Politique
A l’initiative du groupe écologiste, le Sénat a adopté cet après-midi une proposition de résolution destiné à interdire l’importation en Europe de produits issus du travail forcé de la population ouïghoure en Chine.
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Par Romain David
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La Nouvelle union populaire écologique et socialiste (Nupes) a annoncé avoir retiré 1 000 amendements sur la réforme des retraites, alors que les débats à l’Assemblée nationale s’enlisent depuis une semaine sur l’article 2. Malgré tout, les chances de voir l’examen du texte aboutir avant la fin de la semaine, ni même de parvenir jusqu’au fameux article 7 qui repousse l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, restent particulièrement minces. Une adoption du texte sans vote sur l’allongement de la durée du travail pourrait faire les affaires de certains. Notamment des Républicains, dont les députés se déchirent depuis plusieurs semaines sur ce point de la réforme. « Oui, sans doute, puisque nous sommes divisés sur le fond », a admis Julien Aubert, le vice-président du parti, ce mardi 14 février au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat.
« Il y a des personnes mal à l’aise, par rapport à ce report d’âge. Moi, je souhaite qu’il y ait un vote, parce que quand on est parlementaire, on vote en son âme et conscience. On représente la Nation et pas seulement son parti. Il est important de voir si le Parlement de ce pays peut avoir une majorité sur cette question cruciale », explique-t-il. Si Julien Aubert pense qu’une majorité de Républicains soutiendra la réforme – à condition que les discussions en séance publique parviennent jusqu’au vote – il prédit une division du groupe en deux blocs. « Je pense qu’une moitié des députés va voter l’article 7, et l’autre moitié se répartir entre abstentions et contre. À mon avis, certains voteront d’autant plus contre cet article qu’ils seront amenés à s’abstenir sur le vote final. Ils seront contre le report de l’âge et manifesteront ainsi leur opposition à l’essence de la réforme, mais ne s’opposeront pas à la réforme telle quelle. On aura ainsi une espèce de cote mal taillée pour montrer que l’on est à la fois fidèle à la position du parti, et en même temps fidèle à ses idées. »
Les divisions de la droite sur ce texte se sont cristallisées autour du député du Lot Aurélien Pradié, nommé premier vice-président exécutif du parti après le congrès de décembre. D’abord fermement opposé à un décalage de l’âge de départ, l’élu conditionne désormais son vote à un élargissement du dispositif pour les carrières longues. Un bureau politique était prévu ce mardi matin, au siège des LR, rue de Vaugirard, pour tenter de dégager une position commune. « Aurélien Pradié participe à l’affaiblissement des LR », estime Julien Aubert. « Nous sommes aujourd’hui la Saint-Valentin, notre parti politique a donné beaucoup d’amour à Aurélien Pradié. On peut même dire qu’il en a été l’enfant chéri. Il ne doit pas en devenir l’enfant gâté », raille encore notre invité.
« Quand vous êtes premier vice-président d’une famille politique, vous avez un devoir de responsabilité. Je n’ai jamais transigé avec mes convictions en tant que député, mais si vous acceptez une responsabilité d’un parti, ce n’est plus le député que l’on écoute, mais le premier vice-président exécutif », martèle Julien Aubert. « Qu’est-ce que l’on donne comme image si, sur la première décision du président Éric Ciotti, qui correspond à la ligne du Sénat et d’une bonne partie du groupe à l’Assemblée nationale, le premier lieutenant dit qu’il n’est pas d’accord et fait campagne à côté ? »
Lui-même ancien député (Vaucluse), Julien Aubert appelle désormais Aurélien Pradié à « modérer son expression orale extérieure et à laisser les représentants des groupes parlementaires et le président du parti négocier cette réforme ». Et de rappeler : « Il y a un président de parti, et ça n’est pas lui. »
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