Réforme constitutionnelle: Ferrand ne laissera pas « dénaturer » le texte, y compris par la majorité
Richard Ferrand, rapporteur général (LREM) du projet de réforme constitutionnelle, sera "vigilant à ne pas dénaturer" le texte...

Réforme constitutionnelle: Ferrand ne laissera pas « dénaturer » le texte, y compris par la majorité

Richard Ferrand, rapporteur général (LREM) du projet de réforme constitutionnelle, sera "vigilant à ne pas dénaturer" le texte...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Richard Ferrand, rapporteur général (LREM) du projet de réforme constitutionnelle, sera "vigilant à ne pas dénaturer" le texte face à "la fertilité de nos imaginations", y compris dans la majorité, a-t-il prévenu mardi à l'ouverture des débats en commission.

Le nombre d’amendements déposés – "1.378 exactement, soit plus du double" que lors de la révision constitutionnelle de 2008 – "témoigne de la fertilité de nos imaginations, sur tous les bancs. Mais ne surchargeons pas la Constitution. N’adoptons pas des dispositions qui créeraient ensuite des difficultés d’interprétation", a plaidé celui qui est également chef de file des députés LREM. Un petit quart des amendements viennent de la majorité.

"La hiérarchie des normes doit conserver tout son sens (...) Il n’est pas plus dans mes intentions de remettre en cause les ressorts fondamentaux de la Vème République et du parlementarisme rationalisé", a-t-il insisté.

M. Ferrand "écartera enfin les dispositifs aux effets juridiques trop incertains, s’agissant par exemple de proclamer certains droits et libertés pour lesquels la jurisprudence du Conseil constitutionnel offre un cadre mieux identifié et plus protecteur à nos concitoyens".

Le rapporteur général, épaulé par deux co-rapporteurs, le président du groupe Modem Marc Fesneau et la présidente LREM de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet, s'est également projeté "sur la concertation avec nos collègues sénateurs" qui examineront le texte en septembre.

"La difficulté de rapprocher des points de vue, parfois peu conciliables, ne doit pas être sous-estimée: sous la précédente législature, elle a conduit à l’échec de six projets de loi constitutionnelle", a rappelé le député qui en est à son deuxième mandat.

M. Ferrand a reconnu que l'accord du Sénat était indispensable pour faire adopter le projet.

Au terme de l'article 89 de la Constitution, "le bicamérisme égalitaire prévaut: le texte doit être adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées avant que le Congrès ou le peuple français – par référendum – ne se prononce. C’est donc un dialogue constructif que j’entends engager avec nos collègues sénateurs", a-t-il conclu.

Le président de l’Assemblée nationale François de Rugy (LREM) a assuré dans une interview aux Echos mardi avoir, avec le président du Sénat Gérard Larcher (LR), "créé les conditions d’un accord avec la majorité sénatoriale" sur la réforme constitutionnelle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Meeting of Aurore Berge with parliamentary groups ahead of the bill to combat antisemitism
4min

Politique

Antisémitisme : après le retrait de la loi Yadan, vers un projet de loi plus général pour lutter « contre tous les racismes »

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, recevait l’ensemble des groupes parlementaires en vue de l’élaboration d’un projet de loi contre « les formes contemporaines de l’antisémitisme ». Il a été convenu lors de cette réunion d’élargir le texte à la lutte contre toutes les formes de racisme.

Le

Réforme constitutionnelle: Ferrand ne laissera pas « dénaturer » le texte, y compris par la majorité
5min

Politique

« L’adoption de l’IA par nos entreprises est trop lente » : la ministre du numérique alerte sur le risque de décrochage face à la concurrence mondiale

Entendue ce mardi par la délégation aux entreprises du Sénat, Anne Le Hénanff s’est félicitée de la bonne santé de l’écosystème IA français, mais pointe le « retard » des entreprises françaises dans son utilisation. Plaidant pour une forte accélération en la matière, la ministre appelle faire émerger une « troisième voie de l’IA », française et européenne, face aux leaders américains et chinois.

Le