La gauche de la gauche, quasi-inaudible depuis l'élection d'Emmanuel Macron, espère se requinquer à la faveur du mouvement social contre la...
Rail: la gauche de la gauche espère se requinquer grâce au mouvement social
La gauche de la gauche, quasi-inaudible depuis l'élection d'Emmanuel Macron, espère se requinquer à la faveur du mouvement social contre la...
Par Nadège PULJAK
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Publié le
La gauche de la gauche, quasi-inaudible depuis l'élection d'Emmanuel Macron, espère se requinquer à la faveur du mouvement social contre la réforme de la SNCF, "première étape", selon communistes, mélenchonistes et proches d'Olivier Besancenot, vers un conflit de "longue durée".
Le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui fait un retour remarqué sur la scène politique et médiatique depuis le début du conflit, met en garde le gouvernement contre "un méchant retour de flamme".
"La mobilisation déborde largement le cadre de la SNCF puisqu'il y a des mobilisations dans la déchetterie, le nettoyage, à Air France, ce week-end à Carrefour, dans les campus universitaires", se félicite-t-il, assurant que "le gouvernement est en train de se prendre les pieds dans le tapis".
"Plus on sera nombreux et plus on gagnera vite. L'enjeu, il est là (...) Depuis quelques jours, on sent que la mayonnaise est en train de monter. Tout le monde se dit +plutôt que d'y aller séparément, autant y aller en même temps+", affirme-t-il aussi.
Le retour de M. Besancenot sur le devant de la scène a été salué par Jean-Luc Mélenchon, qui y voit "un signe et une bonne nouvelle". "Sa présence réduit le champ des conciliateurs et soulage notre effort", écrit le porte-parole de La France Insoumise sur son blog. "Il élargit le râteau dégagiste et oblige au combat les secteurs politiques qu’il concurrence".
Cette lutte contre la réforme du rail est "le commencement d'un bras de fer social comme le pays en a peu connu", a affirmé M. Mélenchon, mardi gare de l'Est à Paris, d'où partait une manifestation non programmée vers la gare Saint-Lazare.
Toutefois hué et insulté par des manifestants aux abords de la gare, comme le montre une vidéo sur Twitter où l'on entend "Ni Dieu, ni maître, ni Mélenchon", le patron des Insoumis, accompagné de plusieurs élus LFI (Alexis Corbière, Danièle Obono), a quitté assez vite la manifestation. Afin, selon son entourage, de rejoindre l'Assemblée nationale pour la séance des questions au gouvernement.
- "Les cheminots ne sont pas des privilégiés" -
Jean-Luc Mélenchon (LFI) en discussion avec des cheminots en grève lors d'une manifestation à Paris, le 3 avril 2018
AFP
C'est aussi dans l'enceinte du Palais Bourbon que se joue le bras-de-fer, les trois groupes de gauche - PCF, Insoumis et Nouvelle Gauche - étant à l'offensive, avec de multiples amendements sur le dossier.
Les députés PCF proposent notamment, à l'unisson des Insoumis, de réunifier le système ferroviaire autour d’une entreprise intégrée, d'évaluer la reprise de la dette par l'Etat, ou de supprimer le changement de statut de l'entreprise.
La ministre des Transports Elisabeth Borne "déraille", affirme Sébastien Jumel (Seine-Maritime), tandis que son collègue Hubert Wulfranc (Seine-Maritime) juge que l'on se trouve devant "un mouvement social particulièrement fort".
Les deux groupes s'opposent aussi à la fin du statut de cheminot pour les nouvelles embauches, tout comme les députés Nouvelle Gauche.
Dès le début du conflit, la gauche hors PS avait affiché son unité pour combattre la réforme du rail et défendre le service public. Le 21 mars, les représentants de douze organisations (NPA, PCF, LFI, EELV...), appelaient à manifester ensemble. Pierre Laurent affirmait également que le PCF serait "très actif dans les semaines qui viennent".
Nouvellement élu premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure montre la même détermination: "une grève, ça sert à créer un rapport de force avec un gouvernement pour le faire négocier, et moi, je souhaite que, face à la grève, eh bien, le gouvernement arrête de faire la grève de la négociation".
Selon le numéro un du PS, le gouvernement "fait face à un mouvement social d'importance, légitime, parce qu'il s'y est pris de manière à mettre les Français les uns contre les autres", les cheminots "ne sont pas des privilégiés", insiste-t-il.
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