Qui sont les abstentionnistes du second tour des législatives?
Un indice: on ne les trouve pas tellement chez les cadres et les foyers les plus aisés.

Qui sont les abstentionnistes du second tour des législatives?

Un indice: on ne les trouve pas tellement chez les cadres et les foyers les plus aisés.
Public Sénat

Par Aude Lorriaux

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C’est un record historique: près de 57% des Français ne se sont pas déplacés dans les urnes. Mais qui sont ces électeurs qui ont rejeté le pouvoir qui leur était donné? En vrac et pour l’instant sans donner le détail de cette analyse, on peut dire que les abstentionnistes sont surreprésentés chez les jeunes, les ouvriers, les chômeurs, les personnes qui ont tout juste le baccalauréat, les personnes qui gagnent moins de 1.250€, ainsi que chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine le Pen. Mais, à l’encontre des idées reçues, le fait d'habiter en zone rurale n’est pas déterminant. C’est ce que nous apprend une étude Ipsos Sopra Steria, réalisée du 15 au 17 juin pour France Télévisions, Radio France, LCP AN, RFI-France 24 et Le Point. 
 
Les 18-24 ans se sont massivement abstenus. Parmi cette catégorie, 74% ont boudé les urnes, contre seulement 26% qui ont participé. Pour cette élection, le facteur d’âge est inversement proportionnel à l’abstention. Les plus âgés (70 ans et plus) ont voté à 61%. 
 

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Ipsos Sopra-Steria
Ipsos Sopra-Steria

Les cadres se sont davantage mobilisés

Outre le facteur de l’âge, le capital social est déterminant pour comprendre l’abstention. Les employés et les ouvriers sont les catégories les plus concernées (respectivement 65% et 69%). A contrario, les cadres n’ont été qu’une moitié à s’abstenir (50%). Les personnes habitant dans un foyer plafonnant à 1.250€ se sont beaucoup plus abstenues (68%) que celles logées à meilleure enseigne: les personnes dont le niveau de revenu du foyer est supérieur à 3.000€ ont voté dans des proportions similaires aux cadres (50% d’abstention).

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Ipsos Sopra Steria

Les chômeurs se sont plus abstenus que les salariés (66% contre 62%). Les électeurs dotés d’un diplôme du supérieur (au moins bac + 3) se sont eux aussi davantage mobilisés (50% d’abstention) que ceux qui n’ont pas le baccalauréat (56%) et ceux qui ont tout juste le baccalauréat (63%).

L’appartenance politique est un autre facteur crucial pour expliquer cette abstention massive. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, ou ceux de Marine Le Pen, sont très largement restés chez eux (à 61% et 66%). Au contraire, ceux d’Emmanuel Macron ou de François Fillon se sont majoritairement déplacés (respectivement 42% et 42% d’abstention).

Dans les duels opposant LREM à la droite, les Insoumis se sont largement abstenus

Comment ont voté les électeurs qui ont vu leur candidat éliminé au premier tour? Dans les duels opposant La République En Marche ou le Modem à la droite, sur lesquels se focalise cette étude, les sympathisants PS/PRG/DVG et les écologistes se sont reportés à 45% sur le candidat LREM. L'abstention les a également massivement séduits: respectivement 40% et 30% ne se sont pas exprimés (les voix non exprimées comprenant l’abstention ainsi que les votes blancs et nuls ). Une minorité d’entre eux a voté à droite (respectivement 15 et 25%).

Les Insoumis et le FN sont les plus nombreux à n’avoir pas choisi entre les deux candidats: 66% et 48% ne se sont pas exprimés.

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