Reconstruction de Notre-Dame : début de l’examen d’un texte remanié par le Sénat
Mercredi dernier, la commission de la Culture du Sénat avait adopté son rapport sur le projet de loi de reconstruction de Notre-Dame de Paris. Un texte guidé par le souci de préserver le patrimoine et de respect des règles des marchés publics, de l’urbanisme, du patrimoine et de l’environnement.

Reconstruction de Notre-Dame : début de l’examen d’un texte remanié par le Sénat

Mercredi dernier, la commission de la Culture du Sénat avait adopté son rapport sur le projet de loi de reconstruction de Notre-Dame de Paris. Un texte guidé par le souci de préserver le patrimoine et de respect des règles des marchés publics, de l’urbanisme, du patrimoine et de l’environnement.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Déjà adopté à l’Assemblée nationale, le projet de loi sur la reconstruction de Notre-Dame de Paris et instituant une souscription nationale à cet effet, sera débattu au Sénat ce lundi à partir de 16H. Mercredi dernier, la commission de la Culture avait partiellement réécrit le texte du gouvernement.

Comme nous l’avions déjà expliqué la semaine dernière, le cœur des critiques des sénateurs s’est concentré sur l’article 9 du projet de loi. Voté en première lecture par les députés, il autorise le gouvernement, dans les deux ans suivant la loi, à prendre par ordonnance toutes dispositions visant à faciliter les travaux de restauration de la cathédrale. Dans ce cadre, l’exécutif pourrait procéder à des dérogations ou adaptations de règles d'urbanisme, de protection de l'environnement, de voirie et de transports, ainsi qu'aux règles de la commande publique. Il pourra également déroger aux règles de l'archéologie préventive et à celles sur la préservation du patrimoine.

Les sénateurs ne veulent pas ouvrir la « boîte de Pandore »

La semaine dernière, la commission de la Culture de la Haute assemblée avait tout simplement supprimé cet article, convaincue qu’autoriser des dérogations aux règles en vigueur pour faciliter la restauration de Notre-Dame serait inutile et dangereux, à la fois pour l’exemplarité de ce chantier et la crédibilité de la législation. « Comment les autres propriétaires de monuments historiques pourraient-ils encore accepter de se soumettre aux dispositions de nos codes si l’État lui-même est autorisé à s’en affranchir pour lancer l’un des chantiers patrimoniaux les plus emblématiques ? Ce serait ouvrir une véritable boîte de Pandore », a souligné le rapporteur LR du texte, Alain Schmitz.

« Les travaux de restauration de Notre-Dame devront préserver l’authenticité et l’intégrité du bien »

Alors que le gouvernement a annoncé le lancement d'un concours international d'architecture pour sélectionner un projet de nouvelle flèche pour la cathédrale, les députés LR avaient souhaité, sans succès en première lecture, accoler le terme « à l’identique » à celui de « restauration » dans le projet de loi. De son côté, la commission de la culture a jugé « indispensable » d’inscrire dans le projet de loi une référence aux engagements souscrits par la France en matière de patrimoine et aux textes internationaux. « L’architecture de la cathédrale a été déterminante pour le classement du bien “Paris, Rives de la Seine” au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1991. Les travaux de restauration de Notre-Dame devront préserver l’authenticité et l’intégrité du bien si nous ne voulons pas prendre le risque de porter atteinte à la valeur universelle exceptionnelle de celui-ci et de perdre le bénéfice de ce classement, qui ne manquerait pas d’avoir des effets sur l’attractivité de Paris et la crédibilité de la France en matière de protection du patrimoine », a jugé la présidente centriste de la commission de la Culture, Catherine Morin-Desailly.

Nouvel établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Culture

Le projet de loi désigne quatre entités (Fondation de France, la Fondation du patrimoine et la Fondation Notre-Dame et le Centre des monuments nationaux) habilitées à recevoir des dons et à les reverser l’État ou à l’établissement public désigné pour assurer la restauration de la cathédrale Notre-Dame. La commission de la Culture a choisi de mettre fin à cette « ambiguïté » et confie la responsabilité de la restauration à un nouvel établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de la Culture. Elle a également précisé que la maîtrise d’œuvre du chantier serait assurée sous l’autorité de l’architecte en chef des monuments historiques.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique » de Julia Bracher
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Les époux Rosenberg, les espions qui ont divisé l’Amérique

C’est l’un des procès pour espionnage les plus retentissants de l’Histoire des États-Unis. Celui des époux Rosenberg, accusés d’avoir travaillé pour le compte des Soviétiques en pleine Guerre froide et alors que l’Amérique apprend avec stupeur que les Russes détiennent l’arme atomique. Le documentaire "Les Rosenberg, des espions au cœur de l’Amérique", réalisé par Julia Bracher, diffusé cet été sur Public Sénat, raconte leur histoire et les tumultes provoqués par leur procès jusqu’au jour de leur exécution, le 19 juin 1953. L’élan populaire international n’aura pas suffi à les sauver de la chaise électrique.

Le

Reconstruction de Notre-Dame : début de l’examen d’un texte remanié par le Sénat
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le

Paris French President Emmanuel Macron closing speech at the national convention on mental health
5min

Politique

SERIE D’ETE – Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? La santé mentale, Grande cause nationale

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce quatrième épisode : la santé mentale, Grande cause nationale de 2025 et de 2026.

Le