Référendum en Nouvelle-Calédonie : une large adhésion des sénateurs
Mardi 13 février, le Sénat a examiné en séance le projet de loi organique relatif à l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Si l’examen du texte s’est terminé aujourd’hui, le vote solennel aura lieu mardi 20 février.  Ce projet de loi vise à définir et à encadrer les modalités de ce référendum d’indépendance. Initié par les accords de Nouméa de 1998, le vote doit, au plus tard, avoir lieu avant novembre 2018.

Référendum en Nouvelle-Calédonie : une large adhésion des sénateurs

Mardi 13 février, le Sénat a examiné en séance le projet de loi organique relatif à l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Si l’examen du texte s’est terminé aujourd’hui, le vote solennel aura lieu mardi 20 février.  Ce projet de loi vise à définir et à encadrer les modalités de ce référendum d’indépendance. Initié par les accords de Nouméa de 1998, le vote doit, au plus tard, avoir lieu avant novembre 2018.
Public Sénat

Par Jules Duribreu

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Un moment solennel dans l'hémicycle lors de la prise de parole du président de la commission des Lois Philippe Bas. Ce dernier souligne alors le sentiment de responsabilité qui est celui de la représentation nationale. « Un sentiment de responsabilité pour la paix et la concorde civile, mais aussi, un sentiment de responsabilité pour la construction de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.» Le rapporteur du projet de loi affirme également que ce vote est « une étape, mais n’est pas la fin de l’Histoire ».

Une émotion partagée par Gérard Poadja, sénateur du groupe Calédonie Ensemble. « Je suis très ému de m’adresser devant vous aujourd’hui, parce que ce projet de loi me donne l’occasion de vous parler de mon histoire, de l’histoire du pays. Ce texte, c’est la concrétisation d’un rêve. La concrétisation d’un engagement, celui du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, engagement dont ma famille a payé le prix dans ses chairs et dans ses sangs. » a déclaré le sénateur Calédonien Gérard Poadja, qui a aussi rendu hommage aux artisans de la paix. « La paix que l’on a tissée, depuis que deux hommes d’exception, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, ont su se serrer la main au lendemain du terrible drame d’Ouvéa. »

Gérard Poadja : « Ce texte, c'est un vieux rêve »
03:02

Vers la fin d’un destin commun ?

Pour autant, si Philippe Bas souligne un « destin commun » qui lie la France à la Nouvelle-Calédonie, ce dernier ajoute un message en forme d’avertissement. «Ce destin commun ne peut avoir lieu que dans l'appartenance à la nation Française. Si cette appartenance n’est pas maintenue, c’est un pays souverain.»

Cependant, le ton reste consensuel et rassembleur. « À l’issue du scrutin, la République et son gouvernement auront un rôle majeur à jouer pour rassembler tous les Calédoniens pour forger une nouvelle entente pour les décennies à venir. »  déclare Philippe Bas, qui ne semble pas accorder de crédit à une hypothèse d’une victoire du camp indépendantiste.

Le périmètre électoral au cœur du débat

Au cœur de ce scrutin prévu pour l’automne, la composition, le périmètre du corps électoral qui sera amené à se prononcer sur l’indépendance. La question est sensible et l’enjeu de taille puisqu’en découle toute la légitimité du résultat, que le gouvernement espère incontestable. « Nous devons être attentifs à ce que le résultat du scrutin ne puisse jamais être entaché de contestation parce que des Calédoniens ayant vocation à s’exprimer n’auraient pas été admis au vote ».   

Le texte en débat propose notamment de mettre en place une procédure exceptionnelle d'inscription d'office sur les listes électorales « tous les électeurs qui, n'étant pas déjà inscrits sur une liste électorale, ont leur domicile réel dans une commune de la Nouvelle-Calédonie ou qui y habitent depuis six mois au moins ».  Cette mesure, un prérequis, permettra d’inscrire ces électeurs sur les listes électorales spécifiques à la consultation.

En outre, l’inscription d’office sur la liste électorale spéciale est également prévue pour « les électeurs nés en Nouvelle-Calédonie et présumés y détenir le centre de leurs intérêts matériels et moraux dès lors qu'ils y ont été domiciliés de manière continue durant trois ans.» En séance, Philippe Bas a précisé le sens de cette disposition : « Les Calédoniens auront ces intérêts matériels et moraux présumés du fait que, premièrement, ils seront natifs de Calédonie, et, deuxièmement, ils auront résidé en Calédonie depuis 3 ans ».

« Nous veillerons à ce que toutes les parties soient respectées »

Un texte qui semble faire consensus sur les bancs du Sénat, comme en témoigne la position de la présidente du groupe communiste Éliane Assassi : « Comment effacer de notre mémoire le sang versé inutilement à des milliers de kilomètres de la France ? Comment oublier la grande leçon de fierté et d’humanisme ? Ce texte, qui fait consensus et que nous allons approuver, marque la fin d’un long processus politique. C’est un texte attendu.»

Pour autant, la sénatrice n’accorde pas un blanc-seing au gouvernement voire un tacle en direction du rapporteur du projet de loi Philippe Bas : « Nous veillerons à ce que toutes les parties soient respectées, et surtout les indépendantistes. La résistance de certains contre l’idée même d’une indépendance et la menace d’une coupure totale en cas de victoire indépendantiste serait contraire à la volonté de laisser aux néo-calédoniens le pouvoir de décider.»

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le