Réforme des retraites : « Il y a un long chemin à faire », selon Aurélien Pradié
Le député LR du Lot pose ses conditions ce 9 janvier pour son soutien à la réforme des retraites. Le parlementaire refuse que le texte ne pénalise les salariés ayant commencé à travailler tôt.

Réforme des retraites : « Il y a un long chemin à faire », selon Aurélien Pradié

Le député LR du Lot pose ses conditions ce 9 janvier pour son soutien à la réforme des retraites. Le parlementaire refuse que le texte ne pénalise les salariés ayant commencé à travailler tôt.
Guillaume Jacquot

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Le troisième homme de l’élection à la présidence des Républicains veut continuer à faire entendre sa singularité dans le parti. À la veille de la présentation du projet de loi par la Première ministre, le député LR du Lot a fixé un certain nombre de conditions « absolument majeures » pour pouvoir voter le texte. « Pour moi, ce qui doit primer, c’est la durée de cotisation. À partir de là, tout est ouvert », a déclaré ce 9 janvier 2023 le parlementaire, dans Audition publique, l’émission hebdomadaire de Public Sénat, LCP-AN, en partenariat avec Le Figaro Live.

Craignant une réforme « absolument bancale » avec une modification de l’âge légal de départ, Aurélien Pradié souhaite en premier lieu que « la durée de cotisation l’emporte sur l’âge légal pour tous ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans ». Ces travailleurs pourraient partir à 63 ans dans les conditions actuelles. « Je refuse que cette réforme des retraites tape sur les travailleurs », a-t-il résumé. « Le pire serait d’imposer une réforme injuste, de pénaliser ceux qui travaillent le plus dur, je le refuse. »

Autre préalable édicté par l’élu lotois : prendre en compte la spécificité des carrières des femmes, en s’assurant que le congé parental « soit totalement pris en compte dans les cotisations retraites ». « Je ne lâcherai pas sur ce sujet », s’est engagé le député, prêt à déposer un amendement en ce sens.

« Nous allons arriver nous-même à un point de rassemblement »

Il a promis également d’être intraitable sur la question de la revalorisation des petites retraites, de sorte à assurer un minimum de 1 200 euros aux personnes ayant réalisé une carrière complète. « C’est pour moi une condition sine qua non. » Autant d’éléments qui ne sont pas remplis à ce jour, selon Aurélien Pradié, qui constate « qu’il y a un long chemin à faire ».

Pressenti parmi les personnalités qui pourraient accéder au poste de vice-président délégué du parti, dans le futur organigramme, Aurélien Pradié tranche, de par ses lignes rouges, avec le discours du chef. Samedi, dans les colonnes du Journal du Dimanche, le nouveau président de LR, Éric Ciotti, affiche moins d’obstacles, estimant que « la situation économique impose cette réforme des retraites ». « Je souhaite pouvoir voter une réforme juste qui sauve notre système de retraite par répartition », a fait savoir le nouveau dirigeant de la droite.

À lire aussi » Vers un accord entre le gouvernement et la droite sur les retraites : « Les LR ont été bichonnés »

Ce lundi, Aurélien Pradié affirme ne pas être éloigné de son président. « Nous avons tous les deux une vision qui peut parfaitement se rejoindre. » Et à l’échelle du groupe parlementaire, le député croit que ses idées peuvent convaincre. « Au sein de notre groupe politique, nous avons les uns et les autres cheminé […] Nous allons arriver nous-même à un point de rassemblement. » Jusqu’ici, des ténors du groupe ont parfois affiché des différences sensibles sur leurs positions. Pas l’idéal pour parler d’une seule voix au gouvernement. « Demain, nous pourrons engager le bras de fer avec le gouvernement », a assuré Aurélien Pradié. Et de prévenir que les parlementaires LR ne seront « pas dociles ».

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