Réforme des retraites : « Il faut financer notre système, et le faire en travaillant », pour Laurent Pietraszewski
Invité de la matinale de Public Sénat, Laurent Pietraszewski n’a pas donné de réponse définitive sur l’avenir de la réforme des retraites. Elle devra attendre une situation sanitaire, économique et sociale plus « sereine », ce qui n’exclut pas une réforme au moins partielle avant la fin du quinquennat. Surtout, la réforme paramétrique semble toujours d’actualité.

Réforme des retraites : « Il faut financer notre système, et le faire en travaillant », pour Laurent Pietraszewski

Invité de la matinale de Public Sénat, Laurent Pietraszewski n’a pas donné de réponse définitive sur l’avenir de la réforme des retraites. Elle devra attendre une situation sanitaire, économique et sociale plus « sereine », ce qui n’exclut pas une réforme au moins partielle avant la fin du quinquennat. Surtout, la réforme paramétrique semble toujours d’actualité.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Pour Laurent Pietraszewski, « le Président de la République a été clair. » Pourtant, personne ne semble vraiment comprendre ce qu’il adviendra de la réforme des retraites, « arrêtée par la crise sanitaire. » Et pour cause, les déclarations récentes des membres du gouvernement ont de quoi semer le doute. Gabriel Attal explique par exemple à la Fête de l’Humanité que certaines parties de la réforme devraient être mises en place avant la fin du quinquennat.

Là encore, pour le secrétaire d’Etat chargé des retraites, pas d’ambiguïtés : « Le Président nous a donné une feuille de route le 12 juillet, porter une attention particulière aux petites retraites. » De quoi faire figurer cette mesure dans le budget de la Sécurité sociale examiné dans un mois par le Parlement, comme l’a évoqué Christophe Castaner aux journées parlementaires de La République en Marche ? « Aujourd’hui ce n’est pas prévu comme cela », tempère tout de suite Laurent Pietraszewski.

Une réforme dans l’attente d’une « situation sereine au niveau sanitaire, économique et social »

En fait, le gouvernement semble ne vouloir donner aucune indication précise sur une éventuelle date ou sur le contenu d’une réforme des retraites « bis » avant la fin du quinquennat, sans pour autant l’exclure. Le secrétaire d’Etat chargé des retraites le justifie par l’incertitude liée à la situation sanitaire : « Cette réforme viendra quand nous serons dans une situation sereine au niveau sanitaire, économique et social. »

Or « il ne vous a pas échappé que la situation sanitaire est particulièrement évolutive. Je suis en difficulté pour vous répondre sur ce que sera la situation sanitaire dans 3 semaines », poursuit Laurent Pietraszewski.

« Il faut faire cette réforme des retraites »

Impossible de donner une échéance donc. Mais sur le fond, le secrétaire d’Etat chargé des retraites n’en démord pas, sa « conviction » est « qu’il faut faire cette réforme des retraites ». « La question c’est quand ? » se demande – comme nous tous – Laurent Pietraszewski. L’autre question c’est surtout laquelle ? On se souvient des atermoiements et des tensions au sein de l’exécutif entre partisans d’une réforme simplement systémique et une réforme paramétrique qui allongerait la durée de cotisation ou reculerait l’âge de départ à taux plein.

Là-dessus, Laurent Pietraszewski est un peu plus clair. Déjà la suppression des régimes spéciaux, véritable ADN de cette réforme des retraites est toujours au programme : « Je crois à l’universalité. » Surtout, le financement du système des retraites, et donc nécessairement la réforme paramétrique, semble rester à l’agenda de l’exécutif : « Si nous voulons avoir une protection sociale de qualité comme aujourd’hui, il faut financer tout cela et le faire, je le crois et je vous le dis, en travaillant », lâche le secrétaire d’Etat chargé des retraites.

En tout état de cause, « nous ne reprendrons pas la réforme là où elle s’est arrêtée », précise Laurent Pietraszewski, qui entend « reprendre les concertations. » Un débat qui devrait se régler dans la campagne présidentielle alors ? Là encore, rien n’est moins sûr : « Ce sujet va nous occuper dans les semaines qui viennent, même avant la campagne. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Réforme des retraites : « Il faut financer notre système, et le faire en travaillant », pour Laurent Pietraszewski
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Réforme des retraites : « Il faut financer notre système, et le faire en travaillant », pour Laurent Pietraszewski
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le