Réforme de la fonction publique : le ministre Guerini « favorable » à la suppression des catégories A, B et C

Le ministre de la Fonction publique poursuit les discussions en vue d’une réforme de la fonction publique, avec un objectif en tête : flexibiliser le secteur afin de le rendre plus attractif.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Rendre la fonction publique plus attractive, telle est l’ambition affichée par le ministre Stanislas Guerini, tandis que de nombreux secteurs rencontrent des difficultés pour recruter. En 2021, plus d’un tiers des employeurs territoriaux (39%) éprouvaient des difficultés à attirer des candidats, notamment en raison des salaires peu attractifs et de profils de candidats non adaptés. Pour lutter contre ce problème ancien et persistant, le ministre de la Fonction publique souhaite transformer le statut des fonctionnaires, via une réforme. « Si on veut garder un statut qui distingue la fonction publique du privé, il faut avoir le courage de le moderniser », plaide Stanislas Guerini. Le gouvernement et les syndicats d’agents publics ont commencé jeudi 2 mai à négocier autour des conditions de travail, la conclusion d’un premier accord étant espérée d’ici l’été. Ce premier round de discussions a abouti à un « consensus » sur trois axes de négociation, affirme le ministère: « Le temps et l’organisation du travail, les collectifs de travail et relations professionnelles et l’impact des grandes transitions environnementale et numérique sur l’organisation du travail ». C’est ainsi que la répartition des fonctionnaires entre catégories A, B et C pourrait être remise en cause. « C’est un sujet que je mets sur la table », explique mardi Stanislas Guerini, qui déplore que « les catégories enferment les agents publics ». « Il faut qu’on puisse casser les plafonds de verre », insiste le ministre, qui souhaite « introduire davantage l’idée de métier et de compétences » afin que les fonctionnaires puissent « évoluer plus rapidement et plus facilement » et donc que les différents métiers de fonctionnaires soient plus attractifs. 

Licenciements et flexibilité

Mais parmi les modifications que Stanislas Guerini compte apporter au statut de fonctionnaire figure la facilitation du licenciement des fonctionnaires pour « insuffisance professionnelle ». En visant le « tabou du licenciement », le Ministre ne s’attaque-t-il pas là à l’un des principaux facteurs d’attractivité de la fonction publique ? « J’assume totalement ce que j’ai dit là-dessus », maintient mardi Stanislas Guerini, convaincu que c’est davantage de flexibilité qui rendra son attractivité à la fonction publique. « Je pense qu’il faut pouvoir entrer, être promu, et sortir plus facilement de la fonction publique », explique le ministre de la Fonction publique. Un projet risqué, à quelques mois des Jeux olympiques à Paris : à la suite des déclarations du ministre début avril, la CGT ou encore FO ont déposé un préavis de grève pour toute la période des Jeux. « Le statut n’a jamais dit qu’on ne pouvait pas licencier un agent qui ne faisait pas son travail », tempère toutefois Stanislas Guerini, pour qui « les agents publics que je vois sur le terrain ne sont pas du tout choqués par ces propos-là ». Stanislas Guerini l’assure, les syndicats « participent à l’ensemble des concertations ». Le gouvernement espère signer d’ici l’été un « accord de méthode » avec les syndicats, qui détaillera le déroulement des négociations et les sujets qui seront abordés. Les discussions de fond démarreront dans la foulée, certaines mesures issues de la négociation ayant vocation à être incluses dans le projet de loi pour « l’efficacité de la fonction publique » que prépare le ministère pour l’automne.

 

Suppression de nombreux CERFA

Au-delà de cette réforme, le ministère de la fonction publique poursuit son effort pour simplifier l’administration. « On a simplifié beaucoup de choses », assure Stanislas Guerini, « notamment sur le droit à l’erreur. Ça a changé la vie d’un certain nombre de nos concitoyens ».

« Il y a encore du boulot, on va continuer ». « On va notamment supprimer un certain nombre de CERFA. 1800 CERFA sont concernés, ce sont des centaines de milliers d’actes administratifs que l’on va supprimer ou totalement simplifier », se félicite Stanislas Guerini, assurant que « toutes les actions que l’on peut mener en termes de simplification, c’est une pièce du puzzle de la compétitivité du pays ».

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
12min

Politique

Municipales : les sondages sont-ils fiables ?

Faut-il se méfier des sondages pour les municipales ? Durant la campagne, la question s’est posée après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le

Réforme de la fonction publique : le ministre Guerini « favorable » à la suppression des catégories A, B et C
5min

Politique

« Certains souhaitaient la fusion, d’autres non » : à Paris, le camp de Pierre-Yves Bournazel divisé sur le choix de rejoindre Rachida Dati au second tour

La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.

Le