Le dernier cycle de discussions entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux s’ouvre ce 1er décembre, autour de l’équilibre financier des régimes de retraite. Chez les syndicats, la question du relèvement de l’âge légal demeure une ligne rouge.
Réforme des retraites : la concertation avec les syndicats entre dans sa phase la plus sensible
Le dernier cycle de discussions entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux s’ouvre ce 1er décembre, autour de l’équilibre financier des régimes de retraite. Chez les syndicats, la question du relèvement de l’âge légal demeure une ligne rouge.
Dernier cycle de concertation au ministère du Travail, avant que l’exécutif ne présente ses orientations concernant la future réforme des retraites, mi-décembre. Le ministre du Travail Olivier Dussopt et les partenaires sociaux entament ce jeudi 1er décembre le dernier cycle de discussions, cette fois consacré au financement et à l’équilibre du régime des retraites. Après deux premiers blocs d’échanges consacrés au minimum vieillesse, l’amélioration de l’emploi des seniors ou encore la prise en charge de la pénibilité, les concertations entrent désormais dans le vif du sujet. Avec l’hypothèse d’un report de l’ouverture des droits à la retraite à 64 ou 65 ans, contre 62 ans actuellement.
Au sein des organisations syndicales, cette option fait l’objet d’une fin de non-recevoir. Tous les syndicats représentatifs se sont dits « fermement opposés à tout recul de l’âge de départ en retraite à une augmentation de la durée de cotisation ». Cette semaine, la CFDT a répété son opposition à une « mesure injuste et inefficace ». Le syndicat de Laurent Berger alerte sur le sort des travailleurs ayant commencé à travailler tôt et sur les salariés des secteurs les plus pénibles. L’organisation appelle à agir « prioritairement » sur le travail et l’emploi, plutôt que sur l’âge de départ.
À la CGT, Philippe Martinez met en garde contre un conflit social potentiellement explosif dans le pays. « Je comprends qu’aucun syndicat n’est pour l’allongement de l’âge de départ ou de la durée de cotisation. Ce sont également 70 % des Français qui y sont opposés ; cela présume de puissantes mobilisations si le gouvernement persiste », a-t-il déclaré le 28 novembre à l’Humanité.
De son côté, Force Ouvrière (FO) « appelle les personnels à se réunir partout pour préparer la riposte qui ne manquera pas d’arriver si le gouvernement persiste dans ses projets ». « Il n’y a pas de bien-fondé de cette réforme voulue par l’exécutif », déclare la CFE-CGC. La centrale estime que « diminuer les droits à la retraite des salariés est le but non avoué du projet gouvernemental ».
Quant à la CFTC, l’opposition est tout aussi tranchée. « Retraite à 65 ans ? c’est non ! Prendre cette décision alors que la concertation n’est pas finie ? c’est non ! Un nouvel usage du 49.3 pour un tel sujet ? c’est toujours non ! » s’est indigné le 29 novembre Cyril Chabanier, le président du syndicat.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.