Réforme constitutionnelle: « Il faut écouter le Sénat » , dit Retailleau
Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a appelé mardi l'exécutif à "écouter le Sénat" sur le projet de réforme des...

Réforme constitutionnelle: « Il faut écouter le Sénat » , dit Retailleau

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a appelé mardi l'exécutif à "écouter le Sénat" sur le projet de réforme des...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a appelé mardi l'exécutif à "écouter le Sénat" sur le projet de réforme des institutions, alors qu'Edouard Philippe entame une série de rencontres sur ce chantier.

"Nous avons fait des propositions et à peine a-t-on fait ces propositions qu'on nous objecte l’article 11, la menace du référendum, alors même qu'on ne connaît pas la copie d'Emmanuel Macron", a déclaré M. Retailleau sur France 2.

La voie "privilégiée" pour faire adopter le volet constitutionnel de la réforme est le Parlement (adoption d'un texte identique par les deux assemblées puis une majorité des 3/5e des suffrages du Parlement en Congrès). "Le référendum n'est pas d'actualité" mais "envisageable", dit-on à l'Elysée.

"Il faut attendre la copie d'Emmanuel Macron, (...) qu'un dialogue s’engage, et une révision constitutionnelle, ça touche la loi fondamentale de la France (...) donc il faut toucher ce texte là d'une main tremblante et (...) écouter le Sénat", selon M. Retailleau.

Il a dit ne pas avoir d'"objection contre la baisse du nombre de parlementaires" mais à la condition qu'elle ne se fasse pas "aux dépens de la France rurale".

Il a avancé le chiffre de "20/25%" de parlementaires en moins, qui "permet à la fois de répondre à l'objectif de baisser le nombre de parlementaires, d'augmenter sans doute un certain nombre de moyens pour faire en sorte que le Parlement se renforce, mais sans déshabiller la France périphérique".

A la question de savoir s'il y avait un mépris du chef de l'Etat pour cette France périphérique, l'élu de Vendée a estimé que "c'est le président des grandes métropoles".

Concernant le non-cumul des mandats dans le temps, M. Retailleau a jugé que cette mesure est "un leurre": "pour le Sénat, ça ne concernerait que 12 sénateurs, sur 348", de plus "c'est une réforme qui ne serait appliquée qu'à partir de 2037 ou de 2038".

Quant à l'introduction d'une dose de proportionnelle, "c'est un engagement électoral entre (François) Bayrou (président du MoDem) et Macron", a affirmé M. Retailleau. "On n'est pas obligé nous de payer ces arrangements électoraux".

"Où est l'équilibre entre un hyper président et un Parlement qui continue à s'affaiblir ?", a-t-il interrogé. "Il ne supporte qu’un Parlement le petit doigt sur la couture du pantalon, ce n’est pas ça une révision constitutionnelle, ça doit être un équilibre des forces et (...) des pouvoirs".

"L'Assemblée nationale est devenue une chambre d'enregistrement", a pour sa part dénoncé Damien Abad, vice-président des Républicains, sur Sud Radio. "Avec Emmanuel Macron on a l'impression que c'est comme un conseil d'administration d'une entreprise: que ça aille le plus vite possible, qu'il y ait le moins de débat (...) C'est ce qui est en train de se passer sur la réforme constitutionnelle: si les institutions ne sont pas à la botte du gouvernement, on passera par le référendum. C'est une curieuse façon de voir la démocratie", a-t-il ajouté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Chanteloup-les-Vignes : inter-ministerial meeting on cities
9min

Politique

Elisabeth Borne prend ses distances avec Gabriel Attal : « Non-événement » ou symptôme « des doutes » chez Renaissance avant 2027 ?

En quittant la présidence du Conseil national de Renaissance, Elisabeth Borne marque son « désaccord avec la ligne » de Gabriel Attal et met à mal la future candidature à la présidentielle du patron du parti. Si les proches du secrétaire général minimisent, quelques voix pointent en interne l’excès de « com’ » et « la tendance aux coups médiatiques ». François Patriat, patron des sénateurs Renaissance, prend aussi ses distances : « Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe ».

Le

Réforme constitutionnelle: « Il faut écouter le Sénat » , dit Retailleau
7min

Politique

Droits TV du football : la chaîne Ligue 1+ n’est qu’une « solution par défaut », reconnaît Nicolas de Tavernost

Interrogé au Sénat ce mercredi, le patron de la filiale média de la Ligue de football professionnelle (LFP), Nicolas de Tavernost, n’a pas caché les limites de la chaîne Ligue1 +, montée dans l’urgence par la ligue, pour le financement des clubs français. Il a été longuement interrogé sur son départ en fin de saison, perçu par plusieurs sénateurs comme la conséquence des conflits d’intérêts au sommet du football français.

Le

Réforme constitutionnelle: « Il faut écouter le Sénat » , dit Retailleau
3min

Politique

Banquets du Canon français : « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public », assure Laurent Nunez qui reste toutefois « vigilant »

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a été interpellé par le sénateur (PS) du Finistère, Jean-Luc Fichet sur la campagne de haine dont a été victime la maire de Quimper pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français, une organisation financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Sterin. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble » a dénoncé le ministre.

Le