Réforme des retraites : « Nous voudrions l’abrogation, mais il faut faire un compromis », affirme Nicolas Mayer-Rossignol (PS)
Invité de la matinale de Public Sénat, Nicolas Mayer-Rossignol revient sur la formation du gouvernement et la possibilité de nouer des compromis avec François Bayrou. Le maire de Rouen se dit prêt à faire des concessions sur la réforme des retraites, mais aurait du mal à accepter la nomination de Bruno Retailleau à l’intérieur.
« Il faudrait déjà que Monsieur Bayrou dise ce qu’il compte faire. » Si les intentions et les orientations politiques de François Bayrou restent incertaines, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et premier secrétaire délégué du PS, espère pouvoir travailler avec le nouveau Premier ministre et nouer un accord de non-censure. C’est pour l’instant la position du Parti socialiste qui dit être prêt à ne pas censurer François Bayrou si ce dernier renonce à utiliser l’article 49 alinéa 3. Une attitude constructive défendue par le maire de Rouen qui dit ne pas avoir de « lignes rouges ».
Le PS défend une « opposition constructive »
« Le parti socialiste a été le seul à faire des propositions constructives, nous sommes dans une position d’opposition constructive », défend Nicolas Mayer-Rossignol estimant que le Parti socialiste assume de ne pas être dans une « opposition obstructive ». Par conséquent, le PS se rendra à Matignon ce 19 décembre à 14 heures pour rencontrer le Premier ministre avec les autres partis à l’exception du RN et de LFI. « Nous irons, pour dire que nous sommes républicains, constructifs », continue le maire de Rouen.
Néanmoins, la démarche du PS implique de faire quelques compromis, avant même d’en obtenir de la part de Matignon. En effet, les socialistes ont déjà annoncé être prêts à évoluer sur certains points du programme du NFP, notamment l’abrogation de la réforme des retraites. « Nous voudrions l’abrogation, mais il faut faire un compromis », assure Nicolas Mayer-Rossignol. Sans préciser les attentes du PS, le premier secrétaire délégué plaide pour la « suspension » de la réforme avant l’organisation d’une conférence sociale destinée à préparer une nouvelle réforme. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, il faut « que le premier ministre fasse un geste ».
« Ce ne sont pas des lignes rouges, ce n’est pas pour faire de la posture »
Néanmoins, la composition du gouvernement et l’élargissement du « bloc central » se révèlent difficiles car chaque camp pose des conditions. Alors que LR ne souhaite pas s’associer à la gauche, la présence de Bruno Retailleau au gouvernement irrite la gauche. « Ce ne sont pas des lignes rouges, ce n’est pas pour faire de la posture », prévient Nicolas Mayer-Rossignol qui souligne cependant avoir « entendu les responsables de l’extrême droite louer les vertus de Bruno Retailleau ». Le maire de Rouen considère que la présence de Bruno Retailleau à l’intérieur précéderait la présentation d’une nouvelle loi immigration. « Les mesures législatives sur l’immigration j’en ai un tout petit peu assez », prévient Nicolas Mayer-Rossignol.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez était auditionné par la commission des lois du Sénat pour présenter les contours du projet de loi sur les polices municipales et gardes champêtres, largement inspiré des recommandations d’une mission d’information sur le sujet. Le texte, examiné en séance publique début février, donne des compétences élargies aux policiers municipaux qui pourront dresser des amendes forfaitaires délictuelles, pour certaines infractions comme l’usage de stupéfiants.
Alors que Sébastien Lecornu a finalement recours au 49.3 sur le budget, il devrait sauver sa tête grâce à la non-censure des socialistes, qui revendiquent une série de « victoires pour les Français », comme dit Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, même si les socialistes n’ont « pas tout obtenu, loin de là ». Reste à voir si le numéro 1 du PS, Olivier Faure, peut sortir également renforcé de la séquence.
Une délégation de sénateurs LR accompagnait ce mardi le cortège d’agriculteurs venus protester devant le Parlement européen à Strasbourg contre l’accord avec les pays du Mercosur, la veille d’un vote des eurodéputés d’une résolution ayant pour but de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne.
Sébastien Lecornu a annoncé hier le recours au 49-3 pour faire passer le budget à l’Assemblée nationale. Au Sénat, les élus pourraient accepter ne pas faire durer les débats, à condition que le gouvernement reprenne la copie sur les collectivités territoriales sortie de la Chambre haute en décembre.