Réforme constitutionnelle: Bayrou n’exclut pas un référendum
Le ministre de la Justice François Bayrou a déclaré mardi qu'il n'y aurait "aucune hésitation" à recourir au référendum pour...

Réforme constitutionnelle: Bayrou n’exclut pas un référendum

Le ministre de la Justice François Bayrou a déclaré mardi qu'il n'y aurait "aucune hésitation" à recourir au référendum pour...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de la Justice François Bayrou a déclaré mardi qu'il n'y aurait "aucune hésitation" à recourir au référendum pour faire passer les réformes constitutionnelles prévues par l'exécutif, en matière de moralisation de la vie publique et d'indépendance des procureurs.

"Pour moi, il n'y aura aucune hésitation: si sur des textes essentiels, qui touchent à l'organisation de notre vie publique au point que la Constitution doit s'en occuper, s'il y a blocage, il faudra que les Français tranchent et c'est ce qu'Emmanuel Macron a dit tout au long de sa campagne électorale", a dit le garde des Sceaux sur RMC/BFMTV.

Rappelant que la Constitution pouvait être révisée par un vote de l'Assemblée nationale et du Sénat réunis en Congrès à Versailles, il a dit: "Si la majorité des trois cinquièmes n'est pas obtenue, alors il (...) reste la ressource de faire appel au peuple."

François Bayrou a dévoilé la semaine dernière un vaste projet destiné à restaurer la "confiance" des citoyens en leurs élus.

Parmi les mesures proposées, plusieurs nécessitent une révision constitutionnelle: la suppression de la Cour de justice de la République (juridiction d'exception pour les membres du gouvernement), la suppression des sièges réservés aux anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel et l'interdiction de cumuler plus de trois mandats successifs.

L'exécutif entend par ailleurs modifier la Constitution pour renforcer l'indépendance des magistrats du parquet.

"On ne va pas faire plusieurs débats constitutionnels, on en fera un seul, probablement à l'automne", a précisé le ministre de la Justice.

"Le gouvernement et le Conseil supérieur de la magistrature devront s'entendre pour nommer les procureurs", a-t-il dit.

Jusqu'ici, le CSM, composé de magistrats et de personnalités extérieures, rend un avis seulement consultatif sur les nominations du parquet. Pour les magistrats du siège en revanche, un avis conforme est obligatoire, c'est-à-dire que l'exécutif ne peut imposer d'éventuels candidats.

Dans les faits "cela fait huit ans qu'il n'y a pas eu une nomination contre l'avis du CSM", a rappelé François Bayrou, qui entend donc faire de cette bonne pratique une obligation constitutionnelle, comme le réclame par ailleurs la Cour européenne des droits de l'homme.

François Hollande avait déjà promis une réforme en ce sens, mais ne l'avait jamais menée à bien, en raison entre autres d'une vive opposition de la droite.

Dans une tribune publiée mardi sur le site internet de la Cour de cassation, le premier président de la plus haute juridiction française, Bertrand Louvel, demande aussi au gouvernement de "mettre fin à la dépendance organique du ministère public (parquet) à l'égard du gouvernement", ce qui "permettrait d'établir solidement la confiance publique entre les Français et leur justice".

Le magistrat, que François Bayrou rencontre mardi après-midi, estime que cette différence de traitement entre juges et procureurs entretient une "culture de suspicion largement répandue à l'égard de l'indépendance effective du parquet dans l'exercice de l'action publique".

"Cette suspicion, par capillarité, atteint la justice dans son ensemble", déplore Bertrand Louvel.

Sans s'arrêter à la seule question des nominations, il réclame une "unité effective du corps des magistrats en les soumettant tous au même statut garanti par un Conseil supérieur de la magistrature lui-même unique".

Le CSM fonctionne aujourd'hui dans deux formations différentes selon qu'il se consacre aux magistrats du parquet ou aux magistrats du siège.

Partager cet article

Dans la même thématique

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

Réforme constitutionnelle: Bayrou n’exclut pas un référendum
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le