Réforme de l’audiovisuel public : pas d’entreprise unique « à ce stade », affirme Nyssen au Sénat
La ministre de la Culture a indiqué au cours d’un débat avec les sénateurs sur la réforme de l’audiovisuel public que l’option d’une « nouvelle entreprise unique » n’était, « à ce stade », « pas privilégiée ». Dans sa réflexion, elle entend faire des propositions d’André Gattolin une « base de travail ».

Réforme de l’audiovisuel public : pas d’entreprise unique « à ce stade », affirme Nyssen au Sénat

La ministre de la Culture a indiqué au cours d’un débat avec les sénateurs sur la réforme de l’audiovisuel public que l’option d’une « nouvelle entreprise unique » n’était, « à ce stade », « pas privilégiée ». Dans sa réflexion, elle entend faire des propositions d’André Gattolin une « base de travail ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le chantier de la gouvernance sera l’un des enjeux de la grande réforme de l’audiovisuel public que le gouvernement doit présenter d’ici la fin de l’année 2018. Au cours d’une séance de questions-réponses avec les sénateurs, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a affirmé que l’hypothèse d’une entreprise unique regroupant toutes les sociétés de l’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA) n’était pas privilégiée « à ce stade » dans les réflexions du gouvernement.

Si Emmanuel Macron avait parlé pendant sa campagne de « rapprocher » les différentes sociétés du secteur, un document du ministère de la Culture, qui avait fuité au mois de novembre, avait mis sur la table la création d’une holding, prélude à une sorte de BBC à la française. « À ce stade, nous ne privilégions pas le Meccano institutionnel consistant à créer une nouvelle entreprise unique. Nous préférons des méthodes souples d'organisation qui favorisent la mise en œuvre rapide des réformes », a assuré François Nyssen, lundi soir au Sénat.

Le renforcement de la coordination, « une volonté claire »

Cette idée d’une structure unique reçoit en tout cas les faveurs de la commission de la Culture. Selon sa présidente, Catherine Morin-Desailly (Union centriste), elle permettrait de faciliter la « coordination des moyens » et le « développement d’une offre nouvelle ». « Nous n’avons jamais proposé de fusion », a toutefois voulu clarifier la sénatrice de la Seine-Maritime.

Évoquant des exemples « inspirants » en Europe, la ministre a, en revanche, confirmé que le « renforcement de la coordination » entre les différentes sociétés était une « volonté claire » du gouvernement.

Quant à la « distinction entre une présidence non exécutive et des directions générales », il s’agit d’une « option parmi d’autres », selon la ministre.

La proposition de loi, déposée par le sénateur (LREM), André Gattolin, servira de « base de travail » au gouvernement, a précisé Françoise Nyssen, tout en ajoutant qu’elle serait « complétée par d’autres propositions ». Le texte du sénateur des Hauts-de-Seine propose notamment la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public par les différents conseils d’administration, et non plus par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Cette réforme offrirait aux dirigeants « une grande assise managériale », selon l’avis de la ministre, mais « impliquerait de revoir la composition des conseils d’administration ». Ils sont actuellement formés de représentants du CSA et de l’État pour l’essentiel, mais aussi de représentants des deux chambres parlementaires et du personnel.

Interrogée par Roger Karoutchi (LR) sur la place du CSA – à la fois « juge et partie », selon lui – dans le processus de nomination des dirigeants, Françoise Nyssen a répondu que le « rôle de régulateur » de l’instance était « au centre de ses missions ».

« Pas de retour de la publicité après 20 heures sur France Télévisions »

Sur la question du financement, la ministre est restée sur la même position que lors des débats sur le projet de loi de finances 2018. « Il n’y aura pas de retour de la publicité après 20 heures sur France Télévisions, c’est un élément fort de distinction du service public », a insisté Françoise Nyssen.

Redevance audiovisuelle : « Nous aborderons la question sans tabou », déclare Françoise Nyssen
00:39

Une chose est sûre, le gouvernement veut ouvrir un débat, « sans tabou », sur l’avenir sur de la redevance.  « L’évolution des usages pose la question du rendement et de l’équité entre contribuables », a indiqué Françoise Nyssen. Depuis plusieurs années, la part des ordinateurs et des supports mobiles (smartphones et tablettes) a en effet progressé dans le visionnage des programmes, au détriment de l’utilisation du téléviseur.

« L’audiovisuel public est la fierté des Français », a également souligné la ministre, en réponse à David Assouline. Le sénateur (PS) lui avait demandé si elle considérait que le service public audiovisuel était « une honte de la République ». Une référence aux propos chocs attribués à Emmanuel Macron par l’hebdomadaire l’Express début décembre.

« L’audiovisuel public est la fierté des Français »
03:47

Indiquant avoir écouté les différents acteurs du secteur depuis juillet, Françoise Nyssen a rappelé que le gouvernement ferait des propositions « fin mars » et qu’un « débat public » s’organisera dans la foulée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le