Réforme de la SNCF: le Sénat modifie le projet de loi en commission
Le Sénat a modifié de façon "substantielle" mercredi en commission le projet de loi sur la réforme de la SNCF, en particulier en...

Réforme de la SNCF: le Sénat modifie le projet de loi en commission

Le Sénat a modifié de façon "substantielle" mercredi en commission le projet de loi sur la réforme de la SNCF, en particulier en...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a modifié de façon "substantielle" mercredi en commission le projet de loi sur la réforme de la SNCF, en particulier en renforçant les garanties offertes aux salariés en cas de transfert à la concurrence.

"Favorable au principe d’une réforme du système ferroviaire et à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs", la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable "a renforcé le texte dans quatre directions" en lui apportant "des modifications substantielles", indique-t-elle dans un communiqué.

Pour le rapporteur Gérard Cornu (LR), "l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs suscite les inquiétudes légitimes des salariés de SNCF Mobilités (..) que l’examen du texte à l’Assemblée nationale n’a pas permis de lever". La commission a donc prévu de favoriser le volontariat des salariés transférés à de nouveaux opérateurs. Elle a également permis, pendant une période déterminée, aux salariés réembauchés au sein du groupe public ferroviaire de bénéficier à nouveau du statut.

La commission a aussi voulu préserver les dessertes TGV utiles à l'aménagement du territoire. "La responsabilité du maintien des dessertes directes des villes moyennes ne saurait peser sur les seules régions, en l’absence de financements spécifiques. Or rien ne garantit que l’État compte s’engager dans cette voie, alors qu’il vient tout juste de transférer une grande partie des services Intercités aux régions", a souligné son président Hervé Maurey (UC). Citant le gouvernement, lui et M. Cornu ont relevé qu'une desserte TGV sur six serait menacée de disparition après la mise en œuvre du dispositif de modulation des péages prévu par le texte.

La commission a donc réintroduit le dispositif d'une proposition de loi sénatoriale adoptée par la Haute Assemblée le 29 mars. Il prévoit la conclusion par l’État de contrats de service public pour répondre aux besoins d’aménagement du territoire et préserver des dessertes directes sans correspondance.

Elle a aussi souhaité transformer Gares et Connexions en filiale de SNCF Réseau tout en assurant son autonomie financière, "afin de garantir le maintien de l’investissement dans la modernisation des gares". Elle a également sécurisé la mise en œuvre de certaines dérogations à la concurrence en prévoyant un avis conforme de l’Arafer.

Par ailleurs, la commission a adopté un dispositif favorisant la création d’un groupement d’intérêt public visant à coordonner les actions pour renforcer la sécurité du système de transport ferroviaire.

La ministre des Transports Elisabeth Borne s'est félicitée de l'adoption du projet de loi en commission, "nouvelle étape de la réforme".

"La droite sénatoriale en harmonie avec Emmanuel Macron pour liquider la SNCF", ont accusé les sénateurs du groupe CRCE, à majorité communiste.

"Ce dont la droite a toujours rêvé, soumettre totalement au joug libéral la SNCF, point de résistance important à la terrible pression de la mondialisation financière, Emmanuel Macron et son gouvernement le font, alors qu’aucun mandat ne leur a été confié par notre peuple en ce sens", ont-ils poursuivi dans un communiqué.

L'examen du texte, adopté le 17 avril en première lecture à l'Assemblée, débutera en séance publique mardi prochain au Sénat. Il fera l'objet d'un vote solennel le 5 juin.

Partager cet article

Dans la même thématique

Réforme de la SNCF: le Sénat modifie le projet de loi en commission
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Réforme de la SNCF: le Sénat modifie le projet de loi en commission
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le