Réforme des retraites : « Le Sénat, c’est le sérieux, ce n’est pas la guignolisation », avertit Bruno Retailleau
Lors des questions d’actualité au gouvernement, Bruno Retailleau est revenu sur l’examen de la réforme des retraites qui débute ce jeudi au Sénat. Le président du groupe LR au Sénat prévient la gauche que la majorité sénatoriale utilisera tous les outils à sa disposition pour accélérer l’examen du texte, et fixe ses « lignes rouges » au gouvernement.

Réforme des retraites : « Le Sénat, c’est le sérieux, ce n’est pas la guignolisation », avertit Bruno Retailleau

Lors des questions d’actualité au gouvernement, Bruno Retailleau est revenu sur l’examen de la réforme des retraites qui débute ce jeudi au Sénat. Le président du groupe LR au Sénat prévient la gauche que la majorité sénatoriale utilisera tous les outils à sa disposition pour accélérer l’examen du texte, et fixe ses « lignes rouges » au gouvernement.
Louis Mollier-Sabet

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À la veille du début de l’examen de la réforme des retraites au Sénat, Bruno Retailleau « souhaite que le Sénat donne une autre image que celle qu’a donnée l’Assemblée nationale. » Le président du groupe LR au Sénat estime qu’à la Chambre haute, « c’est le sérieux, ce n’est pas la guignolisation », ce qui veut dire pour lui « qu’il faut voter. » Le « job » des sénateurs pour Bruno Retailleau, ce n’est pas de discuter à l’infini, mais de discuter pour éclairer une délibération, c’est-à-dire un vote. » Se concentrer sur l’article 7 sans finir l’examen du projet de loi dans son entièreté, comme semble l’envisager la gauche sénatoriale, serait pour lui « de l’obstruction et du blocage. »

« Le blocage est une entorse à la démocratie »

Pour éviter cela, Bruno Retailleau assume le recours à tout l’arsenal que confère le règlement du Sénat à la majorité sénatoriale, comme l’article 38, qui limite à deux orateurs « d’avis contraire » les prises de parole « sur l’ensemble d’un article ou dans les explications de vote » portant sur un amendement.

« Est-ce qu’en face, mes collègues de gauche prennent l’engagement de ne pas recourir au blocage ? Bien sûr [que nous aurons recours à ces armes], ce sont des instruments démocratiques et je considère que le blocage est une entorse à la démocratie », lâche le président du groupe LR au Sénat.

Surcote pour les mères de famille : « Le gouvernement n’a pas le choix, sans ça, nous ne voterons pas la réforme »

Sur le fond, Bruno Retailleau détaille la position de la droite sénatoriale, qui veut « un équilibre en 2030 », mais demande des dernières concessions « sur la situation des mères de famille, parce que la réforme se fait sur leur dos. » Le président du groupe LR en fait une des « lignes rouges » de la droite. « J’ai bien senti que le gouvernement est très ouvert, mais de toute façon il n’y a pas de choix. Sans ce point-là nous ne voterons pas de réforme, ni maintenant, ni en CMP, ni après », prévient-il.

Sur les régimes spéciaux, Bruno Retailleau dément toute dissension avec ses alliés centristes : « Cela fait partie des marqueurs de notre groupe. Chaque année, nous votons dans cet amendement une convergence sur 10 ans des régimes spéciaux, que personne ne soit surpris. Je ne vois pas pourquoi une seule catégorie de Français s’affranchirait des efforts qui sont nécessaires. »

Bruno Retailleau conseille à Aurélien Pradié de « relire la Constitution de la Vème République »

Sur les carrières longues, Bruno Retailleau avoue avoir du mal à suivre la position du gouvernement et réitère en tout état de cause que les Républicains du Sénat seraient « solidaires » des LR de l’Assemblée « pour la création d’une quatrième borne d’âge pour les carrières longues à 21 ans », mais pas de la « surenchère » menée par Aurélien Pradié, sans le nommer.

Interrogé sur le cas du député LR du Lot, qui a déclaré sur France Inter que les sénateurs « n’étaient pas les représentants du peuple », Bruno Retailleau a refusé de « commenter les commentaires », mais conseille tout de même à Aurélien Pradié de « relire la Constitution de la Vème République. » Et d’ajouter : « Victor Hugo disait que la France gouvernée par une assemblée unique, c’était l’océan gouverné par l’ouragan. »

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