Réforme de l’apprentissage : les sénateurs restent vigilants
Les 18ème Rencontres sénatoriales de l’apprentissage ont eu lieu ce lundi, au Palais du Luxembourg. Co-organisées par la chambre de métiers et de l’artisanat et le Sénat, ces rencontres se sont déroulées sur fond de réformes de l’apprentissage. L’occasion pour les sénateurs de faire le point. Ils s’inquiètent de la réforme du financement du futur dispositif.

Réforme de l’apprentissage : les sénateurs restent vigilants

Les 18ème Rencontres sénatoriales de l’apprentissage ont eu lieu ce lundi, au Palais du Luxembourg. Co-organisées par la chambre de métiers et de l’artisanat et le Sénat, ces rencontres se sont déroulées sur fond de réformes de l’apprentissage. L’occasion pour les sénateurs de faire le point. Ils s’inquiètent de la réforme du financement du futur dispositif.
Public Sénat

Par Maud Larivière

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Limite d’âge repoussée, aide au permis de conduire, fusionnement des aides. Autant de propositions qui font partie des 28 mesures de la réforme de l’apprentissage annoncée par le gouvernement. L’objectif d’Emmanuel Macron est de « faciliter en profondeur l’insertion professionnelle des jeunes et transformer notre économie ». Le projet de loi doit être débattu à l’Assemblé nationale ce mois-ci et débattu au Sénat en juin. Le gouvernement espère une adoption définitive avant l’été pour une entrée en vigueur en janvier 2019.

Aujourd’hui la France compte 400 000 apprentis, soit seulement 7 % des jeunes de 16 à 25 ans. L’objectif de la réforme est aussi d’augmenter singulièrement ce chiffre. Sur ces ambitions, les sénateurs sont unanimes : c’est une bonne chose.

« Plus on parle de l’apprentissage mieux c’est » déclare Sophie Primas, sénatrice LR des Yvelines, avant de préciser : « C’est le fer de lance de la formation (…) et il faut que l’apprentissage reprenne ses lettres de noblesse ». Gérard Larcher, président du Sénat, précise que « 40% des apprentissages sont  liés à l’artisanat (…) à des femmes et des hommes qui font vivre le territoire dans sa diversité ».

Financement de l’apprentissage : l’inquiétude des sénateurs

Le financement de l’apprentissage reste un point qui divise. Le futur dispositif remet à plat les actuels équilibres financiers et pose le principe « contribution alternance ». Celle-ci d’un montant de l’ordre de 4 milliards d’euros remplacerait entre autre la taxe d‘apprentissage et aurait des répercussions non négligeables sur le poids des régions dans la gestion des dispositifs d’apprentissage. Les revenus perçus par ces dernières se verraient érodés. Elles recevront environ 250 millions d’euros issus de la « cotisation alternance » et 180 millions d'euros de la TIPCE (la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).

Sans grande surprise, les sénateurs ont réaffirmé leur attachement aux territoires et à l’importance des régions dans la gestion de cette filière. Sophie Primas exprime son inquiétude à ce que la réforme « exclue » en partie les territoires et appelle au partage du pilotage entre les territoires, les entreprises et l’Etat. « Les régions sont très mécontentes » s’exclame-t-elle. Catherine Morin-Desailly, sénatrice du groupe Union-centriste, considère que compte tenu des nouveaux équilibres financiers, les régions ne sont plus en position de garder leur leadership. « Il y aurait un risque assez fort d’un déséquilibre au sein même des régions » selon-elle. Plus sévère encore, la sénatrice socialiste du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian, estime que les réformes proposées par le gouvernement vont à « contre-courant » de ce qu’il faudrait faire. Pour elle, une « privatisation de l’apprentissage» serait à craindre, ce qui laisserait place à « un système où ce sont les branches qui vont décider, alors qu’elles ne connaissent pas bien le territoire ».

Réforme de l’apprentissage : les sénateurs restent vigilants
00:39

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le

Epstein Library – Photo Illustration
3min

Politique

Affaire Epstein : les victimes du « rabatteur » français Jean-Luc Brunel continuent leur combat devant la justice

La publication de 3 millions de documents concernant Jeffrey Epstein, par le ministère américain de la justice, a confirmé la dimension planétaire de cette affaire de crimes sexuels. Depuis plusieurs années déjà, des victimes de l’ancien agent de mannequin, le Français, Jean-Luc Brunel, considéré comme un « rabatteur » de Jeffrey Epstein, demandent réparation. Certaines d’entre elles étaient présentes au Sénat en 2021 pour une table ronde sur les victimes de violences sexuelles dans le milieu de la mode.

Le