Reconnaissance de la Palestine : « On aurait dû le faire plus tôt », estime Jacques Attali

Invité de notre matinale, Jacques Attali est revenu sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France lors de l’Assemblée générale de l’ONU ce lundi. L’ancien haut fonctionnaire et conseiller de François Mitterrand salue une étape « nécessaire », mais rappelle que sans défaite politique de Benyamin Netanyahou, la situation risque de ne pas s’améliorer.
Louis Mollier-Sabet

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« C’était un moment nécessaire », estime Jacques Attali. L’ancien conseiller spécial de François Mitterrand rappelle que la reconnaissance d’un Etat de Palestine avait déjà été évoquée il y a plus de quarante ans maintenant par l’ancien président de la République socialiste lors d’un discours devant la Knesset. « On aurait pu le faire plus tôt et on aurait même dû le faire lors des accords d’Oslo [en 1993] », ajoute l’ancien haut fonctionnaire, qui estime que cette reconnaissance de la Palestine « est dans l’intérêt d’Israël » : « Sinon viendra un moment où les Palestiniens renonceront à la solution à deux Etats […] et on en viendra un jour à revendiquer un Etat binational dans lequel les Israéliens perdront leur nation. C’est une reconnaissance implicite d’Israël par des tas de pays qui ne la reconnaissent pas encore. »

« Tout se jouera dans les urnes en Israël »

Pour autant, cette reconnaissance symbolique, qui a le mérite de créer « une irréversibilité relative de la solution à deux Etats », « ne va rien changer sur le terrain » tempère Jacques Attali. « On va reconnaître une fiction, un principe, explique-t-il. Cela peut d’ailleurs avoir des conséquences tragiques si cela entraîne une accélération de la colonisation en Cisjordanie pour rendre impossible tout retour en arrière. »

D’après lui, « tout se joue » aux Etats-Unis et en Israël. « Ce qui va être déterminant c’est l’attitude américaine, et l’opinion publique israélienne. Si elle semble en situation de renverser Netanyahou aux prochaines élections dans quelques mois alors ça peut changer. Il faut donc un soutien massif à la majorité israélienne qui est contre Benyamin Netanyahou », développe-t-il. « Tout se jouera dans les urnes en Israël », martèle Jacques Attali, qui « espère » voir le Premier ministre israélien défait.

« C’est un criminel de guerre qui doit aller en prison. Il est complice du Hamas et avait déjà d’ailleurs été nommé Premier ministre à la suite d’attentats du Hamas. Ils sont main dans la main, mais avec des buts contradictoires », ajoute l’ancien conseiller de François Mitterrand.

 

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