Rassemblement contre l’antisémitisme : Olivier Faure ferme la porte au RN « qui n’a rompu en rien avec son histoire »

A l’initiative d’une proposition de rassemblement de « toutes les forces politiques » contre l’antisémitisme, le premier secrétaire du Parti socialiste ne souhaite pas que le Rassemblement national s’y joigne après avoir conditionné sa participation.
Stephane Duguet

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C’est une manière d’éteindre les dernières braises de l’incendie allumé hier. Olivier Faure a finalement exclu la présence d’élus du Rassemblement National (RN) dans un rassemblement contre l’antisémitisme qu’il souhaite organiser. « J’ai appelé à ce qu’on ait une initiative commune. Ça peut être un appel, une marche, un rassemblement, ça peut-être à Paris ou dans toutes les régions de France, pour marquer notre refus sans réserve de l’antisémitisme », rappelle le député socialiste de Seine-et-Marne sur Public Sénat, alors que 1040 actes antisémites ont été recensés dans l’hexagone depuis le 7 octobre et les attaques du Hamas en Israël.

Une invitation faite à « tous les partis », mais sous condition pour le RN : « Cela suppose qu’il rompe avec sa propre histoire et qu’il rompe avec un certain nombre de ses dirigeants, cadres, militants dont l’histoire est liée à l’antisémitisme et il n’a pas fallu quatre heures pour que Jordan Bardella apporte la démonstration que ce parti n’a rompu en rien avec son histoire et ce qui autrefois l’objet de sa condamnation unanime ».

« Ils cherchent à nous expliquer que l’antisémitisme est un mal absolu pour taper sur le monde musulman »

En effet, le président du RN a estimé chez nos confrères de BFMTV que Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti, à l’époque nommé Front national, n’était pas antisémite. « Il a été condamné par la justice à plusieurs reprises pour négationnisme et antisémitisme », martèle le socialiste. Malgré cela, Jordan Bardella affirme que son « mouvement est parfaitement irréprochable ». « Son mouvement ne peut pas être irréprochable alors même qu’il y a un parlementaire qui est un ancien libraire négationniste (le député RN Frédéric Boccaletti, ndlr), quand vous dîtes que Jean-Marie Le Pen n’est pas antisémite, c’est la preuve qu’ils n’ont pas changé et qu’ils cherchent à nous endormir et nous expliquer que l’antisémitisme est un mal absolu pour taper sur le monde musulman ».

Ce rétropédalage intervient après la condamnation, à gauche, de cette ouverture sous condition d’un rassemblement contre l’antisémitisme avec le RN. « Personnellement, je n’irai jamais à une manifestation avec le Rassemblement national », a réagi Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence depuis Strasbourg dans la foulée de sa proposition. Même au sein du PS, Nicolas Mayer-Rossignol, son opposant en interne, a dénoncé « une grave faute ». Le député socialiste Jérôme Guedj a pour sa part estimé, avant le retour en arrière d’Olivier Faure, que le premier secrétaire du PS n’appellerait pas Jordan Bardella pour l’inviter à se joindre à son initiative. Une initiative qu’il qualifie néanmoins de « salutaire ».

(Avec AFP)

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