Réarmement : « Je pense que la Russie n’est pas une menace pour le territoire français », estime Éric Coquerel

Invité de la matinale de Public Sénat, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel revient sur la réunion à Bercy pour financer l’industrie de la défense. Si l’insoumis reconnaît une réflexion nécessaire, il estime cependant que la Russie ne représente pas une menace existentielle pour la France. Par ailleurs, le député demande au gouvernement d’organiser un débat avec vote au Parlement sur le sujet du réarmement.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Présent lors de la réunion à Bercy hier sur le financement de l’industrie de la défense, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale ne partage pas l’enthousiasme de la plupart des participants. Pour rappel, le ministre de l’économie a annoncé la création d’un nouveau fonds de la Bpifrance pour financer l’industrie de la défense. 

Même si le député LFI reconnaît qu’il est « difficile de se dire que l’on est totalement allié avec les Etats-Unis », Éric Coquerel se demande si le réarmement est « nécessaire ». Si le président de la commission des finances soutient le développement et le renforcement de l’indépendance française en matière de défense, ce dernier ne partage pas les mots d’Emmanuel Macron qualifiant la Russie de « menace existentielle ». 

LFI refuse de « s’armer en conséquence d’une nouvelle guerre froide » 

« Si l’objectif c’est défendre le territoire français, on sera au rendez-vous. […] Je pense que la Russie n’est pas une menace pour le territoire français », juge Éric Coquerel. « Je ne pense pas que la Russie menace Berlin et Paris », continue le député qui reste néanmoins plus vague sur la menace que la Russie peut exercer sur les pays baltes. 

Concrètement, l’élu insoumis estime que le réarmement ne doit pas précéder la formation d’un « nouveau bloc économico politique » qui aurait pour objectif de « s’armer en conséquence d’une nouvelle guerre froide ». Par ailleurs, le député de Seine-Saint-Denis regrette que le ministre des Armées ait directement désigné la Russie, l’Iran et la Corée du Nord comme des menaces dans son discours. 

Éric Coquerel demande un débat avec vote sur le réarmement 

Pour trancher la question des objectifs, et donc du positionnement de la France, Éric Coquerel demande l’organisation d’une concertation. « J’appelle à ce que le gouvernement ne passe pas au-dessus du Parlement », insiste Éric Coquerel favorable à l’organisation d’un débat suivi d’un vote. Pour lui, la France doit défendre une politique de non-alignement guidée par le respect du droit international. « Dans la situation où nous avons Poutine et Trump qui bafouent le droit international, la France doit présenter une autre voie, celle du droit international », défend le président de la commission des finances de l’Assemblée.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2026 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
4min

Politique

Sondage : les cotes de popularité de Marine Le Pen et d’Edouard Philippe reculent fortement, Raphaël Glucksmann progresse

A l’approche du scrutin présidentiel et selon le dernier baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, les cotes de popularité de Marine Le Pen (35 % d’opinions favorables) et d’Edouard Philippe (27 % d’opinions favorables) reculent de 5 points et de 3 points. A gauche les candidats à la primaire social-démocrate sont épargnés, notamment Raphaël Glucksmann qui progresse légèrement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUATRE COLONNES
9min

Politique

Sénatoriales : les écologistes pourraient refuser l’arrivée du sénateur LFI Gabriel Amard dans le groupe, mais accepter Marc Péré

Alors que Gabriel Amard, premier sénateur LFI, « demande à être accueilli par les écologistes » dans leur groupe, ces derniers doivent en décider ce mardi. Mais selon plusieurs sources, l’arrivée du gendre de Jean-Luc Mélenchon passe mal en interne et devrait être refusée. Le cas de Marc Péré, élu en Haute Garonne avec le soutien de LFI et des Ecologistes, semble ne pas poser problème. Il va pourtant se rattacher politiquement à La France Insoumise.

Le

Ces chiffrent qui illustrent la poussée du RN aux élections sénatoriales de 2026
8min

Politique

Ces chiffres qui illustrent la poussée du RN aux élections sénatoriales de 2026

L’élection de douze nouveaux sénateurs du Rassemblement national et de ses alliés de l’UDR, l’Union des droites pour la République, pourrait être l’arbre qui cache la forêt. Les élections sénatoriales du 27 septembre se caractérisent par une progression nette du « camp national » chez les grands électeurs, y compris dans les territoires les plus ruraux.

Le