Réunis ce 21 mars pour une conférence de presse commune, les sept groupes de gauche du Parlement mettent en avant leur détermination pour faire céder le gouvernement à l’aide d’outils constitutionnels sur la réforme des retraites.
Recours constitutionnel, RIP : la gauche poursuit « la bataille » contre la réforme des retraites
Réunis ce 21 mars pour une conférence de presse commune, les sept groupes de gauche du Parlement mettent en avant leur détermination pour faire céder le gouvernement à l’aide d’outils constitutionnels sur la réforme des retraites.
La bataille n’est pas finie. C’est en substance le message qu’ont délivré les sept groupes parlementaires de gauche que compte le Parlement, lors d’une conférence de presse commune organisée à l’Assemblée nationale ce mardi. Insoumis, socialistes, écologistes et communistes ont appelé à une large mobilisation des Français jeudi, pour protester contre la réforme des retraites.
Aux côtés de cette mobilisation sociale, les groupes parlementaires de gauche entendent abattre leurs propres cartes procédurales. Des démarches classiques de recours devant le Conseil constitutionnel, d’abord. Un contingent de députés saisira dans les prochaines heures les Sages, tout comme au Sénat. « Nous avons beaucoup de reproches au fond, et sur la forme, peut-être plus d’ailleurs au Sénat sur la forme », a insisté Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat.
Les présidents de groupe veulent surtout s’appuyer sur les larges mobilisations sociales et sur le rejet important du texte dans l’opinion, pour provoquer un référendum sur l’âge légal de départ à la retraite. Hier, plus de 250 parlementaires de gauche ont déposé dans ce sens une proposition de loi au Conseil constitutionnel. Si cette première étape est jugée recevable par les Sages, ses promoteurs auront désormais neuf mois pour réunir 4,8 millions de signatures d’électeurs dans le pays. Un processus qu’a déjà expérimenté la gauche en 2019-2020 pour s’opposer à la privatisation des Aéroports de Paris. L’initiative n’avait été soutenue que par 1,09 million de Français, mais cette disposition phare de la loi Pacte a finalement été abandonnée en pleine crise sanitaire.
« Nous allons nous attaquer au bunker des certitudes dans lequel vit le président de la République »
« Nous relançons cette démarche, avec un objectif qui est de dire au président de la République : vous qui n’entendez rien, vous qui ne voyez rien, vous qui ne ressentez rien par rapport à la souffrance des Français, M. le président de la République, nous voulons que les Français puissent s’exprimer […] Ces deux démarches complémentaires montrent que nous allons nous attaquer au bunker des certitudes dans lequel vit le président de la République », résume Patrick Kanner.
« Si M. Macron ne veut pas assumer cet échec d’un homme qui s’est cru paré d’une légitimité à agir qu’il n’a pas, qu’il consulte le peuple », renchérit sa collègue Éliane Assassi, son homologue du groupe communiste du Sénat. « Tous ensemble, nous jetterons nos forces dans la bataille pour faire triompher la justice sociale et démocratique, en continuant à exiger également le retrait, le rejet, de cette réforme. »
Si les parlementaires promettent d’activer tous les outils constitutionnels à leur disposition, ils rappellent toutefois que la journée de jeudi sera capitale pour la suite. « La réalité, c’est que le bras de fer qui est engagé avec le gouvernement, pour le gagner, il faut le nombre dans la rue. C’est l’acteur majeur qu’est le peuple, qui peut permettre de faire céder ce gouvernement », a estimé Clémentine Autain, députée du groupe La France insoumise.
Issue de la commission d’enquête portant sur les marges des industriels et de la grande distribution, la proposition de loi déposée par la sénatrice écologiste Antoinette Guhl vise à obliger la grande distribution à vendre au moins quatre-vingts produits alimentaires sains à prix coûtant.
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