Le Premier ministre, Edouard Philippe, a laissé ouverte mardi la possibilité de recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote le projet de réforme des retraites, dont 70 heures de débat n'ont permis d'adopter jusqu'à présent que le premier des 65 articles.
"Lorsqu'il faut prendre ses responsabilités, je le fais sans hésiter et j'utilise toute la Constitution, rien que la Constitution, mais bien toute la Constitution", a fait valoir lors des questions d'actualité le chef du gouvernement, selon qui "il appartient à l'Assemblée nationale elle-même de faire vivre ce débat". "Mais à partir d'un certain moment, il faut être clair: nous nous sommes engagés sur ce système universel de retraite par répartition et par points et l'engagement du gouvernement, le fait majoritaire, ça existe", a-t-il ajouté.
Le recours à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution, qui nécessite un feu vert du Conseil des ministres, permet au Premier ministre d'engager sa responsabilité sur un texte de loi, et de le faire ainsi adopter sans vote du Parlement (hors mention de censure).
"Mon ambition, c'est évidemment de faire en sorte que le débat ait lieu, qu'il soit le plus sérieux, le plus approfondi, le plus intelligent possible pour qu'il ait justement sa fonction éminente qui revient au Parlement, c'est-à-dire de faire la loi", a fait valoir Edouard Philippe.
"Mais si ça n'est pas possible, si au bout de très nombreuses heures de débat, nous constatons que ça n'est pas possible, alors la Constitution autorise, le cas échéant, le Premier ministre à utiliser un article: le 49.3", a encore détaillé le chef du gouvernement, en rappelant que plusieurs de ses prédécesseurs de droite, notamment Édouard Balladur et Jean-Pierre Raffarin, y avaient en leur temps eu recours.
Dans la matinée, le Premier ministre avait déjà demandé aux députés LREM de "tenir encore" face à "l'obstruction" de la gauche de la gauche sur la réforme des retraites, tout en assurant que si besoin, il prendrait ses "responsabilités" en recourant au 49.3, selon des propos rapportés.
"Notre objectif" est d'"adopter la réforme avant l’été", avait-il encore rappelé, soulignant qu'à cette fin, une adoption en première lecture est nécessaire en mars à l'Assemblée nationale.
Plusieurs "marcheurs" se sont félicités de cette position d'attente, alors que certains poussaient au gouvernement pour un 49.3 rapide il y a quelques jours. "Nous avons trois semaines de débats dont on peut pleinement profiter et on a de quoi tenir la route", a déclaré l'un d'eux à l'AFP.
Explication du mécanisme du 49-3 et de la motion de censure qui permet au gouvernement d'adopter un projet de loi sans vote
AFP
Dans un communiqué, les députés MoDem se sont dits "prêts à apporter (leur) soutien au gouvernement s'il décide d’utiliser le 49.3, seule porte de sortie possible à ce blocage inconsidéré et dangereux pour notre démocratie".
Mais le texte soumis "doit incontestablement être enrichi des avancées déjà discutées entre les partenaires sociaux et le gouvernement" et d'amendements des députés, préviennent-ils.
A la sortie du Conseil des ministres, Sébastien Lecornu a officiellement annoncé le recours au 49.3 pour faire passer le budget. Dès demain à l’Assemblée, le Premier ministre engagera la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du projet de loi de finances.
Après un week-end de réflexion, le Premier ministre va annoncer en Conseil des ministres le recours au 49.3 pour faire passer le budget 2026. Après avoir concédé de nombreux gestes en direction des socialistes, Sébastien Lecornu a obtenu de leur part un accord de non-censure. Le chef du gouvernement revient donc sur son engagement de ne pas avoir recours à cet article, mais évite la voie plus brutale des ordonnances.
Dans la dernière ligne droite du marathon budgétaire 2026, le gouvernement ne souhaite pas prolonger plus que nécessaire la navette parlementaire en cas de recours à l’article 49.3. Pour que les sénateurs ne reviennent pas sur la copie qui serait validée par l’Assemblée, le gouvernement a limité l’effort demandé aux collectivités « un marqueur du Sénat ».
À quelques semaines des élections municipales 2026, les rangs macronistes avancent en ordre dispersé à Paris. Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, soutient Rachida Dati. « C’est elle qui peut gagner », estime la responsable sur Public Sénat ce lundi. Une position contraire à celle de son parti, Renaissance, qui s’est allié au candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel.