Réforme constitutionnelle : « En l’état, le texte n’est pas acceptable », pour Gérard Larcher
À la veille de sa rencontre avec le président de la République consacrée à la réforme des institutions, le président du Sénat déclare qu’une « synthèse » a été trouvée sur un certain nombre de sujets. Mais il reste intraitable sur la défense des droits du Parlement et sur la représentation des territoires.

Réforme constitutionnelle : « En l’état, le texte n’est pas acceptable », pour Gérard Larcher

À la veille de sa rencontre avec le président de la République consacrée à la réforme des institutions, le président du Sénat déclare qu’une « synthèse » a été trouvée sur un certain nombre de sujets. Mais il reste intraitable sur la défense des droits du Parlement et sur la représentation des territoires.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« La réforme ne s’est pas ensablée », déclare ce mercredi Gérard Larcher, au sujet de la réforme constitutionnelle. En tout cas, le calendrier ne correspond pas à ce qu’envisageait l’Élysée. C’était il y a un an, le 3 juillet 2017 : Emmanuel Macron exposait devant les parlementaires, réunis en Congrès, son projet de réforme des institutions, et notamment du Parlement.

Alors que le président de la République s’apprête à retourner à Versailles, le chantier de la réforme constitutionnelle n’en est encore qu’au stade des fondations et ne devrait s’achever qu’au printemps 2019. La commission des Lois de l’Assemblée nationale vient d’achever l’examen du texte : le projet de loi constitutionnelle sera discuté en hémicycle à partir du 10 juillet. Le Sénat s’en saisira en septembre.

« Nous pourrions ne pas aboutir »

« On n’est pas dans une course contre la montre, mais en même temps, il faut avancer », explique Gérard Larcher, ce matin sur l’antenne de France Inter. Si le président du Sénat déclare qu’une « synthèse » a été trouvée « sur un certain nombre de dossiers et de sujets ces jours derniers », il voit encore rouge sur les « fondamentaux » du projet de loi. « En l’état du texte, tel qui est proposé par le gouvernement, avant l’examen par l’Assemblée nationale, le texte n’est pas acceptable », prévient le sénateur des Yvelines. « Nous pourrions aboutir ou ne pas aboutir. »

La réforme des commissions mixtes paritaires, « une difficulté majeure »

Sur le volet constitutionnel de la réforme, il n’est pas prévu que les députés aient le dernier mot, autrement dit, un accord de la chambre haute est indispensable. La « modernisation » des assemblées, Gérard Larcher y est « parfaitement ouvert », mais pas à n’importe quel prix. « Pas d’abaissement des droits du Parlement », insiste-t-il. Le président du Sénat refuse que le droit d’amendement soit restreint et que les modifications sans « lien direct » avec un texte soient refusées.

Ce n’est pas tout. La réforme des commissions mixtes paritaires – ces instances réunissant 7 députés et 7 sénateurs pour parvenir à un texte commun entre les deux chambres – constitue une « difficulté majeure » pour Gérard Larcher. En cas d’échec des CMP, le projet du gouvernement limiterait le rôle du Sénat dans la suite de la procédure parlementaire (relire notre article) car l’Assemblée nationale n’étudierait plus que son propre texte.

Diminution du nombre de parlementaires : Gérard Larcher a un « bébé » à présenter à Emmanuel Macron

Reste un autre point sensible, qui sera intégré dans le projet de loi organique, et non dans le projet de loi constitutionnelle : la diminution d’un tiers du nombre de parlementaires. Le président du Sénat veut un « équilibre » pour la représentation des territoires. Il maintient ses demandes : un minimum d’un député et d’un sénateur par département et territoire, et le département comme circonscription d’élection des sénateurs. Le président du Sénat n’a pas de « chiffre fétiche » mais a, malgré tout, un seuil en tête. Mais ce dernier ne sera pas lâché dans le studio de radio. « Je réserverai mon bébé pour le président de la République », annonce-t-il. Jeudi, une rencontre doit réunir Emmanuel Macron et les présidents des deux assemblées, François de Rugy et Gérard Larcher.

Partager cet article

Dans la même thématique

Pope Leo XIV Welcomed by Emmanuel and Brigitte Macron in Paris
5min

Politique

Visite du pape en France :  Léon XIV est arrivé à Paris, demandez le programme

Top départ ce vendredi pour une visite de quatre jours du pape Léon XIV en France. Accueilli par Emmanuel Macron, ce vendredi matin, le souverain pontife va déambuler au cœur de Paris aujourd’hui, Il célébrera une messe géante place de la Concorde, samedi, avant de se rendre à Lourdes et Metz, dimanche et lundi. Un séjour durant lequel il abordera de multiples thèmes, dont l’intelligence artificielle, la question migratoire ou la lutte contre les violences sexuelles.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
10min

Politique

Sénatoriales : RN, LR, Horizons, PS, LFI… On vous résume les enjeux du scrutin

La moitié des sièges du Sénat sont remis en jeu dimanche. Recul des LR, rapports de force au sein de la majorité sénatoriale, possible groupe RN, PS et écologistes qui veulent limiter la casse et recomposition après 2027… Les enjeux sont multiples pour le dernier scrutin avant la présidentielle.

Le

Prix des carburants records, budget, menace russe, guerre en Iran : les points à retenir de l’interview d’Emmanuel Macron
9min

Politique

Prix des carburants records, budget, menace russe, guerre en Iran : les points à retenir de l’interview d’Emmanuel Macron

« On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français », s’est engagé le président de la République ce soir, lors d’une interview réalisée par TF1 et France 2. Durant quarante minutes, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets d’inquiétude du moment, dominés par la géopolitique et les conséquences sociales très dures dans le pays.

Le

Denmark Election
4min

Politique

Sondage présidentielle 2027 : Marine Le Pen largement en tête, suivi de Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe à égalité

Politico publie ce jeudi 24 septembre un sondage de Cluster 17 sur les intentions de vote du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen reste largement en tête du premier tour avec 30% des voix. Jean-Luc Mélenchon se situe désormais à 19%, tout comme Édouard Philippe, loin devant Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.

Le