Rapport sur l’Islam : réformer sans l’organiser
Sur le plateau d’« On va plus loin » la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa et Céline Pina, fondatrice du mouvement « Viv(r)e la République » débattent du rapport de l’institut Montaigne, pour lutter contre « la fabrique de l’islamisme », publié ce lundi.

Rapport sur l’Islam : réformer sans l’organiser

Sur le plateau d’« On va plus loin » la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa et Céline Pina, fondatrice du mouvement « Viv(r)e la République » débattent du rapport de l’institut Montaigne, pour lutter contre « la fabrique de l’islamisme », publié ce lundi.
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L’institut Montaigne a publié ce lundi,  un rapport pour lutter contre la « fabrique de l’islamisme ». Dans ce rapport, son auteur Hakim El Karoui, ancien banquier d’affaires, donne également des pistes pour réformer l’islam de France.

La sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa, qui est professeure d’histoire des religions, tient tout d’abord à souligner favorablement que l’auteur du rapport  spécifie qu’il faut « laisser les musulmans s’organiser eux-mêmes » : « Nous sommes en République et nous n’avons pas à organiser l’Islam. Ce n’est pas le concordat (…) En République, laissons les religions à leur place et défendons nos valeurs tout en poussant les groupes religieux à s’organiser. »

De son côté Céline Pina, fondatrice du mouvement « Viv(r)e la République », trouve que ce rapport est « plutôt courageux » « puisqu’il porte le fer dans la plaie » : « Il reconnaît l’influence de l’islamisme en France. Il reconnaît aussi une sorte de quasi monopole sur certains supports, qui sont notamment tout ce qui se propage par internet. »

Mais Céline Pina, contrairement à l’auteur du rapport, ne semble pas faire de distinction entre les courants de l’islam : « À un moment donné, peu importe de savoir à quel courant vous avez à faire, pour la bonne et simple raison que sur l’essentiel (….) ils s’entendent tous, c'est-à-dire sur la volonté de mettre à bas des valeurs qui sont qualifiées d’occidentales et que nous nous qualifions d’universalistes (…) Ceux dont parle ce rapport, ce sont des gens qui veulent faire sécession de la République, qui veulent créer une contre-société et qui ne veulent pas vivre sous nos lois. » 

Esther Benbassa, en total désaccord avec Céline Pina sur ce point, met en garde de « ne pas confondre islamisme et islam » : « Monsieur El Karoui [l’auteur du rapport - NDRL] fait cette distinction. » Et elle ajoute, en parlant toujours de l’islam : « Il y a quand même une religion qui se développe tranquillement avec une classe moyenne qui se forme, qui n’est pas religieuse. La preuve : elle est pratiquante. On peut être pratiquant et  ne pas être fanatique. »

Une « taxe halal » préconisée

Parmi les propositions qui sont faites dans ce rapport, une « taxe halal » est préconisée.

« C’est très dangereux » estime Céline Pina. « Aujourd’hui, le halal, ce n’est pas qu’une question de viande (…) c’est un mode de vie, cela va bien au-delà de ça. Et le halal, ça sert à distinguer et cela participe à la création de la contre société (…) Cette taxe peut être une manne énorme et cela peut être un levier énorme pour peu qu’à la fin, elle remplisse les caisses des islamistes » s’alarme-t-elle.

« Il faut qu’il y ait aujourd’hui un islam de France modernisé (…) Cette modernisation passe par la formation du personnel de culte. » conclut, pour sa part,  Esther Benbassa.

 

Vous pouvez voir et revoir ce débat (en intégralité) :

 

OVPL : Débat sur le rapport de l'Institut Montaigne sur la réforme de l'Islam (10/09/2018)
18:42

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