Réforme des retraites : « On donne la main à 100 % aux partenaires sociaux », assure Aurore Bergé 

Invitée de la matinale de Public Sénat, la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, est revenue sur l’ouverture de négociations sur la réforme des retraites. Alors que le parti socialiste menace toujours de voter la censure, le Premier ministre pourrait livrer des précisions durant sa déclaration de politique générale au Sénat.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors qu’un accord de non-censure semblait encore possible avec le parti socialiste hier, la proposition de François Bayrou sur la réforme des retraites n’a pas permis de trouver un compromis. Hier, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a proposé de réunir les partenaires sociaux pendant trois mois et de les laisser proposer une nouvelle mouture de la réforme des retraites. Seul préalable, assurer l’équilibre financier du système de retraites. « La moitié de la dette c’est notre système de retraites. C’est juste inacceptable qu’en permanence on fasse peser ce poids-là », rappelle la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.  

« Une véritable concession »  

Pour l’ancienne présidente du groupe macroniste à l’Assemblée, il s’agit d’une évolution majeure. « Chacun mesure ce que ça suppose pour nous de dire ‘tout est sur la table’, ça s’appelle une véritable concession », défend Aurore Bergé qui avait défendu la réforme des retraites et le report de l’âge légal de départ à 64 ans en 2023. La ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes souligne une évolution importante de la part du bloc central.  « On donne la main à 100 % aux partenaires sociaux. Vous avez le droit de reprendre la réforme à la racine. On a la nécessité de trouver des compromis sinon il n’y aura pas de budget et s’il n’y a pas de budget, on arrive dans un no man’s land dont personne ne mesure les conséquences. Il faut que chacun accepte de faire un pas, les compromis ça coûte », continue Aurore Bergé. 

Une proposition insuffisante pour le Parti socialiste  

Même si les macronistes se disent prêts à « tout remettre sur la table », le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, a ressorti la menace de la censure. Les socialistes exigent que le Parlement soit saisi, même si les négociations entre les partenaires sociaux échouent.  « Pourquoi ils parient sur le fait qu’il n’y aura pas d’accord ? » s’interroge Aurore Bergé qui n’envisage pas de renvoyer la balle au Parlement en cas d’échec des négociations. Une ligne rouge pour le PS qui attend encore des réponses claires sur le sujet. François Bayrou devrait donner des précisions aujourd’hui à partir de 15 heures à l’occasion de la déclaration de politique générale au Sénat. 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le