Politique
Auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur les agences publiques, Sylvain Waserman, président d’Ademe a défendu le budget et l’existence de son agence, faisant écho aux critiques faites par plusieurs politiques de droite.
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Par Public Sénat
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La colère des élus locaux à l’encontre de l’exécutif ne faiblit pas. Ce mercredi, lors d’une conférence de presse du « bloc communal », l’ensemble des représentants des communes de France ont fait part, une nouvelle fois, de leur très forte inquiétude, suite à la baisse annoncée des emplois aidés. « Halte au feu (…) en l’état. Ce n’est pas tenable. Ce n’est pas acceptable. C’est dangereux pour les personnes qui sont concernées. C’est dangereux aussi pour l’ensemble des services publics sur la totalité des territoires de notre pays » a alerté François Baroin, sénateur LR et président de l’Association des maires de France (AMF).
« Personne ne peut dire que les services publics seraient menacés » a répondu indirectement, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, en louant « l’engagement » de la fonction publique territoriale,lors d’un point presse tenue à l’issue du conseil des ministres. Après avoir rappelé que la loi de finances 2017 avait fixé à 280 000 le nombre d’emplois aidés, rehaussé à 320 000 par l’actuel gouvernement, M.Castaner a insisté sur le caractère précaire de ce type de contrats. « Les emplois aidés sont des emplois sparadrap qui garantissent la précarité, le temps partiel, la quasi-non espérance d’emploi pérenne après le contrat aidé, pour un salaire de 600 euros soit 50 euros au-dessus du RSA. Ceux qui aujourd’hui nous expliquent que ce serait le modèle du travail en France semblent ne pas connaître la réalité » a-t-il déclaré.
Réduction du nombre d’emplois aidés, réduction du nombre d’élus locaux, réduction des dépenses chiffrée à 13 milliards sur 5 ans, annulation de 300 millions de crédits destinés aux collectivités… Autant d’annonces du gouvernement, ces dernières semaines, qui font craindre aux représentants des collectivités une entorse au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales. « Nous sommes les fantassins de la République. Nous sommes la garde nationale de la République de proximité » a rappelé François Baroin.
Sur la méthode, Emmanuel Macron avait pourtant insisté sur l’importance du dialogue entre les collectivités et l’État, en convoquant au Sénat, le 17 juillet dernier, une conférence nationale des territoires. « On croyait à la conférence des territoires (…) Il (Emmanuel Macron) voulait un pacte de confiance. Nous aussi, mais un pacte, c’est une signature à deux, entre partenaires de même niveau. Ce n’est pas l’enregistrement de mesures bêtes et absurdes (…) comme la suppression de ce type d’emplois » a jugé le président de l’AMF. François Baroin a également rappelé que c’est sous le précédent quinquennat, dont a fait partie Emmanuel Macron, que le recours aux contrats aidés a été le plus développé. Mardi, Emmanuel Macron a lui appelé les préfets à « refonder les relations avec les collectivités territoriales ».
André Laignel, maire PS d’Issoudun et président du Comité des finances et de la gestion publique locales, a lui, une nouvelle fois, alerté sur la santé financière des collectivités. « Rien que sur les trois dernières années, on a baissé de 10 milliards les investissements des collectivités territoriales. Aujourd’hui nous sommes au maximum des efforts qui peuvent être fait » (…) « toute baisse nouvelle mettrait même en péril l’entretien des bâtiments, de la voirie qui sont les nôtres. Donc aujourd’hui, nous disons : assez ! ». (voir la vidéo)
Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de l’association d'élus des grandes villes, « France Urbaine » a insisté sur le caractère inédit de cette conférence de presse. « Ce qui est nouveau, c’est que toutes les associations du bloc communal et intercommunal ont décidé de se fédérer, de se coordonner. Jusqu’ici, chacun parlait de manière un peu dispersée ». L’application du non-cumul des mandats donne, selon lui, un rôle plus important aux associations d’élus locaux. « À partir du moment où notre rôle est accru, nous avons le devoir, pour être plus fort, plus efficace, de nous coordonner entre nous ». L’exécutif est prévenu…
(Images: Quentin Calmet)
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