Rassemblement contre l’antisémitisme : Olivier Faure ferme la porte au RN « qui n’a rompu en rien avec son histoire »

A l’initiative d’une proposition de rassemblement de « toutes les forces politiques » contre l’antisémitisme, le premier secrétaire du Parti socialiste ne souhaite pas que le Rassemblement national s’y joigne après avoir conditionné sa participation.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

C’est une manière d’éteindre les dernières braises de l’incendie allumé hier. Olivier Faure a finalement exclu la présence d’élus du Rassemblement National (RN) dans un rassemblement contre l’antisémitisme qu’il souhaite organiser. « J’ai appelé à ce qu’on ait une initiative commune. Ça peut être un appel, une marche, un rassemblement, ça peut-être à Paris ou dans toutes les régions de France, pour marquer notre refus sans réserve de l’antisémitisme », rappelle le député socialiste de Seine-et-Marne sur Public Sénat, alors que 1040 actes antisémites ont été recensés dans l’hexagone depuis le 7 octobre et les attaques du Hamas en Israël.

Une invitation faite à « tous les partis », mais sous condition pour le RN : « Cela suppose qu’il rompe avec sa propre histoire et qu’il rompe avec un certain nombre de ses dirigeants, cadres, militants dont l’histoire est liée à l’antisémitisme et il n’a pas fallu quatre heures pour que Jordan Bardella apporte la démonstration que ce parti n’a rompu en rien avec son histoire et ce qui autrefois l’objet de sa condamnation unanime ».

« Ils cherchent à nous expliquer que l’antisémitisme est un mal absolu pour taper sur le monde musulman »

En effet, le président du RN a estimé chez nos confrères de BFMTV que Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti, à l’époque nommé Front national, n’était pas antisémite. « Il a été condamné par la justice à plusieurs reprises pour négationnisme et antisémitisme », martèle le socialiste. Malgré cela, Jordan Bardella affirme que son « mouvement est parfaitement irréprochable ». « Son mouvement ne peut pas être irréprochable alors même qu’il y a un parlementaire qui est un ancien libraire négationniste (le député RN Frédéric Boccaletti, ndlr), quand vous dîtes que Jean-Marie Le Pen n’est pas antisémite, c’est la preuve qu’ils n’ont pas changé et qu’ils cherchent à nous endormir et nous expliquer que l’antisémitisme est un mal absolu pour taper sur le monde musulman ».

Ce rétropédalage intervient après la condamnation, à gauche, de cette ouverture sous condition d’un rassemblement contre l’antisémitisme avec le RN. « Personnellement, je n’irai jamais à une manifestation avec le Rassemblement national », a réagi Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence depuis Strasbourg dans la foulée de sa proposition. Même au sein du PS, Nicolas Mayer-Rossignol, son opposant en interne, a dénoncé « une grave faute ». Le député socialiste Jérôme Guedj a pour sa part estimé, avant le retour en arrière d’Olivier Faure, que le premier secrétaire du PS n’appellerait pas Jordan Bardella pour l’inviter à se joindre à son initiative. Une initiative qu’il qualifie néanmoins de « salutaire ».

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Rassemblement contre l’antisémitisme : Olivier Faure ferme la porte au RN « qui n’a rompu en rien avec son histoire »
3min

Politique

Peine d’inéligibilité en cas de condamnations pour violences : « Cela me paraît parfaitement normal », déclare François-Noël Buffet

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a annoncé qu’il comptait faire passer un texte visant à introduire une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences. Un texte qui pourrait avoir le soutien de la droite sénatoriale.

Le

Rassemblement contre l’antisémitisme : Olivier Faure ferme la porte au RN « qui n’a rompu en rien avec son histoire »
4min

Politique

Mort de Quentin : Gérald Darmanin souhaite une peine d’inéligibilité contre « toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique » 

Les interventions se sont multipliées au Sénat, ce mercredi, pendant la séance de questions d’actualité au gouvernement, autour de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Les élus de droite et du bloc central ont largement reproché à LFI sa proximité avec la mouvance d’ultra gauche, citée dans cette affaire. Le garde des Sceaux a annoncé vouloir assortir les condamnations pour incitation à la violence d’une peine d’inéligibilité, visant explicitement le député LFI Raphaël Arnault.

Le

Rassemblement contre l’antisémitisme : Olivier Faure ferme la porte au RN « qui n’a rompu en rien avec son histoire »
2min

Politique

Mort de Quentin Deranque : Raphaël Arnault doit « quitter ses fonctions » de député », demande le sénateur écologiste, Thomas Dossus

Après l’arrestation de onze suspects, dont un assistant parlementaire du député LFI, le fondateur du mouvement antifa, la Jeune Garde, Raphaël Arnault, dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, le sénateur écologiste du Rhône, Thomas Dossus a appelé le député à démissionner.

Le