Réforme des retraites : Emmanuel Macron fait un pas vers la droite en évoquant le report de l’âge légal de départ
Le chef de l’Etat était invité sur TF1 et LCI mercredi soir pour faire le bilan de son quinquennat. Il a notamment évoqué la réforme des retraites avortée et a confirmé son souhait de la poursuivre dans un éventuel second quinquennat, mais sous une forme un peu différente de la réforme de l’hiver 2019.

Réforme des retraites : Emmanuel Macron fait un pas vers la droite en évoquant le report de l’âge légal de départ

Le chef de l’Etat était invité sur TF1 et LCI mercredi soir pour faire le bilan de son quinquennat. Il a notamment évoqué la réforme des retraites avortée et a confirmé son souhait de la poursuivre dans un éventuel second quinquennat, mais sous une forme un peu différente de la réforme de l’hiver 2019.
Louis Mollier-Sabet

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« Tout le monde dit qu’il faut faire des choses, nous on le fait » disait René-Paul Savary en faisant voter le report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans par la majorité sénatoriale. C’était en novembre dernier, lors de l’examen du dernier projet de loi de financement de la sécurité sociale. Or, ce mercredi soir, le Président de la République a continué à « dire qu’il faut faire des choses », mais au moins il s’est montré un peu plus précis que le doute qu’il avait laissé planer jusqu’alors, même si le suspense n’était pas très grand. Emmanuel Macron a en effet définitivement enterré la réforme des retraites lors de son interview sur TF1. Enfin, pendant ce quinquennat, parce que dans l’absolu, le chef de l’Etat estime que « nous avons besoin de conduire cette réforme » et affirme d’ailleurs que sans l’épidémie, la réforme des retraites, « qui avait été votée en première lecture, serait allée à son terme. » D’après lui, ce n’était pas le moment : « J’aurais dû en pleine pandémie, relancer la réforme des retraites ? J’ai vu tous les représentants des salariés, comme des dirigeants d’entreprises ou les indépendants. Ils m’ont tous dit : ‘surtout pas, on est fatigués. Ce n’est pas une urgence, ça ne changera pas les 6 prochains mois’.

« Il est maintenant clair qu’il faudra travailler plus longtemps »

Le chef de l’Etat confirme ainsi que l’avenir de la réforme des retraites est suspendu à la présidentielle à venir et à ce « moment où le pays va avoir un débat démocratique à mener. » Et dans ce débat démocratique, Emmanuel Macron ne semble pas vouloir mettre exactement la même proposition qu’à l’hiver 2019 sur la table : « Je ne pense pas qu’il faille faire la même réforme que celle qui a été envisagée. » Le candidat Macron de 2017 avait notamment promis pendant la campagne de réformer le régime des retraites sans toucher à l’âge légal de départ, mais d’après le probable futur candidat pour 2022, « il est maintenant clair qu’il faudra travailler plus longtemps. » En effet, d’après lui, « la situation a changé » et le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), notamment, ne formule pas les mêmes recommandations en 2021 qu’en 2017 : le régime serait plus en déficit aujourd’hui, ce qui justifierait la fameuse « mesure d’âge » qui avait fait couler tant d’encre il y a deux ans.

Le chef de l’Etat précise bien que « se préparer à travailler plus longtemps, cela ne veut pas dire la même chose pour tout le monde » et annonce vouloir « adapter ce temps de vie au travail aux difficultés de certaines tâches et le réadapter à ce qu’est le travail des séniors. » De même, le troisième et dernier axe qu’Emmanuel Macron a développé autour de ce retour de la réforme des retraites, c’est la fameuse question de l’unification des 42 régimes. Idée trop « anxiogène » que le Président de la République semble avoir abandonnée, préférant fusionner les régimes de retraites existants en 3 « grands régimes » pour la fonction publique, les salariés et les indépendants. La grande inconnue reste donc l’âge de départ légal à la retraite précis envisagé par Emmanuel Macron. Nul doute que celui-ci y reviendra pendant la campagne.

>> Lire aussi : Emmanuel Macron sur TF1 : « Nous ne sommes pas dans un registre journalistique, mais publicitaire », analyse Philippe Moreau Chevrolet

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