Réforme de l’assurance chômage : « Il faut repartir d’une feuille blanche », demande Laurent Berger
Invité d’Audition publique ce 14 décembre, le secrétaire général de la CFDT a répété que la réforme de l’assurance chômage, suspendue par la crise du Covid-19, était « injuste et inadaptée », et qu’il fallait repartir de zéro.

Réforme de l’assurance chômage : « Il faut repartir d’une feuille blanche », demande Laurent Berger

Invité d’Audition publique ce 14 décembre, le secrétaire général de la CFDT a répété que la réforme de l’assurance chômage, suspendue par la crise du Covid-19, était « injuste et inadaptée », et qu’il fallait repartir de zéro.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Elle était née dans la douleur l’an dernier après l’absence d’un consensus entre partenaires sociaux, rendu difficile par un cadre de négociation très strict, imposé par le gouvernement. La réforme de l’assurance chômage est suspendue dans son application, depuis l’irruption de la crise sanitaire. Mais jusqu’à quand ? En janvier, le gouvernement, les organisations syndicales et les organisations patronales doivent se retrouver autour d’une même table pour un nouveau cycle de concertations. Critiquant la philosophie de la réforme, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a demandé au gouvernement de « repartir d’une feuille blanche ». « L’intelligence, c’est de s’adapter à la réalité », a-t-il expliqué ce 14 décembre, dans l’émission Audition publique, sur Public Sénat et LCP-AN en partenariat avec Le Figaro Live.

Le leader syndical estime que le contexte a profondément changé depuis les premières discussions sur cette réforme, dont les dispositions prises par décret devaient entrer en application de manière progressive. « Cette réforme, lorsqu’elle est apparue en 2019, la CFDT avait été extrêmement claire. Elle disait que c’était une réforme injuste. Aujourd’hui, je dis que c’était une réforme injuste et inadaptée », a insisté Laurent Berger. Seuil de rechargement des droits, bonus-malus en fonction du recours au CDD, réforme du mode de calcul de l’indemnisation pénalisant les personnes alternant les contrats courts et périodes d’inactivité, dégressivité progressive des allocations pour les plus hauts salaires : la réforme prévoyait de nombreuses pistes d’économies pour améliorer les comptes de l’Unédic et inciter au retour à l’emploi.

La dégradation brutale du marché de l’emploi, avec la crise économique et l’arrêt forcé de pans entiers de l’économie auront raison de la réforme, selon lui, face à l’envolée attendue du taux de chômage. « On va être à 10 % – et je n’espère pas plus – dans les mois à venir », a redouté Laurent Berger. « Il est hors de question d’avoir une logique de réforme d’assurance chômage qui soit totalement punitive pour les demandeurs d’emploi, qui laisse croire qu’ils profiteraient du système », s’est-il indigné.

« Pas de voie de passage » pour relancer la réforme des retraites

A l’approche des rendez-vous de janvier, la CFDT veut notamment « empêcher le gouvernement de faire un certain nombre de projets sur la table », comme le retour de l’allongement de 4 à 6 mois de la période minimale d’emploi sur les deux dernières années pour prétendre à une allocation.

Quant à la réforme des retraites, engagée au Parlement avant le premier confinement, Laurent Berger n’envisage pas un seul instant son retour dans l’agenda social et politique. « Clairement, il n’y a pas de voie de passage pour le faire », a-t-il observé. Le temps manque, et surtout, la conjonction des crises – sanitaires, économiques et sociales – rendrait le débat totalement impossible. « Si on veut mettre le feu, on fait une réforme paramétrique des retraites », a-t-il mis en garde.

Partager cet article

Dans la même thématique

Réforme de l’assurance chômage : « Il faut repartir d’une feuille blanche », demande Laurent Berger
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Réforme de l’assurance chômage : « Il faut repartir d’une feuille blanche », demande Laurent Berger
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le