Réforme des retraites : une opinion publique toujours plus hostile, selon les sondages
Les récentes enquêtes d’opinion montrent un haut niveau de soutien des Français au mouvement de grève, et un rejet toujours fort à la réforme du gouvernement. Plus inquiétant encore pour l’exécutif, chez des alliés naturels du texte, comme les électeurs de LR, le soutien s’érode.

Réforme des retraites : une opinion publique toujours plus hostile, selon les sondages

Les récentes enquêtes d’opinion montrent un haut niveau de soutien des Français au mouvement de grève, et un rejet toujours fort à la réforme du gouvernement. Plus inquiétant encore pour l’exécutif, chez des alliés naturels du texte, comme les électeurs de LR, le soutien s’érode.
Guillaume Jacquot

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Le gouvernement entre dans le dur, avec le début des contestations à sa réforme des retraites dans la rue ce 19 janvier. Ce mouvement bénéficie pour le moment d’une certaine sympathie dans l’opinion. Selon l’institut Elabe, dans un sondage publié le 11 janvier pour BFMTV, 60 % des personnes interrogées affirment soutenir la mobilisation en cours, soit une approbation « dans la moyenne haute » des mobilisations sociales de ces dernières années, analyse Elabe.

Dans l’étude Odoxa du 12 janvier (réalisée pour le Figaro), 65 % des personnes interrogées estiment que le mouvement de grève est « justifié », un niveau équivalent à ce qui était observé en décembre 2019 (68 %), à l’occasion du précédent mouvement contre une réforme des retraites.

Hausse du nombre de Français qui disent vouloir se mobiliser entre décembre et janvier

46 % des Français, une proportion en hausse de 6 points en un mois, se disent prêts à se mobiliser dans les semaines à venir contre cette réforme (Elabe, 11 janvier). Le 17 janvier, Harris Interactive (étude pour RTL et l’agence AEF) relevait que seulement 39 % des Français déclarent être favorables à cette réforme, soit 5 points de moins qu’en décembre dernier.

L’étude Harris Interactive relève même que la réforme est considérée comme « injuste » par 72 % des personnes interrogées. « Ce sentiment d’injustice, carburant des manifestations, est plus important encore que ce qu’il était en 2019 », note l’institut. En 2019, 55 % des sondés considéraient la réforme des retraites (abandonnée en mars 2020), comme injuste.

Dans les différentes enquêtes publiées ces derniers jours, le rejet de la réforme reste massif, et oscille entre 60 et 70 % selon les instituts. Un clivage toujours important se maintient entre les actifs (26 % d’adhésion à la réforme) et les retraités (48 % d’adhésion), selon l’Ifop.

Un soutien variable chez les sympathisants LR, voire qui s’érode

Le soutien à la réforme n’est pas uniforme chez les sympathisants LR. Mi-décembre (étude Odoxa pour les chaînes parlementaires et la PQR), les deux tiers d’entre eux pensaient qu’il s’agissait d’une bonne réforme, sur la base d’un recul à 65 ans de l’âge légal de départ. À cette époque, les contours exacts de la réforme n’étaient pas encore connus.

Dans certaines enquêtes, le soutien semble s’être érodé depuis, chez cette catégorie d’électeurs. Un sondage Opinion pour Les Échos (publié le 13 janvier) montre d’ailleurs que 40 % des personnes qui se disent proches des Républicains soutiennent le mouvement social contre la réforme des retraites. Le report de l’âge légal à 64 ans est soutenu par 58 % chez les sympathisants LR. Ce caractère hétérogène se manifeste jusqu’au Parlement, puisque certains élus, notamment à l’Assemblée nationale font preuve de vigilance ou d’hésitations. Au groupe LR de l’Assemblée nationale, près d’un quart pourrait ne pas voter la réforme en l’état.

Dans un sondage paru le 13 janvier (Ifop pour le JDD), l’électorat LR se montre très divisé. 51 % seulement des personnes interrogées se disant proches de LR sont favorables à la réforme présentée par le gouvernement. 48 % seulement se disent favorables au recul de l’âge l’égal de départ à la retraite.

Si l’étude Ipsos Sopra-Steria pour Le Point, parue le 18 janvier, montre un fort soutien à la réforme chez les sympathisants LR (73 %), ils sont néanmoins 29 % à penser qu’il faut réformer le système de retraites « selon des modalités différentes de celles proposées par le gouvernement ».

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