Réforme des retraites : l’âge légal de départ divise toujours les Républicains
Le président des LR, Eric Ciotti, s’est entretenu avec la Première ministre ce mercredi matin et a abordé, une fois de plus, l’épineux sujet de la réforme des retraites. Alors que les avis divergent dans le parti, le chef de file tente de trouver une position de compromis. Pour le moment, la solution trouvée ne correspond pas à ce que souhaitent les sénateurs républicains.

Réforme des retraites : l’âge légal de départ divise toujours les Républicains

Le président des LR, Eric Ciotti, s’est entretenu avec la Première ministre ce mercredi matin et a abordé, une fois de plus, l’épineux sujet de la réforme des retraites. Alors que les avis divergent dans le parti, le chef de file tente de trouver une position de compromis. Pour le moment, la solution trouvée ne correspond pas à ce que souhaitent les sénateurs républicains.
Public Sénat

Par Clara Robert-Motta

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Depuis deux semaines, les réunions chez les membres des Républicains s’enchaînent et un sujet accapare l’espace : la réforme des retraites. Problème : entre la position défendue par les sénateurs républicains et une partie des députés, c’est le grand écart. Et cela, sans compter les multiples nuances exprimées par les parlementaires de la Chambre basse.

» Lire aussi : Retraites : malgré « 36 positions » différentes chez les LR, députés et sénateurs espèrent « converger »

Ce mercredi 21 décembre, Eric Ciotti a été reçu à Matignon pour une « visite de courtoisie » en tant que président fraîchement élu des Républicains. Si aucun objet n’était officiellement à l’ordre du jour, la question de la réforme des retraites a forcément été mise sur la table. Avant cette date butoir, le chef de file des LR a dû mettre de l’ordre dans ses rangs pour présenter une position de compromis à Elisabeth Borne.

Après trois réunions la semaine dernière, une autre en visioconférence a été convoquée entre les députés du parti pour avancer sur la question. Alors qu’une partie des Républicains s’accordent pour un recul de l’âge légal, le député du Lot, Aurélien Pradié, milite pour un maintien de l’âge légal à 62 ans. Ce dernier aurait, d’après Politico, validé le principe d’un report de l’âge « à condition que celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt puissent partir à la retraite sans atteindre l’âge légal ».

Question de style ou de génération, les positions des députés comme Aurélien Pradié font fulminer les sénateurs. « Il faut avoir le courage de prendre une mesure impopulaire mais essentielle », redit la sénatrice Christine Lavarde. Pour Catherine Dumas, sénatrice de Paris, ce discours aux antipodes de celui avancé par le parti ces dernières années s’explique par la campagne interne pour la présidence LR qui aurait exacerbé les propos.

Un compromis à 63 ans en 2027 et 64 ans en 2032

Selon le JDD, Eric Ciotti se serait arrêté sur une position de compromis à évoquer avec Elisabeth Borne : un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans à la fin du quinquennat en 2027, et à 64 ans en 2032. Ce recul en deux temps correspond à la position défendue par Olivier Marleix, président du groupe LR à l’Assemblée.

Plusieurs figures de la droite ont d’ores et déjà fermé la porte à un compromis. Au micro de Public Sénat, Jean-François Copé, qui soutient Macron sur ce dossier, a jugé « totalement irresponsable » un non-report de l’âge légal de la retraite.  « Ne pas voter une réforme sur l’âge de la retraite à 65 ans, alors que nous défendons cette idée depuis toujours, nous discréditerait à jamais. » Le recul à 65 ans faisait partie du programme de Valérie Pécresse lors de la campagne présidentielle de 2022.

Le chef de file des LR au Sénat, Bruno Retailleau, s’est fendu d’une tribune dans Le Figaro, lundi 19 décembre, pour redire son attachement à la position des sénateurs de son parti : ce sera au moins 64 ans, ou ça ne sera pas. Il engage les parlementaires républicains à soutenir une réforme des retraites qui correspondrait à ces modalités et appelle Ciotti à faire de cet « esprit de responsabilité » la « pierre angulaire » de la refondation du parti.

Catherine Dumas, sénatrice de Paris, se retrouve dans les mots de son président de groupe. « Il faut être logique. Nous avons étudié le mécanisme et développé une proposition depuis longtemps. Nous avons toujours défendu cette position, il n’y a pas de raisons que ça change. » Depuis plusieurs années, le Sénat à majorité républicaine adopte un amendement dans le PLFSS pour reculer progressivement l’âge de départ à la retraite à 64 ans.

La sénatrice des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde, elle aussi abonde dans le sens de Bruno Retailleau et va même plus loin. Pour elle, ce compromis serait un renoncement. « Commencer à dire qu’il faut attendre 2032 pour passer à 64 ans, ce n’est pas possible. Il faut prendre le tournant maintenant, car ce qui est proposé n’est pas à la hauteur des enjeux. »

Des démissions à venir ?

Lors de l’élection d’Eric Ciotti, Christine Lavarde a suspendu sa cotisation des Républicains par désaccord profond. « Ce qu’il se passe sur les discussions sur la réforme des retraites me donne raison », analyse-t-elle. Si les positions prises par le parti, notamment sur ce dossier, en début d’année prochaine restent « populaires et démagogiques », elle n’écarte pas la possibilité de quitter Les Républicains.

Avant l’annonce par le gouvernement des modalités de la réforme des retraites le 10 janvier, les différents groupes parlementaires devraient se retrouver en début d’année pour s’accorder sur une position commune. Reste à savoir si le schisme LR entre le Sénat et l’Assemblée pourra se refermer, au moins pour un temps.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le