivier Paccaud
Olivier Paccaud, sénateur Les Républicains de l’Oise, était l’invité de Parlement Hebdo ce vendredi. Il revient sur la colère des Gilets jaunes et n’hésite pas à s’en prendre assez violemment au gouvernement.

« Qui sème le mépris récolte la jacquerie » prévient Olivier Paccaud

Olivier Paccaud, sénateur Les Républicains de l’Oise, était l’invité de Parlement Hebdo ce vendredi. Il revient sur la colère des Gilets jaunes et n’hésite pas à s’en prendre assez violemment au gouvernement.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce matin, Olivier Paccaud était l’invité de Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP. Le sénateur répond au ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui accuse l’opposition « d’incohérence » suite à son refus de voter les restrictions. Selon lui, « l’incohérence est du côté du gouvernement. » Par exemple, « en fermant les maternités, les gares, les perceptions, on oblige les gens à rouler plus, tout en taxant le diesel. » La logique du groupe Les Républicains est de « faire le budget dont les Français ont besoin », notamment en annulant la hausse des carburants.

« La hausse des carburants est la goutte de gasoil qui fait déborder le réservoir des colères »

Le sénateur revient sur le mouvement des Gilets jaunes, qu’il voit comme « un mouvement très populaire », « de gens qui n’ont pas l’habitude de manifester. » Pour lui, « le ras-le-bol fiscal est général » et revenir sur la hausse des carburants, comme proposé par Les Républicains, serait « un geste dont la France a besoin. » Il considère l’attitude du gouvernement « particulièrement méprisante » et a cette formule : « Les Français aiment les fables, mais ils n’aiment pas les fables de de Rugy et de Darmanin. »

« Les Gilets jaunes sont écolos, ils ne veulent juste pas qu’on les escroque »

Pour Olivier Paccaud, « la transition écologique ne passe pas par la convergence diesel - essence », il en veut pour preuve que « 80 % du produit des taxes ira au budget général et non à la transition », comme soulevé par Albéric de Montgolfier. Selon lui, le rejet de la taxe n’est pas un rejet de l’écologie puisque « les Français sont écolos » mais ne veulent juste pas « se faire escroquer. » Sur les propos de Christophe Castaner qui parle de radicalisation, il temporise : « Castaner parle de radicalisation, puis change de braquet, puis dit qu’il va écouter les colères : c’est flou. »

Selon le sénateur, l’annonce du doublement de la prime à la conversion « n’a pas suffi à calmer la colère. » Il propose donc un moratoire sur la hausse de la TICPE, puisque la hausse « ne devrait pas être prévue à 5 ans, mais chaque année, dans le cadre du vote du budget. »

« Aucun sénateur n’a enfilé de gilet jaune, mais ils l’ont dans le cœur »

Olivier Paccaud considère que les Gilets jaunes « manifestent plus qu’un ras-le-bol mais une désespérance, surtout en ruralité. » Sur la ruralité, il constate « un triple sentiment d’abandon, de déclassement et d’assignation à résidence. » « Cette France des périphéries, c’est celle où, quand on ferme une classe, une Poste etc. 9 fois sur 10 c’est chez eux. » À propos du revêtement par Jean Lassalle d’un gilet jaune dans l’hémicycle, le sénateur considère qu’il a « peut-être réussi son coup de com' » Il ajoute, le concernant, qu’il ne l’aurait pas fait, mais qu’il faut « montrer aux Gilets jaunes que l’on est solidaire de leur mouvement. »

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le