Recours contre l’élection du sénateur Jean-Pierre Bansard : « Notre score n’a pas plu »

Recours contre l’élection du sénateur Jean-Pierre Bansard : « Notre score n’a pas plu »

L’élection sénatoriale pour les Français de l’étranger fait l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel (voir notre article sur les onze différents recours). C’est l’élection de Jean-Pierre Bansard, et de sa numéro 2 de liste, qui est visée. Cet entrepreneur est propriétaire du groupe Cible, spécialisé dans l’immobilier logistique puis l’hôtellerie. Il a aussi relancé […]
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

L’élection sénatoriale pour les Français de l’étranger fait l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel (voir notre article sur les onze différents recours). C’est l’élection de Jean-Pierre Bansard, et de sa numéro 2 de liste, qui est visée. Cet entrepreneur est propriétaire du groupe Cible, spécialisé dans l’immobilier logistique puis l’hôtellerie. Il a aussi relancé la marque Solex. Selon Challenges, il était la 230e fortune française en 2016. Il a reçu la légion d’honneur des mains de François Hollande. Candidat pour la troisième fois aux sénatoriales en septembre dernier, il a réussi à obtenir deux sièges avec sa liste. « C’est notre score qui les a effrayés et ça n’a pas plu » affirme Jean-Pierre Bansard pour expliquer le recours. Entretien.

Un recours a été déposé au Conseil constitutionnel par Olivier Piton, numéro 2 de la liste LR aux sénatoriales, sur les conditions de votre élection. Quelle est votre réaction ?
On a reçu ce recours il y a seulement 36 heures (entretien réalisé le 19 octobre, ndlr). Ils ont voulu le faire car le score qu’on a fait est extrêmement important. Nous sommes un parti indépendant. C’est notre score qui les a effrayés et ça n’a pas plu. Ce score vient de notre travail. Depuis 6 ans, on travaille sans cesse sur les sénatoriales et sur les Français de l’étranger, on s’en occupe beaucoup, beaucoup, matin, midi et soir. Quand on s’occupe des sénatoriales deux ou trois mois avant, on n’a pas les résultats escomptés. En 2014, on a manqué l’élection à une voix. Cette fois, on a fait un très gros score car on a beaucoup travaillé.

Que vous reproche Olivier Piton dans son recours ?
Je n’ai pas pris connaissance du recours. C’est trop tôt pour voir. Ce qui compte, c’est le mémoire qui arrivera dans les quinze jours. On verra alors plus précisément ce qu’il reproche. Le problème, si les choses ne se passent pas très bien, c’est toute l’élection qui saute.

Jean-Yves Leconte, sénateur PS des Français établis hors de France, dénonçait le soir de l’élection (voir la vidéo) des « pratiques qui posent problème » et s’étonnait « des motifs des électeurs pour voter »…
C’est la même chose. Il a fait dire que j’ai invité à des petits-déjeuners, des déjeuners, etc. Tout ça est à prouver.

Avec votre association, l’Alliance solidaire des Français de l’étranger (ASFE), vous venez en aide aux Français de l’étranger en passant par les conseillers consulaires, qui sont par ailleurs les grands électeurs pour les sénatoriales. Est-ce que ça ne crée pas une certaine confusion ?
Non, car on a été créé pour ça. L’association a été créée pour travailler avec les conseillers et délégués consulaires. Car ce sont eux qui sont élus par les Français de l’étranger et ont la tâche de les représenter. On préfère passer par eux qui sont élus. On ne veut pas les squeezer. En allant voir directement les Français de l’étranger, on mettrait en porte-à-faux les conseillers consulaires.

Quel type d’aide apportez-vous aux Français établis hors de France ?
On essaie d’aider par tous les moyens. On a par exemple rapatrié de Tokyo un homme qui était en train de mourir. Ce sont aussi des aides sur l’école, etc. On s’adresse aux Français de l’étranger qui attendent une aide. Mais ce n’est pas une aide matérielle, c’est administratif.

Jean-Yves Leconte affirme également avoir de « très gros doutes sur le financement de (votre) campagne » via l’Association solidaire des Français de l’étranger et les « dons » qu’elle reçoit. Que lui répondez-vous ?
On est en train d’examiner tout ça. On verra bien. S’il pense qu’il a des preuves, qu’il le fasse. C’est son droit. Mais il faut faire attention que les choses soient exactement sérieuses. Il ne faut jamais faire d’approximation dans ce genre de chose. Ses propos sont inélégants et ne sont pas très sympathiques. Quel intérêt a-t-il à faire ça, à partir du moment où ils ont fait deux sièges ? Ils ont été réélus. C’est quoi ? De la jalousie ? De la méchanceté ? Je n’en sais rien. Je suis serein.

Je ne savais pas qu’on pouvait poser des problèmes à des gens qui s’occupent d’aider les Français de l’étranger alors que soit même on n’est pas capable de le faire. Jean-Yves Leconte et Christophe-André Frassa disaient d’ailleurs en 2015 que l’ASFE a pris un créneau qui était vide, car personne ne s’en occupait. Nous, on l’a fait. Et aujourd’hui, on nous fait tous les reproches du monde.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le