Réforme des retraites : « Les Français ont besoin d’avoir des explications », affirme la sénatrice Elisabeth Doineau
Invitée de Bonjour chez vous, la sénatrice centriste de la Mayenne Elisabeth Doineau est revenue sur la mobilisation de ce mardi et sur l’examen de la réforme, qui continue au Sénat avec l’examen de l’article 7 en fin d’après-midi.

Réforme des retraites : « Les Français ont besoin d’avoir des explications », affirme la sénatrice Elisabeth Doineau

Invitée de Bonjour chez vous, la sénatrice centriste de la Mayenne Elisabeth Doineau est revenue sur la mobilisation de ce mardi et sur l’examen de la réforme, qui continue au Sénat avec l’examen de l’article 7 en fin d’après-midi.
Caroline Deschamps

Par Louis Heinrich

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La barre du million sera-t-elle à nouveau franchie ce mardi 7 mars ? Alors que les cortèges de manifestants contre la réforme des retraites s’apprêtent à s’élancer pour une journée de « mise à l’arrêt de la France », à l’appel les syndicats, la sénatrice Elisabeth Doineau s’interroge : « Est-ce que c’est un concours de faire toujours plus dans la mobilisation ? ». Pour elle, la grogne sociale témoigne surtout du fait que « les Français sont déstabilisés dans un contexte particulier sur le plan international et national ».

La sénatrice centriste de la Mayenne considère que « ce qui manque à ce pays, c’est de vouloir faire nation, alors que ce projet est intergénérationnel ». Tout en reconnaissant que les syndicats sont dans leur rôle en se mobilisant contre la réforme, Elisabeth Doineau pointe « un petit défaut » : « Dans d’autres pays, ils sont à la manœuvre au quotidien pour discuter pénibilité et bien-être au travail dans l’entreprise. Pas suffisamment chez nous : ils devraient être beaucoup plus puissants qu’ils le sont. » En étant plus actifs dans les branches et dans les entreprises au quotidien, les syndicats pourraient, selon la sénatrice, jouer un rôle pour « se rassembler pour voir comment porter un projet national. »

 

« Il y a eu des maladresses »

Si tous les syndicats ne sont pas vent debout contre l’idée d’une réforme, ils rejettent à l’unanimité le projet du report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Ce point sera examiné au Sénat via l’article 7 en fin d’après-midi. Quelque 1300 amendements concernent cette partie du texte, ce qui devrait occuper les sénateurs « une partie de la nuit ». « Mais ça le mérite ! », insiste la rapporteure Elisabeth Doineau, pour qui « les Français ont besoin d’avoir des explications ». Et de pointer la stratégie de communication du gouvernement : « Il y a eu des maladresses à beaucoup de moments : ça n’a fait qu’empirer l’incompréhension des Français vis-à-vis de cette réforme. »

1300 amendements pour le seul article 7, est-ce de l’obstruction ? « L’opposition était dans son droit d’amendement, comme tout parlementaire », répond la rapporteure générale de la Commission des Affaires sociales, qui reconnaît même qu’ils ont aussi « apporté des éléments importants ».

 

« Imaginer du mentorat entre juniors et seniors »

Pour la gauche sénatoriale, le grand gagnant de la réforme des retraites serait le patronat, arguant qu’aucun effort n’est demandé aux entreprises dans cette réforme. Avec le CDI senior, visant à favoriser l’emploi des travailleurs les plus âgés, les entreprises bénéficieraient même d’une baisse de charges. Elisabeth Doineau, interrogée sur le sujet, appelle à cesser « ce combat entre salariés et patrons : c’est d’un autre âge ». Pour la sénatrice, les seniors ont une expertise et il est « malheureux qu’on ne garde pas ces compétences pour les transmettre aux jeunes ». « Pourquoi ne pas imaginer du tutorat et du mentorat entre juniors et seniors ? », propose-t-elle. Avant de regretter que la gauche n’ait pas appuyé la proposition du CDI senior, qui compléterait « une boîte à outils pour maintenir les seniors en activité ».

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