Réforme des retraites à l’Assemblée : « La France insoumise se veut dans l’opposition, mais est en réalité le principal allié du gouvernement »
Des invectives, des altercations, des provocations… et des milliers d’amendements : 13 000 sur les 20 000 déposés au total. Que dire de la stratégie de la France insoumise sur les bancs de l’hémicycle ? Et à qui profite-t-elle ? Pour le consultant en communication Emmanuel Voguet, l’attitude des Insoumis, en réalité, bénéficie surtout au gouvernement.

Réforme des retraites à l’Assemblée : « La France insoumise se veut dans l’opposition, mais est en réalité le principal allié du gouvernement »

Des invectives, des altercations, des provocations… et des milliers d’amendements : 13 000 sur les 20 000 déposés au total. Que dire de la stratégie de la France insoumise sur les bancs de l’hémicycle ? Et à qui profite-t-elle ? Pour le consultant en communication Emmanuel Voguet, l’attitude des Insoumis, en réalité, bénéficie surtout au gouvernement.
Public Sénat

Par Guillemette Halard

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« Ce qui est marquant, c’est la manière dont LFI aura été le principal soutien du gouvernement dans cette affaire, analyse-t-il. Car avec cette attitude-là, on ne débat de rien, on ne débat pas du fond, on ne débat pas de ce qu’il y a ou de ce qu’il n’y a pas, ni de la vacuité de ce projet, qui est mal ficelé depuis le départ. Et donc LFI, qui veut se présenter comme la principale force d’opposition au gouvernement, est son principal allié dans cette histoire. » « Il y a un intérêt réciproque, c’est un jeu parlementaire, renchérit Sophie de Ravinel, car je pense que le gouvernement n’était pas convaincu de l’utilité de débattre à l’Assemblée nationale de l’article 7, sur l’âge de départ à la retraite. »

« Avec leur attitude, ils ont fait passer Marine Le Pen pour une oie blanche »

Mais c’est aussi le Rassemblement national qui tire profit de ce climat de désordre, estime Emmanuel Voguet. « Avec leur attitude, ils font passer Marine Le Pen pour une oie blanche, observe-t-il. Ça profite au RN, et on le verra dès l’année prochaine lors des élections européennes qui sont des élections porteuses pour ce parti ». Une analyse partagée par l’historien Christophe Bourseiller : « Le RN est dans une dynamique qui peut le mener au pouvoir - à moins que d’ici 2027 se dressent des candidats sérieux qui peuvent le contrecarrer », conclut-il.

Retrouvez l’émission « Et maintenant ! » ce samedi 18 février à 19h puis en replay sur notre site internet.

Partager cet article

Dans la même thématique

Réforme des retraites à l’Assemblée : « La France insoumise se veut dans l’opposition, mais est en réalité le principal allié du gouvernement »
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le