Réforme de l’Etat: Philippe prépare son projet de réorganisation de l’administration
Des services transférés en région, chasse aux "doublons", suppression ou fusion des structures administratives de moins de 100...

Réforme de l’Etat: Philippe prépare son projet de réorganisation de l’administration

Des services transférés en région, chasse aux "doublons", suppression ou fusion des structures administratives de moins de 100...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des services transférés en région, chasse aux "doublons", suppression ou fusion des structures administratives de moins de 100 personnes... L'exécutif prépare une série de mesures de réorganisation de l'administration d'Etat, selon deux projets de circulaires du Premier ministre, Edouard Philippe, dont l'AFP a obtenu copie mardi.

Ces "documents de travail" - l'un destiné aux membres du gouvernement, l'autre aux préfets - n'ont pas encore été envoyés, a souligné Matignon à l'AFP. Ils visent pour l'essentiel à finaliser des mesures pour la mi-juin.

Selon ces lettres, le gouvernement veut notamment s'attaquer au nombre trop élevé des diverses structures de l'administration centrale (les sièges des grandes administrations, généralement basés à Paris), en l'occurrence les quelque 1.200 opérateurs et agences dépendant des ministères.

"La multiplicité de ces structures, qui comptent pour certaines un très faible nombre d'agents, nuit à la lisibilité et à la cohérence des missions des administrations centrales", écrit Edouard Philippe, qui vise notamment les structures de moins de 100 emplois équivalent temps-plein.

Il demande à ses ministres de lui présenter des propositions de suppression ou de fusion de ces petits organismes divers "pour le 15 juin".

Autre mesure préparée par Matignon: des "délocalisations" d'administrations depuis la région parisienne vers les régions et les petites villes, une piste que le gouvernement avait accélérée du fait de la crise des "gilets jaunes" et ses nombreuses alarmes sur la fracture territoriale.

Les ministres doivent identifier, là aussi pour mi-juin, deux "propositions de délocalisation de services, agences, opérateurs ou direction support dont les missions pourraient être exercées en région". Ils sont par ailleurs appelés "au traitement des nombreux cas de doublons qui subsistent", notamment au sommet des administrations.

Ces mesures seraient accompagnées d'une injonction d'un maximum de "déconcentration", et plus précisément de mettre un maximum de fonctionnaires des administrations d'Etat "au niveau départemental", voire infra-départemental, "afin de renforcer les marges de manoeuvre d'agents de terrain".

- "Administration formidable" -

Edouard Philippe appelle aussi ses ministres à limiter les arbitrages remontant à Matignon, ainsi qu'à réduire le nombre de circulaires émises par l'administration (1.300 en 2018), une communication interne jugée largement obsolète.

Le Premier ministre demande également aux préfets un travail pour "désenchevêtrer" les missions de l'Etat et celles des collectivités locales. Quatre domaines sont prioritaires: développement économique, urbanisme, famille et enfance, culture.

Le gouvernement veut notamment faire émerger "un véritable service public de l'insertion", où l'Etat "réaffirme" son rôle en matière d'hébergement d'urgence, de logement, d'accueil des migrants ou de politique de la ville.

Mardi, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Edouard Philippe a défendu "une transformation effective des modes d'action de l'État" pour que "les décisions soient, beaucoup plus qu'aujourd'hui et beaucoup plus qu'avant, prises au bon échelon, (qui est) l'échelon local", en promettant qu"à partir de 2020, 95% des décisions administratives individuelles seront prises localement, sans être jamais évoquées à l'échelon central".

"Nous avons une administration formidable, je la défendrai toujours", s'est encore félicité Edouard Philippe.

"Mais je regrette qu'elle passe parfois autant de temps à produire des normes générales (...) toujours motivée par un souci d'atteindre l'intérêt général, mais qui ne sont pas toujours utiles, qui sont souvent trop compliquées", a-t-il déploré, disant vouloir "faire en sorte que la production normative de l'État soit réduite".

Les syndicats de fonctionnaires ont exprimé leur mécontentement unanime devant ce projet "qui ne vise, encore une fois, qu'à nous dire que ça coûte trop cher mais qu'on doit faire plus efficace avec moins de moyens"(CGT) et "supprime de but en blanc (des postes) pour satisfaire au diktat budgétaire" (Solidaires).

"Les agents ne sont pas rétifs au changement, encore faut-il qu'il soit co-construit et non imposé unilatéralement", a regretté la CFDT, tandis que pour FO "il annonce très précisément le regroupement des services déconcentrés de l'Etat au niveau départemental sous la tutelle des préfets ainsi que la création de +Maison France Service+ issue du grand débat".

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le