Trois sénateurs issus des trois groupes de gauche au Sénat ont débuté une série d’auditions sur l’offre publique de rachat de Véolia des parts d’Engie, en commençant par entendre les syndicats d’Engie et de Suez. Ils réclament à terme la formation d’une commission d’enquête pour « faire la lumière » sur les conditions de cette offre de rachat.
Rachat de Suez par Véolia : les groupes de gauche du Sénat réclament une commission d’enquête
Trois sénateurs issus des trois groupes de gauche au Sénat ont débuté une série d’auditions sur l’offre publique de rachat de Véolia des parts d’Engie, en commençant par entendre les syndicats d’Engie et de Suez. Ils réclament à terme la formation d’une commission d’enquête pour « faire la lumière » sur les conditions de cette offre de rachat.
Par Propos recueillis par Eleonore Bahia Truchat
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Mis à jour le
Les trois groupes du Sénat de gauche se saisissent du dossier Véolia-Suez. Selon eux, l’OPA de Véolia sur son concurrent historique Suez « interroge le rôle qu’a pu jouer l’État dans cette opération ». Ils se sont lancés ce 15 octobre dans une série d’auditions sur le sujet, en commençant par entendre les syndicats d’Engie et Suez. Le géant de l’eau Véolia a notamment remis fin août une offre à Engie en vue de racheter toutes ses participations dans l’entreprise Suez.
Les parlementaires socialistes, communistes et écologistes encouragent notamment la formation d’une commission d’enquête au Sénat, organe qui pourra convoquer des personnalités et entendre des acteurs sous serment. « Les parlementaires ont ce rôle de contrôle, ils doivent s'en saisir. C'est la raison pour laquelle nos trois groupes demandent au Sénat, à la commission des affaires économiques, d'organiser cette commission d'enquête afin que la lumière soit faite », a expliqué la sénatrice Sophie Taillé-Polian (Générations), membre du groupe écologiste.
« Pendant le confinement, les dirigeants des entreprises se sont entendus sur des plans stratégiques qui allaient à l'opposé de ce qui avait été débattu et adopté dans leur conseil d'administration antérieurement », s’est-elle étonnée, craignant que cette opération « uniquement capitalistique » débouche sur des conséquences sociales, voire le démantèlement de Suez et Engie. Ce que craignent les syndicats. « On attend de l’État qu’il joue son rôle, reprenne les rênes du dossier et organise les choses de façon que cette OPA ne se fasse pas. Les deux groupes ont les mêmes activités et il est impossible que Véolia conserve toutes les activités de Suez. Cela signifie que le groupe va être démantelé, tout va être dispersé. Ce seront les salariés les victimes », s'est inquiétée Carole Pregermain, secrétaire du comité de groupe Suez France.
Rachid Temal, sénateur socialiste, a exposé ses interrogations sur la stratégie du gouvernement du gouvernement dans ce dossier (voir la vidéo de tête). « Bruno Le Maire semblait favorable à l'OPA, puis s'y est opposé. Il serait intéressant de comprendre pourquoi. Pourquoi l'État n'a pas été respecté dans le vote, alors qu'il est le premier actionnaire », a-t-il soulevé.
Franck Reinhold Van Essen, secrétaire du comité d’entreprise européen Suez, a même appelé à élargir le débat, sur des activités qu'il juge essentielles : « Le sujet de l’eau est un sujet essentiel. Le service et traitement des déchets est aussi essentiel. Pendant la période Covid il y a des activités qui ne pouvaient pas s’arrêter comme celle du service a l’eau et du déchet et des services à l’énergie parce que nos camarades d’Engie vont subir la même chose. On aimerait qu’il y ait une conférence sociale ou un Grenelle sur les activités essentielles, elles sont faciles à qualifier, elles ont été visibles pendant les deux ou trois derniers mois et le seront d’autant plus visibles ces prochaines semaines ».
Les sénateurs veulent poursuivre leurs cycles d'auditions en entendant les PDG d'Engie, Véolia et Suez, les autorités de la concurrence et des marchés financiers, ainsi que plusieurs ministres.
Après les municipales, les partis politiques regardent déjà en direction des élections sénatoriales, qui se tiennent en septembre 2026. Comme tous les trois ans, la moitié du Sénat sera renouvelé, avec un mode de scrutin très différent selon la taille du département.
Alors que le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes va reprendre son examen devant le Parlement, sept personnes ont été mises en examen, soupçonnées d’une escroquerie pour des soins indus facturés auprès de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie), pour un montant de 58 millions d’euros.
Pour les sénatoriales de septembre 2026, LFI mise principalement sur le Rhône, après plusieurs victoires aux municipales. « On sera incontournables dans un grand nombre de départements », prévient le député Paul Vannier, responsable des élections de LFI, « pas fermé » à des discussions avec Les Ecologistes. Mais les principales chances de faire élire des sénateurs LFI seront lors du scrutin de 2029. Explications.
Soutien d’Éric Ciotti pendant les municipales, le sénateur LR des Alpes-Maritimes, Henri Leroy, annonce qu’il rejoint l’UDR. Il espère se représenter aux sénatoriales de septembre, cette fois sur « une liste d’union des droites », avec d’autres transfuges, ce qui pourrait bousculer les équilibres dans un département acquis de longue date aux Républicains.