Réforme des retraites : « Comment entendez-vous gouverner après avoir méprisé les corps intermédiaires ? »
La sénatrice socialiste Annie Le Houérou a interpellé le gouvernement au sujet de la réforme de retraites. Attaquant l’exécutif sur sa surdité face à la mobilisation, la sénatrice a fustigé « l’arrogance du gouvernement ». Olivier Véran lui a répliqué vertement.  

Réforme des retraites : « Comment entendez-vous gouverner après avoir méprisé les corps intermédiaires ? »

La sénatrice socialiste Annie Le Houérou a interpellé le gouvernement au sujet de la réforme de retraites. Attaquant l’exécutif sur sa surdité face à la mobilisation, la sénatrice a fustigé « l’arrogance du gouvernement ». Olivier Véran lui a répliqué vertement.  
Lauriane Nembrot

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« Après onze journées de très fortes mobilisations, le président reste sourd et comme lui, le gouvernement prend une attitude arrogante ». C’est en ces termes que la sénatrice des Côtes-d’Armor a harangué le gouvernement lors de la session de questions d’actualité au Sénat mercredi 12 avril.

Annie Le Houérou, membre du groupe socialiste, dénonce notamment la décision prise par la Première ministre Élisabeth Borne d’appliquer l’article 49.3 afin de faire passer le projet de loi de réforme des retraites sans le soumettre à un vote à l’Assemblée nationale comme le prévoit la Constitution.

« Votre autosatisfaction démontre combien vous êtes déconnectés des réalités de nos concitoyens. Vous méprisez l’intersyndicale unie contre cette réforme. Vous méprisez l’opposition parlementaire, celle du Sénat, en ayant utilisé tous les artifices pour brider le débat. Vous méprisez les millions de Françaises et de Français qui manifestent leur opposition depuis des mois dans la rue », a aussi déclaré la sénatrice.

Les conditions du débat nous ont poussées à recourir à la fin du chemin démocratique, à un 49.3.

Le conseil Constitutionnel doit se prononcer

« Madame Le Houérou, nous avons siégé ensemble sur les bancs socialistes de l’Assemblée. Lorsqu’il a fallu réformer les retraites en 2014, vous étiez là et j’étais là pour voter la réforme », rappelle de son côté le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, qui était au PS avant de rejoindre Emmanuel Macron.

Pour lui, le bien-fondé de la réforme des retraites se justifie par « la réalité de l’allongement de l’espérance de vie qui dure depuis dix ans ». « Les conditions du débat nous ont poussées à recourir à la fin du chemin démocratique, à un 49.3 », a conclu Olivier Véran.

Si le projet de loi a donc été adopté sans vote, il n’est pas encore entré en vigueur. La décision sur une validation totale ou partielle du texte par le conseil constitutionnel sera connue ce vendredi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le